Les bonobos ne vivent que dans les forêts
tropicales humides du nord de
la République Démocratique du Congo, souvent inondées.
Là,
ils vivent en groupes, au sein d'une société de type égalitaire à tendances matriarcales.
Ce sont les femelles qui jouent un rôle primordial, prenant souvent des
décisions pour l'ensemble du groupe. En cela, les bonobos
sont très différents des autres grands singes. Les bonobos sont
très pacifiques, et peu de violentes bagarres ont lieu.
Quand éclate
une querelle, c'est le sexe qui se substitue à la violence
pour résoudre
le problème. Le sexe sert à tout chez les bonobos et est omniprésent
dans leur monde : il est utilisé pour se saluer, se réconcilier,
apaiser les tensions, à exercer un chantage
Les bonobos, frugivores et folivores passent
beaucoup de temps dans la forêt, au sol ou dans
les arbres à rechercher leur nourriture, toujours
en groupe, même s'il peut se scinder en petits
sous-groupes qui se retrouveront le soir venu. L'après-midi,
parfois ils font une sieste, dans un nid, plateforme
construite avec des branchages dans un arbre.
Lorsque les jeunes arrivent à la puberté,
les femelles quittent le groupe, pour
se chercher une nouvelle famille, alors que les mâles
restent toute leur vie aux côtés de leur
mère, au sein de leur groupe
natal. Le statut social d'un individu dépendra
de la place de sa mère dans la hiérarchie,
un statut dont il héritera.
En République Démocratique du Congo, les
guerres civiles et la situation politique toujours instable
ont mis les bonobos en péril. Ne vivant que dans
quelques enclaves du nord du pays, leur survie ne tient
qu'à un fil. Chassés pour leur viande (une
tradition dans certains villages mais surtout aujourd'hui
une mode citadine cruelle) ou pour capturer les bébés
vendus aux sorciers et aux touristes comme animaux de
compagnie, leur population décroît de façon
dramatique. De 100 000 individus en 1980, les bonobos
sont passés à 10 000 en 1990 et la pression de la chasse ne fait qu'augmenter
suite à l'implantation massive des industries
forestières
et minières dans les forêts qui créent à tout
va moult pistes à travers la sylve jusqu'alors
réputée impénétrable.
Des chercheurs comme Takayoshi Kano
les observant depuis plus de vingt ans leur assuraient
une certaine protection. En employant les habitants
des villages voisins, non seulement ils amenaient un
revenu non négligeable, mais suscitaient auprès
des villageois un intérêt vis à
vis de ces primates. Gardés en vie et protégés
au sein de leur habitat, ils pouvaient aussi devenir
une source de revenus. Cependant, depuis les graves
troubles politiques ayant animé le pays, les
chercheurs ont dû abandonner les sites
d'études et les bonobos à leur
sort. Aujourd'hui, personne ne sait combien de ces primates
ont survécu au braconnage. Seuls indices de ces
tueries toujours d'actualité dans la forêt,
de jeunes bonobos arrachés à leur mère
et exposés dans les marchés, ainsi que
des morceaux de viande boucanée, aux inquiétants
contours par trop humains.
Il ne resterait qu'entre 10 000 et 20 000 bonobos.
© Institut Jane Goodall
France