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B O N O B O




© James Mollison *
Nom scientifique   Pan paniscus
Taille   de 70 à 100 cm
Poids   mâle 45 kg
femelle 30 kg
Espérance de vie   environ 40 ans
Gestation   230 – 240 jours


Avec sa coiffure un peu trop sage et ses favoris le bonobo est aussi appelé chimpanzé pygmée.
Mais de pygmée il n'a que le nom étant simplement un peu plus élancé mais nullement plus petit que le chimpanzé commun.

C'est sans doute le plus irrésistible des grands singes, celui qui nous ressemble le plus en tout cas, d'un point de vue génétique mais aussi comportemental.Les bonobos ne vivent que dans les forêts tropicales humides du nord de la République Démocratique du Congo, souvent inondées. Là, ils vivent en groupes, au sein d'une société de type égalitaire à tendances matriarcales. Ce sont les femelles qui jouent un rôle primordial, prenant souvent des décisions pour l'ensemble du groupe. En cela, les bonobos sont très différents des autres grands singes. Les bonobos sont très pacifiques, et peu de violentes bagarres ont lieu. Quand éclate une querelle, c'est le sexe qui se substitue à la violence pour résoudre le problème. Le sexe sert à tout chez les bonobos et est omniprésent dans leur monde : il est utilisé pour se saluer, se réconcilier, apaiser les tensions, à exercer un chantage…

Les bonobos, frugivores et folivores passent beaucoup de temps dans la forêt, au sol ou dans les arbres à rechercher leur nourriture, toujours en groupe, même s'il peut se scinder en petits sous-groupes qui se retrouveront le soir venu. L'après-midi, parfois ils font une sieste, dans un nid, plateforme construite avec des branchages dans un arbre.
Lorsque les jeunes arrivent à la puberté, les femelles quittent le groupe, pour se chercher une nouvelle famille, alors que les mâles restent toute leur vie aux côtés de leur mère, au sein de leur groupe natal. Le statut social d'un individu dépendra de la place de sa mère dans la hiérarchie, un statut dont il héritera.
En République Démocratique du Congo, les guerres civiles et la situation politique toujours instable ont mis les bonobos en péril. Ne vivant que dans quelques enclaves du nord du pays, leur survie ne tient qu'à un fil. Chassés pour leur viande (une tradition dans certains villages mais surtout aujourd'hui une mode citadine cruelle) ou pour capturer les bébés vendus aux sorciers et aux touristes comme animaux de compagnie, leur population décroît de façon dramatique. De 100 000 individus en 1980, les bonobos sont passés à 10 000 en 1990 et la pression de la chasse ne fait qu'augmenter suite à l'implantation massive des industries forestières et minières dans les forêts qui créent à tout va moult pistes à travers la sylve jusqu'alors réputée impénétrable.

Des chercheurs comme Takayoshi Kano les observant depuis plus de vingt ans leur assuraient une certaine protection. En employant les habitants des villages voisins, non seulement ils amenaient un revenu non négligeable, mais suscitaient auprès des villageois un intérêt vis à vis de ces primates. Gardés en vie et protégés au sein de leur habitat, ils pouvaient aussi devenir une source de revenus. Cependant, depuis les graves troubles politiques ayant animé le pays, les chercheurs ont dû abandonner les sites d'études et les bonobos à leur sort. Aujourd'hui, personne ne sait combien de ces primates ont survécu au braconnage. Seuls indices de ces tueries toujours d'actualité dans la forêt, de jeunes bonobos arrachés à leur mère et exposés dans les marchés, ainsi que des morceaux de viande boucanée, aux inquiétants contours par trop humains.

Il ne resterait qu'entre 10 000 et 20 000 bonobos.


Photos © Stéphanie Meng

* Photographie, extrait du livre James & Other Apes de James Mollison, voir rubrique Boutique