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Fondé
en 1977, en Californie, par le Dr. Goodall,
l'Institut Jane Goodall célèbre
ses trois décennies de recherche, d'éducation
et de conservation de la faune.
Le Dr. Jane Goodall voyage en moyenne 300
jours par an afin d'alerter l'opinion publique
des dangers qu'encourt notre planète
et espère que les Hommes trouveront,
avant qu'il ne soit trop tard,
une solution aux problèmes environnementaux
qu'ils ont engendrés, en repensant
leurs habitudes de consommation et leur mode
de vie.
Aujourd'hui, l'Institut Jane Goodall compte
38 antennes actives dans le monde entier essentiellement
animées par le dévouement
de ses bénévoles et
réunit 9000 groupes de jeunes
dans 100 pays autour de son programme
humanitaire et environnemental, appelé
Roots & Shoots (racines
et pousses).
Depuis 1980, l'Institut Jane Goodall gère
des réserves naturelles
et a créé des sanctuaires
en Afrique pour protéger nos plus proches
cousins. Ces sanctuaires accueillent
majoritairement des orphelins dont les mères
ont été victimes de la chasse.
Sans nos sanctuaires, ils seraient condamnés.
L'Institut Jane Goodall tente de développer
de nouvelles infrastructures et parallèlement
de travailler sur la réintroduction
des chimpanzés en milieu naturel. |
© JGI |
Pour préserver la
faune et lutter contre les menaces (trafics, chasse,
déforestation, épidémies)
qui pèsent sur l'avenir des grands singes,
l'Institut développe, depuis sa création,
des programmes innovants : Roots &
Shoots pour l'éducation des plus jeunes,
TACARE pour aider au développement durable
des populations et lutter contre les maladies,
ChimpanZoo pour étudier et améliorer
les conditions de vies des chimpanzés en
captivité.
L'Institut Jane Goodall France ne dispose d'aucun
salarié. La totalité des
membres de l'équipe est bénévole.
L'Institut Jane Goodall France ne bénéficie
d'aucune aide publique. L'Institut Jane
Goodall France ne bénéficie d'aucun
partenariat avec des grandes entreprises.
90% du budget global annuel sont alloués
aux programmes de protection et d'information.
10% sont consacrés au fonctionnement de notre organisation (brochures, enveloppes...)
Pour 2008, l'Institut Jane Goodall France
lance un appel à la mobilisation !
Lors de sa visite au Gabon en
juillet dernier, le Dr. Jane Goodall a pu mesurer
l'ampleur de la situation dramatique pour les
grands singes. Il n'existe aucun programme
national de protection des chimpanzés.
Ils sont aujourd'hui menacés d'extinction.
En 2008, nous souhaitons ouvrir une antenne de
l'Institut Jane Goodall au Gabon et mettre en
place au plus vite un programme de protection.
Nous sollicitons votre soutien.
Ce programme constitue un défi que nous
ne pourrons pas réaliser sans vous.
Il s'agit d'un véritable enjeu primordial
pour la survie des grands singes du Gabon !
Merci à tous ceux et toutes celles
qui soutiennent les actions de l'Institut Jane
Goodall France. Nous avons besoin de
vous pour que ces trente prochaines années
soient porteuses d'espoir et de paix pour notre
planète.
« Chacun de nous compte. Chacun de
nous a un rôle à jouer ».
Jane Goodall.
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Informations
recueillies par David Lefranc, Directeur Exécutif
de l'Institut Jane Goodall France
Nicolas Sarkozy a achevé
son voyage en Afrique par une étape
au Gabon afin de rappeler l'importance de préserver
la forêt africaine, qui est selon lui "un
élément essentiel de l'équilibre
du monde"
Le Président
de la République Gabonaise et le Président
de la République Française, accompagnés
de Jane Goodall, se sont rendus dans
la forêt de la Mondah, un concentré
des précieuses richesses forestières
du Gabon et l'une des dernières forêts
très humide subsistant sur le littoral
ouest africain.
«
Le Gabon a une réserve extraordinairement
importante pour la planète, c'est la forêt,
puisque le Gabon fait partie du Bassin du Congo
et que, sur le Bassin du Congo, nous avons la
deuxième forêt du monde après
la forêt amazonienne », a
souligné Nicolas Sarkozy. Il a déclaré
ensuite que « la matière première
à mes yeux la plus importante pour l'Afrique,
c'est la forêt. Le monde a besoin de l'Afrique
pour des raisons écologiques (..) Nous
devons aider nos amis gabonais à entretenir,
à exploiter écologiquement cette
forêt, qui est une richesse pour
le monde. »
Lors d'une conférence
de presse au Palais présidentiel, le Président
français a présenté un plan
d'aménagement durable pour préserver
les forêts gabonaises. « Je voulais
mettre l'accent sur cette question essentielle.
Il ne faut pas laisser piller la forêt »,
a-t-il averti en annonçant que la France
allait convertir une partie de la dette gabonaise
(7 %, soit 50 millions d'euros) pour financer
des projets de développement durable dans
la forêt gabonaise. « Au lieu
de nous rembourser 50 millions d'euros, les Gabonais
vont les investir dans leur forêt. »
Il a ajouté qu'il souhaite que les pays
européens soient plus sévères
avec les fournisseurs illégaux de bois.
© Arnaud Roiné
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Nicolas
Sarkozy en a profité pour rendre hommage
à Jane Goodall, qui l'a initié
au langage des chimpanzés.
Jane Goodall a répondu à l'appel
de Nicolas Sarkozy car l'action de la
France pour préserver les forêts
gabonaises est essentielle à la survie
des chimpanzés et des autres grands
singes. La déforestation entraîne
une dégradation de leur habitat et ne permet
plus aux grands singes de vivre durablement.
«
Il est urgent d'agir ! Si la biodiversité
africaine continue de se détériorer,
c'est le continent africain tout entier qui va
sombrer dans le gouffre. Et ne croyons pas que
le reste du monde sera épargné !
La France a un devoir de solidarité vis-à-vis
de ce continent dont la biodiversité, garante
de l'équilibre mondial, est gravement menacée,
témoigne Jane Goodall. »
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Le Dr. Jane Goodall accompagnera le Président de la République, Monsieur Nicolas Sarkozy, au Gabon le 27 juillet prochain, pour rencontrer Monsieur Omar Bongo, le chef de l'Etat gabonais. Plusieurs sujets afférents à la protection de la faune et de la flore seront traités et notamment la déforestation du bassin du Congo, le deuxième poumon de la planète.
Le Président de la République Gabonaise et le Président de la République Française, accompagnés de Jane Goodall, se rendront, vendredi après-midi, dans la forêt de Mondah.
Cette
forêt exceptionnelle à la périphérie
de Libreville constitue un trésor écologique
bien que sa dégradation n'incite pas à
l'optimisme.
En quelques années, sa superficie initiale (9000 hectares) a été réduite des deux tiers.
Chaque année, plus de 800 000 hectares
de forêts tropicales du Bassin du Congo
sont détruits sous la pression démographique
et économique.
Aux
yeux de Jane Goodall, il est urgent d'agir. La
préservation de la biodiversité
passe par la préservation du Bassin du
Congo qui abrite la plus grande partie des populations
de grands singes au monde.
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Jane
Goodall a été décorée,
le mercredi 21 février 2007, de
la médaille vermeil de la Ville
de Paris par le Maire Bertrand Delanoë.
"Vous
nous avez rendus plus intelligents", avait
affirmé M. Delanoë avant de
lui remettre sa médaille, "surtout
par votre humanité".
"La manière
tendre avec laquelle vous vous engagez
de manière intransigeante, c'est
pour nous faire comprendre que tous les
êtres sont essentiels", y compris
les grands singes.
Entourée
de personnalités engagées
dans la défense l'environnement -
Yann Arthus-Bertrand, Arno Klarsfeld,
Marie-Claude Bomsel, Claudine André
- et des membres français, anglais,
belges et suisses de son Institut, Jane
Goodall a rappelé que "les chimpanzés
sont les êtres les plus proches
de nous qui puissent exister sur cette
planète" et que "nous sommes ici
pour faire passer un message de paix et
de compassion". Puis elle a terminé
son discours en soulignant que "nous ne
pouvons pas espérer sauver les
animaux...si nous ne soutenons pas les
populations locales également",
notamment en éduquant les enfants
dans le sens du respect de l'environnement
par le biais de programmes éducatifs
tels que Roots
& Shoots.
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| ©
J.Haijtink |
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Le soir
du 20 février dernier, le Dr. Goodall
était à la Cité
des Sciences et de l'Industrie,
dans le nord de Paris, pour une conférence
organisée par l'Institut Jane
Goodall France et la Cité des
Sciencessur le thème « Sauvons
les grands singes ».
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Plus
de 1 400 personnes réparties
dans deux salles ont pu assister à
cet événement unique.
La soirée,
animée par l'aventurière
et journaliste Priscilla Telmon,
a commencé par une introduction
musicale au rythme de l'Afrique.
Puis, le Dr. Jane Goodall a prononcé
un discours, traduit en français
et en langue des signes, sur son
expérience de l'Afrique et des
grands singes. Elle a rappelé avec
émotion les menaces pesant sur
les différentes espèces
et les moyens d'y remédier.
Elle a incité chacun de nous, individuellement
ou à travers l'Institut, à
participer à leur sauvetage.
Après
un nouvel interlude musical, la célèbre
primatologue a dialogué
avec des spectateurs et répondu
à leurs questions
pendant 40 minutes.
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| ©
Gérard Suissa |
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Vous pouvez retrouver
l'allocution du Dr. Goodall et son échange
avec le public en vidéo sur le site Internet
de la Cité des Sciences (cliquez
ici pour y accéder, ou reportez vous
à l'adresse web indiquée à
la fin de cet article).
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| © Gérard Suissa |
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© Gérard Suissa |
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Dr. Jane Goodall
© M.Klein |
Allocution du Docteur
Jane Goodall à la conférence de
Paris pour une gouvernance écologique
mondiale.
(traduit de l'anglais)
Paris,
le vendredi 2 février 2007
Monsieur le Président, Excellence,
Chers humains,
Je représente le monde animal dans une réunion comme celle-ci et j'ai l'intention d'abord de vous faire partager la voix de ces animaux, avec lesquels je travaille depuis longtemps. Voici le cri du chimpanzé, le bonjour du chimpanzé de Tanzanie.
Je travaille
depuis 45 ans avec des membres proches de notre
famille, les chimpanzés. Ils
sont vraiment très semblables, il y a
des similarités biologiques, de comportement,
d'émotions. Cela m'inspire un très
grand respect pour ces rares et extraordinaires
chimpanzés, les grands singes, mais également
du respect pour tous les animaux avec lesquels
nous partageons cette planète.
Je me suis rendue
compte, au début des années 80,
à quel point les chimpanzés et
les autres animaux d'Afrique disparaissaient
parce que leur habitat était détruit.
C'était particulièrement vrai
dans le cas des chimpanzés parce que
la forêt se réduisait. J'ai eu
le sentiment à un moment donné
que, moi aussi, je devais quitter cet endroit
fantastique qu'est la forêt pour alerter
le monde entier.
J'ai
quitté cette forêt-paradis. Depuis,
je n'ai pas passé plus de trois semaines
de suite dans le même endroit. Je bouge.
Je dois d'ailleurs faire quelque chose à
propos de la quantité d'émission
de gaz que produisent les avions dans lesquels
je voyage. Au moment où j'ai commencé
à voyager de part le monde, tout d'abord
en Afrique, je me rendais compte que les problèmes
africains étaient liés de très
près au mode de vie du monde occidental
absolument pas sensibilisé au développement
durable. Je me suis rendue compte qu'il y avait
une connexion entre tous ces problèmes
et que cela ne rimait à rien de se battre
seulement pour sauver une espèce animale
ou la forêt dans laquelle elle vit, car
tout était lié. Il fallait s'attaquer
à tous ces problèmes qui seront
évoqués, ici, aujourd'hui.
Nicolas Hulot
©D. Noizet
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Dès le
début de mes voyages, je me suis aperçue
que les jeunes avaient perdu tout espoir dans
l'avenir. Certains étaient déprimés,
d'autres étaient véritablement
en colère, d'autres étaient complètement
apathiques. J'ai commencé à parler
avec ces jeunes qui m'ont tous dit pratiquement
la même chose : Notre avenir est définitivement
compromis. Il y a des intérêts
plus forts que nous contre lesquels nous ne
pouvons rien.
Autrefois
on disait qu'on était en train d'hypothéquer
l'avenir des jeunes. Mais, lorsque vous faites
un emprunt, vous pouvez en principe le rembourser
! Nous n'avons pas fait d'emprunt sur l'avenir
de nos enfants. En fait, nous avons
dilapidé cet avenir. J'ai des petits-enfants
et j'ai vraiment le sentiment que je n'étais
pas dans la même situation qu'eux au même
âge. Et je sens cette colère, cette
aspiration des jeunes monter progressivement.
Cela constitue une véritable énergie.
Ce sont
les chimpanzés qui m'ont amenée
à parler aux plus jeunes. Ils
m'écoutent parce que les chimpanzés
les fascinent. Grâce à mes récits
avec les chimpanzés, j'ai pu toucher
de centaines de milliers, voire de millions
d'enfants. Ce programme s'appelle "Roots
& Shoots" c'est un nom symbolique, roots
pour racine et shoots pour les pousses.
Une petite pousse qui finit par monter,
monter vers le soleil et créer un arbre.
Il y a eu une illustration fantastique
de tout cela dans le film que nous avons vu
aujourd'hui en ouverture se séance. Le
programme "Roots & Shoots" a vraiment permis
de rassembler les jeunes pour essayer de créer
un monde meilleur pour tous. Nous avons
des programmes qui vont depuis l'âge du
jardin d'enfants jusqu'à l'université,
avec des groupes même dans les prisons,
les grandes sociétés, les camps
de réfugiés. Ces membres
de notre mouvement, que font-ils ? Ils choisissent
trois projets différents : pour essayer
d'améliorer le monde d'une part, pour
améliorer la situation de leur communauté
et ensuite, tendre la main à des victimes
de l'injustice, à l'extérieur
de leur groupe, ou bien pour intervenir dans
le cadre de catastrophes naturelles quelque
part dans le monde.
Deuxième
projet, faire quelque chose pour améliorer
la vie des animaux, pas simplement les animaux
de compagnie. Troisième chose, agir pour
l'environnement.
Cela permet à chaque enfant d'avoir véritablement l'impression qu'il fait quelque chose, qu'il a une mission dans la vie. C'est un programme marqué par la non-violence, qui promeut le travail, l'amour, le respect pour la vie sous toutes ses formes. La raison pour laquelle j'ai un certain espoir pour l'avenir, c'est qu'il y a cet enthousiasme énorme, cet idéalisme, cet engagement, ce courage réel de jeunes que l'on sent partout dans le monde. Une fois qu'ils comprennent le problème, une fois qu'on leur donne le moyen d'agir, ils cherchent à faire quelque chose. Par exemple, il y a eu des interventions pour aider des Intouchables dans les parties les plus reculées du Népal. Il y a une détermination de la part des jeunes pour que les choses s'améliorent. Autre raison d'optimisme, c'est qu'il y a une grande résistance : résistance des humains, de la vie sauvage, de la nature, qui a cette capacité de résilience, de revenir, de rebondir.
On est pratiquement
au bord de la destruction d'un système
écologique. On peut le faire renaître,
faire survivre une race qui est sur le point
de s'éteindre.
M. Jacques Chirac avec le Dr.Jane Goodall
© J.Haijtink
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Il y a aussi, troisième élément, la race humaine qui, dans certains cas, peut aussi vous remplir d'optimisme.
Monsieur le Président, vous avez fait une grande chose en réunissant toutes ces personnalités pour cette conférence et je suis fière d'en faire partie.
La dernière chose que je voudrais dire, c'est que, lorsque je voyage, je me rends compte qu'il y a tant de problèmes. Les gens me disent qu'il n'y a pas d'espoir quand je vois toute l'horreur qui nous entoure. Mais partout, il y a toujours un groupe de gens passionnés, qui font tout, qui risquent leur vie, qui perdent leur vie dans certains cas, pour essayer de redresser la situation, qui se battent pour la justice sociale, pour la protection de l'environnement. C'est quelque chose qui me donne particulièrement de l'espoir.
Réunir
ici des gens qui sont engagés, déterminés
à lutter contre le fait que nous volons
l'avenir de nos enfants, que nous dilapidons
leur héritage et qui veulent changer
cette situation pour créer un avenir
meilleur pour eux, cela aussi est une grande
source d'espoir pour moi.
Je vous remercie.
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© M.Klein |
M. Jacques Chirac,
Samedi 3 février 2007
Nous, citoyens
de tous les continents, responsables politiques,
représentants d'organisations internationales
ou non gouvernementales, scientifiques, chefs
d'entreprises, nous lançons un appel solennel
à une vaste mobilisation internationale
contre la crise écologique et pour une
croissance respectueuse de l'environnement.
1. Aujourd'hui, nous savons que l'humanité est en train de détruire, à une vitesse effrayante, les ressources et les équilibres qui ont permis son développement et qui déterminent son avenir. Nous prenons conscience que le devenir de la planète dans son ensemble est en jeu, que l'humanité tout entière est en cause dans son bien-être, dans sa santé, dans sa sécurité, et jusque dans sa survie.
Aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité. Savoir reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable. Admettre que nous ne pouvons plus nous permettre d'attendre, que chaque jour qui passe aggrave les risques et les dangers.
2. A Rio, à Johannesburg, à Montréal, à Kyoto, la communauté internationale s'est mobilisée. Mais il faut aller beaucoup plus loin : être plus efficaces, plus rapides, plus cohérents, plus ambitieux.
3. C'est pourquoi, conscients de notre responsabilité vis-à-vis des générations futures, conscients du coût de l'inaction, nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l'environnement. Nous nous engageons à prendre les mesures qui s'imposent pour conjurer des périls qui menacent la survie même de l'Humanité, en particulier celui du changement climatique, dont le dernier rapport du Groupe Intergouvernemental sur l'Évolution du Climat démontre avec force la gravité.
4. Nous nous engageons à faire progresser la prise de conscience aux niveaux local, national et international. Pour promouvoir une éthique écologique, nous appelons à l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et devoirs environnementaux. Cette charte commune garantira aux générations présentes et futures un nouveau droit de l'homme : le droit à un environnement sain et préservé.
5. Nous nous engageons à faire le choix d'une autre croissance, une croissance écologique, le choix d'une économie mise au service du développement durable et de la lutte contre la pauvreté. Tous les peuples de tous les continents doivent pouvoir accéder au niveau de vie auquel ils aspirent légitimement. Mais nous récusons un modèle fondé sur le gaspillage effréné des ressources naturelles et la pollution toujours plus grave de la planète.
Nous nous
engageons à promouvoir le développement
de technologies, de modes d'organisation et de
comportements plus économes en énergie,
en eau, en ressources naturelles et à intégrer
les coûts liés à la préservation
de l'environnement dans nos systèmes économiques.
6.
Dans cette responsabilité collective, l'effort
doit être équitablement partagé
entre les pays les plus riches, les pays émergents
et les pays les moins avancés. Les transferts
technologiques et financiers doivent être
amplifiés. Il faut concevoir et mettre
en oeuvre des mécanismes de financements
innovants pour aider les pays les plus pauvres
à s'adapter.
7. Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l'environnement. Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l'Environnement en une véritable Organisation internationale à composition universelle.
A l'image de l'Organisation
mondiale de la santé, cette Organisation
des Nations Unies pour l'Environnement sera une
voix forte et reconnue dans le monde. Elle doit
être un instrument pour évaluer les
dommages écologiques et comprendre comment
y remédier; un instrument efficace pour
promouvoir les technologies et les comportements
les plus respectueux des écosystèmes;
un moyen pour soutenir la mise en oeuvre des décisions
environnementales à travers la planète.
8. Nous nous réjouissons de la proposition du Maroc d'accueillir la première réunion du groupe pionnier des "amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'Environnement" qui rassemble déjà plus de 40 pays.
9. Nous appelons tous les Etats à rejoindre ce combat.
C'est notre
responsabilité à tous.
Il en va
de l'avenir de l'humanité.
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