En Sierra Leone, amateurs des fruits du kapokier
au tronc recouvert d’épines acérées,
les chimpanzés
ne se déplacent pas sans leurs tongs :
fabriquées à partir
de brindilles coincées sous la plante des pieds, ils
escaladent sans douleur ces troncs inhospitaliers
et vont cueillir les fruits convoités. En Guinée
et en Côte
d’Ivoire, ils utilisent marteaux et enclumes
de pierre ou de bois pour casser des noix de
palme, de coula ou de Panda, un comportement
qui ne nécessite
pas moins de 10 années
d’apprentissage pour le jeune. 39
comportements culturels ont ainsi été recensés chez
les chimpanzés à travers
l’Afrique du simple usage d’outils aux coutumes
et traditions sociales telles que la poignée
de main lors d’une séance de grooming ou la danse
de la pluie célébrée par les
mâles dominants
qui, à l’arrivée d’une averse simulent
une charge, le poil hérissé, et tapent de toutes
leurs forces sur les troncs d’arbres avoisinants en traînant
de lourds branchages, le tout dans un concert
de cris des plus bruyants.
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JGI
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Mais la liste des comportements étonnants, aux racines
de ceux de nos ancêtres humains ne s’arrête
pas là. Ainsi les chimpanzés chassent
d’autres
animaux, antilopes ou singes, pour en consommer
la viande. En Côte d’Ivoire, ils coopèrent pour optimiser
leurs chances de capture. Lorsqu’une proie est détectée,
le groupe se scinde. Alors que certains grimpent dans l’arbre
pourchassant le colobe, d’autres se postent en des lieux
stratégiques, prêts à cueillir le petit
singe affolé rabattu vers ses bourreaux. La viande,
met de choix, est ensuite à l’issue d’un
bruyant concert de cris d’excitation et de joie, partagée et
distribuée à tous les membres du groupe, même
ceux n’ayant pas participé à la
chasse.
Ils sont aussi pharmaciens, consommant
des plantes à vertus médicinales, utilisées également
par les hommes des populations voisines, comme
l'Aspilia ou les tiges de Vernonia amygdalina.
Les études
ont montré que les chimpanzés
consomment les feuilles entières et rugueuses d’Aspilia,
sans les mâcher, ce qui a pour effet d’évacuer
les parasites du tube digestif. L’observation d’une
femelle ayant recouvré la santé après
avoir consommé les tiges amères de Vernonia
amygdalina a permis la découverte de molécules d’intérêt
thérapeutique. En Ouganda, l’observation du comportement
des chimpanzés de Kibale a été à l’origine
de la mise à jour de nouvelles molécules antipaludiques
et antitumorales.
Malheureusement, aujourd’hui, les chimpanzés,
comme les autres grands singes sont menacés
de disparition.
Le commerce de viande de brousse, ou de
jeunes chimpanzés
vivants vendus comme animaux de compagnie,
la déforestation, l'ouverture de pistes liées à l’exploitation
de ressources minières, ainsi que maladies émergentes
comme l'Ébola mettent à mal
la survie de ce cousin qui a encore tant à nous
apprendre sur nos origines.

© JGI
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D’une
population estimée à 1 million
dans les années 1960, il n’en reste aujourd’hui
probablement moins de 100 000 et si rien
n’est entrepris,
combien dans 20 ans ?
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Institut Jane Goodall France
