# 11 Printemps-Eté 2011
 

  Se battre pour les grands singes,

c’est se battre pour

l’avenir de l’humanité.


 
- SPÉCIAL CONSOMMATION -

1 - Jane Goodall : 50 ans à Gombe – le livre
2 - Le ZooParc de Beauval
3 - Les biocarburants
4 - Le réchauffement planétaire – les risques pour l’Homme
5 - La forêt, un écosystème à protéger
6 - Du bio dans mon assiette
7 - Le papier et son impact sur l’environnement
8 - Animaux sauvages: un trafic juteux
9 - L'eau va-t-elle devenir une denrée rare ?
10 - Programme d’éducation environnementale en milieu scolaire au Gabon
11 - Une nouvelle campagne d’éducation environnementale sur les grands singes dans les écoles de Libreville
12 – Forte pression sur les populations de chimpanzés sauvages au Gabon
13 - Mouss ou la vie au cirque
14 - La biodiversité en milieu urbain
15 - Jane, Charlotte et Vanina, 3 femmes pour sauver les grands singes
16 - Erratum

Le magazine Jane Goodall News

 

1 - Jane Goodall : 50 ans à gombe - Le livre

Ce livre anniversaire retrace, avec de nombreuses photographies, la vie du Dr. Goodall et ses 50 années de recherches dans le Parc National de Gombe, en Tanzanie.

C'est là que Jane Goodall a débarqué, en 1960, alors qu'elle n'était encore qu'une toute jeune femme, pour entamer ce qui constitue à ce jour le plus long projet d'étude d'une espèce animale dans son milieu naturel jamais mené. Mais Gombe représente bien davantage que le point de départ des recherches du Dr. Goodall.

En effet, celle-ci a compris très tôt que le seul moyen de protéger les espèces menacées était d'intéresser les populations locales à leur protection, et Gombe est aussi le berceau de deux programmes phares de l'Institut: le programme de Conservation Centrée sur les Communautés (CCC) et le programme Roots & Shoots, dont le but est d'inciter les jeunes générations à s'impliquer pour agir sur le monde qui les entoure.
Grâce à ce livre magnifiquement illustré, vous connaîtrez tout de ce lieu exceptionnel et de l'histoire non moins extraordinaire de celle qui lui a consacré sa vie.
Photos inédites du livre
© Hugo van Lawick

Jane Goodall : 50 years at Gombe
(en anglais)
35 €

Actuellement disponible dans notre boutique.
Pour le commander, cliquez ici

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2 - LE ZOOPARC DE BEAUVAL

Créé par la passion dévorante d'une femme, Beauval est l'histoire d'une vie toute entière dédiée aux animaux et à leur sauvegarde. En allant au bout de son rêve Françoise Delord a construit l'un des 15 plus beaux parcs zoologiques du monde. Des soigneurs aux vétérinaires en passant par les jardiniers, c’est toujours la même philosophie : tout pour les animaux.
Connu pour la qualité de ses installations, les naissances d’espèces rares ou menacées continuent d’être particulièrement nombreuses.

Association Beauval Conservation & Recherche
Le ZooParc de Beauval a toujours eu pour exigence la sauvegarde des espèces à travers le monde c’est donc tout naturellement que l’Association Beauval Conservation & Recherche a été créé pour mettre en oeuvre, développer et soutenir des actions de conservation in-situ, pour la préservation de la biodiversité mondiale, sensibiliser les visiteurs du ZooParc de Beauval et le grand public en général à la nécessité de ces actions, ainsi que développer des programmes de recherche scientifique contribuant à l'amélioration du bien être des animaux. Financée principalement par le ZooParc, elle gère en plus les dons et les parrainages des particuliers, scolaires et entreprises dont l’intégralité est utilisée sur le terrain.

Jane Goodall & le ZooParc de Beauval
L’Association Beauval Conservation & Recherche a décidé de s’engager aux cotés du Dr. Jane Goodall en soutenant financièrement les actions de l’Institut Jane Goodall France. Jane Goodall sera présente au ZooParc de Beauval le samedi 14 Mai 2011 pour une conférence au centre de séminaire du ZooParc, suivie par une cérémonie d'inauguration du panneau symbole de ce partenariat.

Pour voir le programme des événements : www.janegoodall.fr/evenements

Alexandra Montpert

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3 - LES BIOCARBURANTS

La mise en garde du Dr. Jane Goodall :
Les cultures destinées aux biocarburants mettent en danger les forêts tropicales !


La course à la production de cultures destinées aux biocarburants met gravement en danger les forêts d’Asie, d’Afrique et d’Amérique du Sud, et vient s'ajouter aux émissions de gaz tenues pour responsable du réchauffement climatique.

« Nous abattons les forêts pour produire de la canne à sucre et de l’huile de palme destinées aux biocarburants, et nos forêts sont menacées par une multitude d’intérêts divergents, à tel point qu’il devient de plus en plus urgent de les protéger », a déclaré Jane Goodall.

Alors qu’il devient de plus en plus difficile de trouver de nouvelles réserves de pétrole, plusieurs pays comme le Brésil et l’Indonésie misent à tout va sur la production locale de biocarburants, tels que l’éthanol (produit à partir de la canne à sucre) et le « biodiesel » (produit à partir des noix de palme).

Le programme de l’ONU pour le climat, considère que les biocarburants ont une empreinte carbonique faible car les cultures absorbent le dioxyde de carbone responsable du réchauffement.

Cependant, les critiques affirment que la demande en biocarburants a encouragé les entreprises à couper et à brûler les forêts pour y faire pousser des cultures, multipliant ainsi les émissions responsables du réchauffement et entraînant une érosion des sols et une dégradation des écosystèmes.
Jane Goodall indique que le problème est particulièrement criant dans la forêt tropicale indonésienne, où sont produites de grandes quantités d’huile de palme. En Ouganda – un pays où l’Institut Jane Goodall œuvre pour la protection des grands singes –, les cultivateurs cherchent eux-aussi à acheter de grandes parcelles de forêt tropicale pour y planter de la canne à sucre, tout comme au Brésil, où la forêt est abattue pour les mêmes raisons.

L’Institut Jane Goodall travaille avec un groupe récemment constitué de huit pays recouverts de forêt tropicale appelé le « Forest Eight » ou « F8 » et dirigé par l’Indonésie. Ces pays ambitionnent de mettre en place un système en vertu duquel les pays riches verseraient des fonds en contrepartie de la préservation de leur forêt tropicale. Bien que cette solution ne séduise pas le Dr Jane Goodall, elle a le mérite d’enclencher le dialogue.

Les scientifiques des pays abritant des forêts, essaient encore de calculer avec précision la quantité de gaz carbonique stockée par les écosystèmes, mais les premières estimations indiquent que cette quantité serait environ deux fois supérieure à celle déjà présente dans l’atmosphère.

Jane Goodall
Traduction par Shane Lillis et Céline Kaleka - Photos © Tony Comiti

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4 - Le RÉCHAUFFEMENT PLANÉTAIRE - LES RISQUES POUR L'HOMME

Pour lutter contre le réchauffement de la planète, il faut protéger les dernières forêts qui subsistent.

L’IPCC (International Panel on Climat Change) a publié un rapport dans lequel est fait état du nombre alarmant des effets néfastes du changement climatique à travers le monde, parmi lesquels : la sècheresse, les inondations, la diminution des récoltes, les risques de famine et l’acidification des océans. Aucun être vivant de ce monde dont nous faisons partie n’est épargné par le changement climatique.
En tant que primatologue, je suis particulièrement préoccupée par la prévision selon laquelle 20 à 30% des espèces font face à un risque accru d’extinction.

Nous savons que la plupart des espèces vive dans les forêts tropicales humides, des espèces phares telles que les éléphants, les tigres et les chimpanzés, jusqu’aux plus petites espèces telles que les insectes et les algues. Certaines d’entre elles jouent un rôle dans la guérison des maladies, ou pourront le jouer à l’avenir.

Ces forêts sont menacées à la fois par leur exploitation à grande échelle et par le nombre croissant des pays pauvres qui les détruisent pour fabriquer du charbon ou les défrichent pour une agriculture de subsistance. Quelques-uns des impacts du changement climatique envisagé par l’IPCC, comme la sécheresse ou la famine, ne feront qu’exacerber l’enlisement de ces populations.
Un danger relativement nouveau pour ces forêts est l’engouement croissant pour les biocarburants. En Afrique, Asie et Amérique Latine, des zones forestières autrefois réservées pour la conservation ou pour une exploitation maîtrisée, sont désormais converties en plantations de canne à sucre et de palme, dont la production sera utilisée comme fiouls pour l’éthanol-carburant ou les biofiouls.
Alors que les pressions humaines ne peuvent être rapidement inversées, ni les exploitations forestières et minières enrayées, nous pouvons faire beaucoup pour sauver ces forêts. Le cœur d’une stratégie réussie implique de travailler non seulement avec les leaders nationaux, mais aussi, et avant tout, avec les populations locales afin de rehausser leur niveau de vie, surtout dans les zones proches des réserves forestières. En apportant une assistance technique aux fermiers afin d’augmenter leurs revenus, une éducation aux jeunes, des soins médicaux aux familles, et des investissements économiques dans l’écotourisme, ces communautés rurales peuvent devenir les gardiens de ces forêts, et non pas leurs « destructeurs ».

Ces stratégies apportent également d’autres avantages : elles encouragent la stabilité régionale et la sécurité. La prospérité rurale, l’éducation, et un système de santé publique efficace servent de défenses naturelles contre les épidémies pandémiques, les guerres, le terrorisme et l’instabilité politique. En oeuvrant avec les populations locales pour sauver les forêts, nous aidons à créer des communautés stables qui amélioreront certainement la sécurité mondiale.
Le gouvernement des Etats-Unis d’Amérique, l’Europe et d’autres pays développés ont une part de responsabilité privilégiée pour promouvoir ces programmes. Les pays occidentaux sont les plus grands consommateurs de pétrole, bois et autres industries générant du gaz carbonique, ils ont la responsabilité d’aider les pays en voie de développement à préserver leur patrimoine naturel par la promotion de programmes de développement durable. Une augmentation relativement faible sous forme d’aide destinée au développement des communautés rurales, particulièrement grâce aux microcrédits, peut avoir un impact extraordinaire pour la sauvegarde des zones sauvages, forêts comprises, et de l’ensemble des formes de vie qu’elles alimentent.
En quelques siècles seulement, les pays aujourd’hui développés d’Europe, d’Asie et d’Amérique du Nord ont détruit leurs forêts dans leur inexorable ruée vers la richesse. Aujourd’hui seuls quelques vestiges de ces forêts subsistent sur ces continents.
Les pays développés ont la possibilité de permettre aux nations en voie de développement d’éviter de commettre les mêmes erreurs. En investissant massivement dans le développement durable, nous pouvons sauvegarder de précieuses espèces, aider à empêcher l’intensification du réchauffement climatique, et augmenter la sécurité planétaire.
Aider la préservation des forêts des nations en voie de développement doit se faire dans l’intérêt de tous.

Jane Goodall
Traduction par Shane Lillis et Céline Kaleka - Photos © Tony Comiti

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5 - LA FORÊT, UN ÉCOSYSTÈME À PROTÉGER

Forêts tropicales, boréales, tempérées ou subtropicales sont les composantes de l’écosystème forestier. Au total, c’est 4 milliards d’hectares de forêts soit 31% de la superficie des terres. Captation du CO2, régulation du climat, protection des ressources en eau et des sols en limitant l’érosion sont les principaux et précieux services que nous rendent les forêts au quotidien. Mais voilà, chaque année c’est près de 13 millions d’hectares qui disparaissent sous le bruit des tronçonneuses et avec eux c’est toute une biodiversité et des populations qui sont menacées. Trois régions dans le monde sont particulièrement touchées : l’Amazonie, le Bassin du Congo et l’Asie du Sud-Est.

Les causes de cette perte sont principalement le commerce illégal du bois exotique, la conversion des terres pour les plantations de palmiers à huile ou la culture du soja mais également l’utilisation des
espaces pour l’élevage. L’abattage des ces temples verts pour notre soif d’exotisme reste le principal danger auxquelles sont confrontées les forêts tropicales. Fenêtres en méranti, portes en ayous, escaliers en tauari, équipements de cuisines ou de salle de bains en okoumé, mobilier de jardins en teck, parquets en merbau, sont autant de produits qui composent les étalages des magasins d’équipements et de bricolage en France. Nous pouvons décider de ne pas prendre part à ce fléau qu’est la déforestation et cela passe par au moins deux voies : acheter responsable et consommer des produits labellisés types FSC ou consommer local, préférer le bois local aux bois de provenance lointaine (bois tropicaux en France).

Le label FSC (Forest Stewardship Council), garantit une gestion durable et respectueuse des forêts. Il s’agit d’un système de certification imposant un cahier des charges aux entreprises sur trois points : économique, social et environnemental. A ce jour, ce label est le plus exigent. Près de 135 millions
d’hectares sont actuellement certifiés dans plus de 80 pays. Equipez, rénovez sa maison n’est donc pas anodin. Il appartient à chacun de prendre conscience de l’impact de ses achats sur la déforestation et de prendre le temps de s’informer sur la nature du bois, sa provenance. Nous avons ce pouvoir et c’est à nous de le prendre !

Noëlla Lefebvre

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6 - DU BIO DANS MON ASSIETTE

Une vague green a depuis quelque peu déferlé dans les supermarchés et nous sommes de plus en plus nombreux à consommer des produits biologiques. Pour ceux qui n’ont pas encore succombé à cette nouvelle manière de s’alimenter, bien loin d’un simple effet de mode, voici quelques bonnes raisons.
Le marché des produits biologiques a dépassé les 3,5 milliards d’euros en 2010 en France.


Un chimpanzé savourant des termites
Fin 2010, la France comptait 20.600 agriculteurs bio, y compris ceux en cours de conversion, ce qui traduit une hausse de 25 % par rapport à 2009, pour une surface agricole d'environ 2,9 % (contre 2,46 % fin 2009). Selon le journal Le Monde daté du 3 février 2011, les objectifs du Grenelle de l'environnement devraient cependant être difficilement atteints puisque 6 % des terres agricoles doivent être consacrées au bio d'ici à 2012, et 20 % en 2020.

Les effets positifs sur la santé sont la principale raison d’acheter du bio (91%), suivis de la qualité et du goût des produits. Et les bienfaits sur la santé sont multiples : fruits et légumes cultivés sans OGM ni pesticides, une charte régissant les conditions d’élevage des animaux et certifiant une viande sans antibiotiques, et en bonus, des saveurs exaltées. Pour rappel, un OGM est un organisme vivant dont le patrimoine génétique a été modifié par l’homme et constitue à la fois un risque pour la santé et pour l’environnement. Les OGM sont interdits en agriculture biologique, même si des contaminations superficielles extérieures restent possibles jusqu’au seuil de 0,9%.
On en sait un peu moins sur les bienfaits que connaissent aussi les terres converties à l’agriculture biologique. Lydia et Claude Bourguignon, respectivement maître es sciences et ingénieur agronome, sont spécialistes de la microbiologie du sol. Ils déplorent la pauvreté de la plupart des sols dénués de bactéries, de champignons et d’humus.
Le discours de Claude est clair : « l’activité biologique de la terre, la vie des bactéries, micro-organismes et autres animaux minuscules est réduite, voire quasi-nulle. La plupart des sols, aujourd’hui, ont perdu une partie de leur biodiversité ou sont morts ». L’agriculture dite « conventionnelle » érode les sols, alors comment les produits issus de ces terres mortes pourraient-ils être bons ? Les solutions qu’ils proposent sont celles des agriculteurs biologiques ou biodynamiques qui ont des sols bien plus actifs et riches en organismes vivants et en biodiversité. Et comme disait Franklin D. Roosevelt : « Une nation qui détruit son sol se détruit elle-même ».
Parmi les freins à l’achat biologique, l’étude révèle le manque de réflexe et le prix, jugé trop élevé par 79% des non-acheteurs (source : Le Monde, 3 février 2011).


Pendant des tests, un chimpanzé préfère
un chou biologique
Pourtant, dès que l’on commence à s’alimenter avec des produits biologiques, préférant pour cela les surfaces spécialisées où l’on découvre tout un tas de produits et où la quasi-totalité des fruits et légumes sont de saison (Biocoop, Naturalia par exemple), on change de réflexe. Petit à petit, on acquiert la délicieuse habitude de préparer soi-même des plats tout simples gorgés de vitamines (soupes, gratins à base de légumes de saison par exemple), qui du coup reviennent moins chers que des plats touts préparés non biologiques, gorgés de sel et de pesticides.

La viande et les poissons biologiques étant des produits relativement chers, on préfèrera les consommer moins souvent ou en petite quantité, que consommer des viandes saturées d’antibiotiques qui contribuent à l’effet de serre et dont la production repose sur de la cruauté et de l’élevage intensif. On se penche sur des alternatives, on apprend à développer son goût avec les laits végétaux et les légumes inédits et on est en bonne santé.
Dans son dernier livre, « Nous sommes ce que nous mangeons », Jane Goodall décortique nos modes de consommation alimentaire, et nous parle à cœur ouvert de son choix de devenir végétarienne : « Depuis 1986, je voyage presque trois cent jours par an – je donne des conférences, je participe à des réunions, je m’engage pour certaines causes, j’enseigne, etc. Je ne reste jamais au même endroit plus de trois semaines, n’y séjournant le plus souvent que quelques jours. Honnêtement, je ne pense pas que j’aurais pu garder ce rythme quand j’avais trente ans, et je crois que, si j’y arrive aujourd’hui, c’est parce que je ne mange plus de viande ».
Alors saisissons-nous de notre pouvoir de consommateur pour que les choses changent !

« Je dis toujours qu’il faut passer quelques minutes chaque jour à penser aux conséquences des choix que l’on pose : ce que l’on achète, ce que l’on mange, ce que l’on porte, comment on va d’un point A à un point B. Certaines personnes ne peuvent pas se permettre de faire les bons choix mais il y en a des millions d’autres qui le peuvent ».

Pour en savoir plus sur une consommation alimentaire responsable :
Jane Goodall, « Nous sommes ce que nous mangeons », Editions Actes Sud questions de société, 2008.
Lydia et Claude Bourguignon, « Le sol, la terre et les champs : pour retrouver une agriculture saine », Editeur Sang de la terre
Et deux films très pertinents sur ces questions : Solutions locales pour un désordre global de Coline Serreau (2010) et Le temps des grâces de Dominique Marchais (2010).

Tiphaine Illouz

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7 - LE PAPIER ET SON IMPACT SUR L'ENVIRONNEMENT

Au niveau mondial, 42% du bois exploité commercialement sert à fabriquer du papier et 17 % de ce bois provient de forêts vierges.
C’est ainsi 339 millions de tonnes de papier qui sont consommés dans le monde chaque année. En France, ce chiffre s’élève à 10,9 millions (10 fois plus qu’il y a 50 ans) soit 167,2 kg par habitant et par an, ce qui place la France au 24ème rang mondial loin derrière la Belgique qui consomme plus du double.

La consommation mondiale de papier est en augmentation et l’apparition des nouvelles technologies n’a guère contribué à la faire baisser. Selon une étude réalisée par l’Institut de sondage Ipsos pour le compte de Lexmark, un salarié européen imprime en moyenne 31 pages par jour et il n’est pas illusoire de penser qu’une part non négligeable de ces impressions est inutile.

Voici donc quelques solutions pour réduire sa consommation de papier et son impact sur l’environnement :


- Utiliser du papier recyclé.
Avec une tonne de vieux papiers, on peut obtenir 900 kg de papier recyclé alors qu'il faut 2 à 3 tonnes de bois pour fabriquer une tonne de papier neuf. En plus d’épargner des arbres, la fabrication du papier recyclé consomme nettement moins d’énergie et d’eau que la fabrication de papier neuf.

- Réduire le gaspillage.
Pour information, les impressions inutiles des entreprises françaises représentent 1,2 million d'arbres abattus pour rien.

- Privilégier les réceptions au format électronique des abonnements aux lettres d’information ainsi que des factures.

- Imprimer en recto verso
ou se servir du verso comme papier brouillon.

- Utiliser du papier plus léger.


- Triez vos déchets pour permettre le recyclage du papier.

Consommer moins de papier, c’est : lutter contre la déforestation, faire des économies d’énergie, réduire les rejets de Co2 et la consommation d’eau.

2011 a été proclamée Année Internationale des Forêts par l'ONU. Cela est l’occasion de rappeler de manière imagée les chiffres alarmants de la déforestation : chaque année, près de 13 millions d’hectares de couverture forestière sont détruits à travers le monde soit l’équivalent de 33 terrains de football par minute et la superficie de la Grèce sur une année.

Alexis Boniface

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8 - ANIMAUX SAUVAGES : UN TRAFIC JUTEUX

Le 3ème dans le monde après celui de la drogue et celui des armes.
On évalue à 15 milliards d’Euros le marché mondial de la faune et la flore, 5 milliards de dollars selon Interpol uniquement pour les USA.


DES CHIFFRES QUI AFFOLENT
Chaque année sur la planète, se vendent environ : 50 000 singes, 5 millions d’oiseaux vivants dont 500 000 perroquets, 10 millions de peaux de reptiles, 15 millions de peaux de mammifères divers, 500 millions de poissons tropicaux.
Des animaux victimes d’un commerce évidemment illicite, et par là même extrêmement lucratif, dont le principal risque est l’extinction pure et simple des espèces, et l’atteinte irrémédiable à la biodiversité.

LES PAYS A L’INDEX
Un grand nombre d’organismes sont d’accord à l’unanimité.
Environ 47% des animaux sauvages qui font l’objet de trafic proviennent d’Amérique du Sud : 37% du Brésil, 10% du Pérou, Argentine, Bolivie, Venezuela, Colombie.
Le reste vient d’Amérique centrale, d’Afrique et d’Asie.

CIRCULEZ, Y’A RIEN A VOIR
Quelque soit la provenance, quelque soit la destination, les pertes sont lourdes, les conditions insupportables de cruauté. Près de 9 animaux sur 10 meurent pendant le transport.


A commerce illégal, effectivement méthodes inhumaines. Pour éviter les ennuis sur les routes, aux frontières, les trafiquants n’hésitent pas à anesthésier les singes par exemple avec du rhum, à leur casser parfois les dents, avant de les jeter dans des sacs. Les serpents quant à eux sont emballés dans des tuyaux, les oiseaux ont souvent les yeux crevés pour éviter qu’ils ne chantent, ou les os brisés.
Vivants ou morts à leur arrivée, ces animaux auront de toute façon une valeur. Captivité, peaux, plumes, viande.

QUI SONT LES TRAFIQUANTS ?
Des chasseurs, des contrebandiers, des braconniers indépendants « travaillant » avec des grossistes locaux, ou pire, encadrés par des organisations criminelles de haut vol, comme la mafia italienne, les Triades de Hong-Kong, les réseaux malaisiens, brésiliens;
Dans les pays les plus pauvres, ce type de commerce est une source de revenus considérables. Il nourrit des familles entières et le risque encouru est minime si tant est que l’on puisse les intercepter.

QUI SONT LES ACHETEURS ?
Tout le monde, ou presque.
En Europe, en Amérique du Nord, au Japon, à Singapour, Taïwan, au Moyen-Orient, les amateurs sont partout.
Des collectionneurs fous, des laboratoires pharmaceutiques et cosmétiques, des animaleries, des parcs de divertissements, certaines industries dans le vêtement ou la maroquinerie, des participants au commerce de la médecine et cuisine asiatique traditionnelles, des addicts des NAC (Nouveaux Animaux de Compagnie), qui achètent au travers de filières sous-terraines, de simples touristes complètement irresponsables, rapportant de leurs voyages et sous le manteau des animaux exotiques dont ils se débarrasseront un peu plus tard.

LES MOYENS DE LUTTE
Depuis 1973, la communauté internationale à travers la Convention de Washington (CITES : Convention sur le Commerce International des Espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction), tente de réglementer le commerce des animaux. Près de 5 000 espèces sont concernées et sont classées par catégories. Théoriquement aucun animal ne peut circuler sans un permis délivré par la CITES, vérifiant la provenance, la destination et la santé de l’animal.
158 états dont la France et le Gabon, font partie de la CITES. Chacun de ces pays se doit d’appliquer la loi par l’intermédiaire d’un organisme d’Etat.
En France, les Directions Régionales de l’Environnement utilisent les Douanes aux frontières, et l’Office de la Chasse et la Faune sauvage.
Au Gabon, c’est à la Direction Générale de la Faune et des Aires Protégées du Ministère des Eaux et Forêts qu’incombe cette tâche.

Chaque pays signataire a sa propre législation en matière d’échanges légaux, et de lutte contre le trafic.
Tous pays confondus, on ne peut malheureusement que constater que la législation actuelle est largement dépassée par l’augmentation constante du trafic. L’appât du gain est bien plus fort que toutes les lois en vigueur.

LES PERSPECTIVES
Elles sont assez sombres, on s’en doute. Il faut croire cependant à l’action sur le terrain qui consiste à développer des projets d’aide au développement des populations locales, comme l’agriculture ou l’artisanat, et qui permettrait à ces populations de vivre sans le trafic.
Croire aussi à la chasse au niveau mondial, des trafiquants de haut vol, à l’information des millions de touristes qui sillonnent le globe et qui encouragent le commerce illicite en achetant des produits dérivés d’espèces animales. Les pilules « magiques » pour soigner l’arthrite ou les pannes sexuelles, les dents de requins, les bracelets en ivoire, les carapaces de tortue, et autres grigris qui n’ont d’autre intérêt que pour certains le magot continue à grossir, sur le dos des animaux sauvages.

Carol Caray

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9 - L'EAU VA-T-ELLE DEVENIR UNE DENRÉE RARE ?

Selon un rapport de l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’approvisionnement en eau pourrait être « insuffisant » voire « dramatiquement insuffisant » en 2025 pour la majorité des habitants de la planète. Aujourd'hui déjà, la pénurie d’eau touche tous les continents et plus de 40% de la population mondiale.

L'eau douce est une denrée rare et précieuse : elle ne représente que 2,5 % de toute l'eau présente sur terre, le reste étant de l'eau salée.

Le risque d’une pénurie d’eau douce s'explique par de multiples facteurs : le premier d'entre eux est l’augmentation de la population mondiale (celle-ci devrait passer de 6 milliards aujourd’hui à 8 milliards dans 25 ans), donc de la production agricole et de l'irrigation. En effet, nourriture égale eau. Il faut de 1 000 à 2 000 litres d’eau pour produire un kilo de blé et de 13 000 à 15 000 litres pour la même quantité de viande de boeuf. Sans eau, pas d'agriculture et sans agriculture, pas de nourriture.

Ainsi, l'irrigation représente aujourd'hui 70 % de la consommation d'eau dans le monde, et cette part devrait encore augmenter de 17 % au cours des 20 prochaines années.


Ce chiffre peut même atteindre 95% dans certains pays en développement.
Pour faire face à cette pénurie alors même que la demande de nourriture augmente, le seul moyen consiste à soutenir des initiatives visant à produire davantage de nourriture avec proportionnellement moins d’eau. Seule une nette amélioration de la gestion globale de l’irrigation et la rationalisation des pratiques de culture et d'élevage permettront de maîtriser la hausse de la consommation d'eau dans le monde.

Deuxièmement, le risque de pénurie d’eau est aggravé par le changement climatique, en particulier dans les zones les plus arides du monde. Le réchauffement influe sur les réserves en eau à plusieurs niveaux: évaporation plus importante des étendues d'eau, diminution du niveau des nappes phréatiques, événements météorologiques extrêmes plus fréquents (sécheresse, inondations), modification des zones climatiques et des saisons, etc.
Autre problème : la pollution. Pesticides, bactéries, engrais et déchets industriels peuvent contaminer durablement les nappes phréatiques. C'est le cas par exemple des nitrates utilisés en agriculture, qui s'infiltrent dans le sol et polluent les eaux souterraines.

Pour toutes ces raisons, la satisfaction de l’ensemble des besoins en eau potable de l’humanité est un enjeu de taille pour les années à venir. Aujourd’hui déjà, un habitant sur cinq n’a pas accès à l'eau potable.
Mieux gérer la consommation d'eau est donc une priorité, car on estime qu'au moins un tiers de l'eau prélevée dans le monde est gaspillée (fuites dans les réseaux d'approvisionnement, irrigation excessive en agriculture…).
Pour tenter d’inverser cette tendance, diverses solutions existent qui permettent de diminuer la consommation en eau et d’en limiter les pertes : améliorer l’efficacité des techniques d’irrigation et surtout généraliser l’usage des méthodes agricoles les plus performantes, rénover les structures de production et de distribution d’eau potable et en construire de nouvelles, préserver les réserves, lutter contre la pollution, entre autres en assainissant les eaux usées, recycler l'eau ... Mais toutes ces mesures ont un coût et nécessitent d'énormes investissements.

En dehors des rares périodes de restriction de l’arrosage des jardins et du lavage des voitures, la plupart des habitants des pays développés ne prêtent que peu d’attention à la manière dont ils utilisent l’eau, et encore moins à son coût réel et à sa provenance. Or, en modifiant nos habitudes quotidiennes, nous pouvons contribuer à économiser l'eau de manière efficace si les bons gestes sont appliqués par le plus grand nombre. Par ailleurs, d'aucuns préconisent d'attribuer une valeur économique à l'eau, bien commun par excellence, afin que les coûts « invisibles », comme ceux induits par la pollution, soient répercutés sur les prix du marché.
Compte tenu de son caractère indispensable et des problématiques associées à l'eau, la consommation en eau par habitant est désormais considérée comme un indicateur du développement économique d'un pays. Selon une étude des Nations Unies, l'eau pourrait même devenir, d'ici à 50 ans, un bien plus précieux que le pétrole. C’est dire toute l’importance de cette ressource que d’aucuns appellent déjà « l’or bleu ».

Un monde qui manque d'eau est essentiellement un monde instable. Certains pensent que les crises provoquées par la pénurie d'eau dans un nombre de pays de plus en plus élevé empêcheront d'améliorer les niveaux de vie et la santé des populations, entraînant même des risques de guerres. La recherche de solutions à cette problématique doit donc désormais être une priorité absolue pour tous les pays du globe.

Quelques chiffres:
Un Américain du nord consomme en moyenne 600 litres d’eau par jour, un Africain moyen environ 30 litres et un Européen entre 150 et 200 litres d’eau par jour.

Nous pouvons économiser l’eau au quotidien en changeant quelques uns de nos gestes :

- je prends une douche plutôt qu’un bain et je coupe l'eau quand je me savonne. Un seul bain utilise 250 litres d’eau contre 50 litres pour une douche !

- je ferme le robinet pendant que je me brosse les dents, car si je le laisse ouvert, c’est 12 litres d’eau par minute qui partent pour rien. Cela représente un gaspillage de 10 000 litres d’eau par an.

- je vérifie qu’il n’y a pas de fuites d’eau chez moi. Un robinet qui goutte, à raison de 6 gouttes par 10 secondes, c’est 12 litres d’eau qui coulent pour rien en une journée, soit plus de 4 000 litres par an ... Une chasse d’eau qui fuit, c’est 80 litres d’eau par heure ... ça fait beaucoup d’eau gaspillée !

Alexis Boniface

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10 - PROGRAMME D'ÉDUCATION ENVIRONNEMENTALE EN MILIEU SCOLAIRE AU GABON

Petit aperçu des actions de l’Institut au Gabon sur 1 an
Grâce à vos dons et certains partenaires au Gabon (Ambassade de France et Rapac), en un an, entre avril 2010 et mars 2011, trois campagnes de sensibilisation ont été menées par l’Institut Jane Goodall France en milieu scolaire, permettant la sensibilisation de plus de 2800 enfants au Gabon.


A Mouila, les interventions ont été réalisées par le coordinateur lui-même en partenariat avec une ONG locale, Muyissi Environnement, dont 8 membres ont été formés à cette occasion afin d’être à même de conduire une campagne d’éducation sur le thème des grands singes.


Trois animatrices, Arielle, Christy et Perrine, ont été recrutées par l’Institut et ont animé à Libreville, sous la supervision du coordinateur des programmes d’éducation environnementale, 120 interventions dans 20 établissements scolaires.

A Mouila, les interventions ont été réalisées par le coordinateur lui-même en partenariat avec une ONG locale, Muyissi Environnement, dont 8 membres ont été formés à cette occasion afin d’être à même de conduire une campagne d’éducation sur le thème des grands singes.


Date Lieu Nombre établissements Nombre enfants
    et classes  
Avril - Juin 2010 Libreville 11 (25 classes) 768
Novembre 2010 / Janvier 2011 Mouila 9 (19 classes) 750
Mars - Avril 2011 Libreville 10 (31 classes) 1346
    30 (75 classes) 2864
Les programmes d'éducation environnementale avec le soutien de
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11 - NOUVELLE CAMPAGNE D’EDUCATION ENVIRONNEMENTALE SUR LES GRANDS SINGES DANS LES ECOLES DE LIBREVILLE

Ces mois de mars et avril 2011, l’Institut est intervenu au sein de 10 établissements scolaires publics de Libreville afin de« faire connaissance avec les grands singes ». En collaboration avec la Coopération Française et son projet « Faire des sciences à l’école » et grâce à un appui financier de l’Ambassade de France au Gabon, il s’agit de sensibiliser les enfants d’une trentaine de classes de 4e et 5e années (CM1 et CM2, enfants de 9 à 12 ans) par des animations s’inscrivant au sein des programmes scolaires.
Comment solliciter l’esprit critique des enfants ? Comment leur faire adopter une démarche scientifique (faite d’observations, hypothèses, expériences et conclusions) en interpellant leur curiosité, car qui dit curiosité, dit intérêt ?


Les grands singes, que connaissez-vous d’eux ?
Il s’est agi dans un premier temps d’amener les enfants à exprimer leurs connaissances et leurs représentations sur le chimpanzé et le gorille, puis de leur faire découvrir et comprendre des données plus scientifiques sur ces deux espèces avant de finir par un temps de discussion.

Différentes thématiques ont ainsi été abordées :
- Qui sont les grands singes présents au Gabon et où vivent-ils ?
- Comment vivent-ils (vie sociale, comportement…) ?
- Quels sont leurs rôles au sein de la forêt ?
- Pourquoi s’agit-il d’espèces protégées ?

Observer, décrire, comprendre
L’approche des animations a été ciblée sur la découverte des grands singes par l’échange et l’observation afin d’enthousiasmer les élèves et de les faire réagir de manière ludique sur des sujets parfois délicats à aborder, comme le fait que l’homme est lui aussi un grand singe.
En donnant la parole aux enfants à partir des supports que nous leur proposions (film, dessins de différentes espèces animales et représentation de l’écosystème forestier, moules de main et pied de gorille), ils ont pu exprimer eux-mêmes les nombreuses ressemblances anatomiques et comportementales existant entre les hommes et les autres espèces de la famille des grands singes. Ils ont également compris leur rôle principal de disséminateur de graines et de jardinier de la forêt.


La discussion par laquelle nous avons clôturé chacune de nos rencontres a toujours été enrichissante. La plupart du temps, les élèves répondaient eux-mêmes aux questions de leurs camarades :
« Qu’est-ce qu’on va manger si on ne peut plus manger les grands singes ?
- Les autres espèces non protégées ! »
« Moi, pour protéger le chimpanzé, je vais le prendre chez moi.
- Mais non, là où il vit, c’est dans la forêt ! »
Les directeurs, enseignants et les conseillers pédagogiques se sont souvent joints à nos rencontres et se sont prêtés au jeu des animations.

La campagne en est à mi-parcours
La première phase d’animation vient de se terminer et l’évaluation de notre campagne débute. Cette phase permettra de mesurer les notions que les enfants ont retenues lors de notre passage et de vérifier si notre message était adapté, tant au niveau des connaissances inculquées qu’en termes de communication et de pédagogie utilisées.
Au total, c’est près de 1 350 enfants qui auront été sensibilisés à la protection des grands singes et de la biodiversité à l’aide de supports tirés de la « malle pédagogique des grands singes » conçue par le MNHN, le PCGS, l’UNESCO et la Coopération Française. En évoquant les grands singes, leurs rôles au sein de la forêt tropicale et les dangers qui menacent leur survie, il a souvent été abordé de nombreux autres sujets relatifs à l’importance de protéger notre environnement et la nécessité que chacun s’y implique.
Souhaitons que les prochaines campagnes prévues par l’Institut dans le pays reçoivent le même accueil par les équipes pédagogiques et suscitent le même enthousiasme de la part des enfants.

Emmanuel Chartrain

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12 - Forte pression sur les populations de chimpanzés sauvages au Gabon

L’Institut Jane Goodall est engagé au Gabon dans un programme de conservation et de protection des populations de chimpanzés sauvages ainsi que de protection et d’amélioration des conditions de vie de chimpanzés captifs ou orphelins.

Au moins 28 bébés chimpanzés et gorilles arrachés à leur mère en 2010 !

Constitué par un certain nombre de partenaires réunis au sein de l’Alliance Grands Singes Gabon, le réseau d’alerte Grands Singes Orphelins a recensé 28 chimpanzés et gorilles en danger au Gabon au cours de l’année 2010. Et ce n’est malheureusement que l’arbre qui cache la forêt !
Certains ont été découvert dans des villages, d’autres en vente sur des parkings de grande surfaces à Libreville, d’autres encore détenus chez des particuliers ou des hôteliers, tout ceci de manière illégale puisque le Code Forestier gabonais de 2001 interdit la chasse, la capture, la vente, le transport et la détention des espèces intégralement protégées dont font partie le chimpanzé et le gorille.


Parmi ces 28 animaux, seuls deux chimpanzés (dont Ogooué en photo) ont pu être placés dans un centre d’accueil et trois (2 gorilles dont 1 en photo et 1 chimpanzé) sont décédés suite à des blessures ou absence de soins. Les autres sont en général détenus par des particuliers ou des hôteliers qui ne souhaitent pas s’en séparer ou sont portés disparus (animaux en vente ou aperçu dont nous avons perdu la trace, tel le petit gorille de Mayumba).

Que pouvons-nous faire pour arrêter cela ?

Afin d’enrayer ce trafic au Gabon, nous travaillons aujourd’hui sur plusieurs axes :
La sensibilisation du grand public sur la protection des grands singes
L’éducation des enfants en milieu scolaire à la protection de l’environnement
Le recensement des cas d’infraction à la loi concernant la protection des grands singes et la mise à disposition de ces informations aux administrations compétentes
Le suivi de l’application de la loi et des cas d’infraction constatés, en lien avec le Ministère des Eaux et Forêts et l’Alliance Grands Singes Gabon.

L’étude de faisabilité de création par un pool de partenaires d’un nouveau sanctuaire pour accueillir les chimpanzés orphelins à proximité de Libreville, afin de leur donner des soins adaptés et un avenir, et afin d’accentuer la sensibilisation et la répression
Cette année 2011, alors que la période de chasse vient de débuter au Gabon (ouverture du 15 mars au 15 septembre), nous craignons une recrudescence des cas de jeunes chimpanzés ou gorilles dont les mères auront été tuées par des braconniers et qui seront mis en vente comme animaux domestiques.
Pour 3 grands singes sauvés, combien souffrent ?
Deux bébés gorilles femelles ont déjà été récupérés par des structures d’accueil ainsi qu’un bébé chimpanzé de quelques mois, Flore, qui a pu être sauvé grâce aux premiers soins prodiguée par une passionnée dans l’attente de son transfert vers un centre adapté (le CIRMF pour une quarantaine dans un 1er temps puis le parc de la Lékédi).
Le vendeur de Flore puis son ancien détenteur ont été arrêtés par les agents des Eaux et Forêts et la gendarmerie. Si ce dernier a bien été mis en garde à vue et présenté au procureur, une première au Gabon pour un « propriétaire » de chimpanzé vivant, il a malheureusement été relaxé par le tribunal après un verdict non coupable...
Pour 3 grands singes sauvés, combien souffrent et meurent encore du fait de l’incivisme, de l’irresponsabilité et de l’appât du gain de quelques-uns de leurs cousins ?
Espérons que les efforts entrepris par l’Institut et ses partenaires portent leurs fruits, en particulier en cette année internationale des forêts et, au Gabon, à l’occasion de la Coupe d’Afrique des Nations dont la mascotte n’est autre qu’un gorille !

Cécile Martin

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13 - MOUSS OU LA VIE AU CIRQUE

Depuis 10 ans, Mouss vit en captivité à Libreville. La troupe du « cirque de l’équateur », qui a souvent fait des spectacles auprès des enfants, détient ce chimpanzé mâle qui n’a vécu qu’en captivité, souvent en cage ou attaché à une chaîne. Depuis qu’il est devenu adolescent (sub-adulte), il s’est régulièrement échappé et a causé des accidents auprès du voisinage. Aussi le cirque cherche-t-il à s’en séparer.

Mouss n’a probablement aucun souvenir de la liberté.
Cela vaut probablement mieux pour lui.
Car s’il possède encore quelques évocations de la forêt ou de sa famille, de la mort de ces semblables lors de sa capture, alors Mouss serait probablement moins affectueux avec ses tortionnaires.


Le cirque de l’équateur et l’Institut se sont rencontré afin d’évoquer l’avenir de ce chimpanzé. Mais l’acceptation de son transfert vers une structure d’accueil plus adaptée nécessite une « compensation » aux yeux de ses « propriétaires ». Inacceptable.
Comment sera la prochaine décennie pour Mouss ? Un cadenas de plus viendra-t-il s’ajouter pour calmer ses ardeurs ?

Emmanuel Chartrain

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14 - LA BIODIVERSITÉ EN MILIEU URBAIN À IVRY-SUR-SEINE

Les enfants de la classe de CE2A de Madame Joubert, à l’école élémentaire Joliot Curie B d’ Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), se sont engagés cette année scolaire, à étudier la biodiversité en milieu urbain.

Ils ont donc commencé par observer l’espace vert présent dans leur école et après avoir remarqué la venue de quelques insectes pollinisateurs comme le bourdon commun et le syrphe, ils ont entrepris de mieux connaître les abeilles et de leur venir en aide car elles sont menacées d’extinction. Plusieurs facteurs sont responsables du « syndrome d’effondrement des abeilles » : monoculture, pesticides, insecticides, introduction du frelon asiatique, déclin des plantes à fleurs, ... et la liste n’est pas terminée.

 

 

80% des plantes à fleurs dépendent de la pollinisation par les insectes et principalement par les abeilles ! Avec l’aide d’un apiculteur, Julien Desodt, les enfants ont préparé 5 ruches : peinture, filage des cadres, pose des plaques de cire alvéolée. Ces 5 ruches ont été installées sur les terrasses du siège de la Fnac Bords de Seine.

 

 

Voici ce que les enfants du groupe Roots & Shoots de l’Institut Jane Goodall ont pu atteindre comme objectifs :

> parrainer un chimpanzé en Afrique de l’ou est (sanctuaire de Tchimpounga),

> parrainer 8000 abeilles au rucher de Cours Doux situé en plein cœur de la région de la Brie Verte à Féricy (Seine-et-Marne),

> installer un abri pour abeilles solitaires, préparer 5 ruches pour abeilles domestiques,

> fabriquer du compost,

> faire pousser des plantes mellifères,

> participer au nettoyage de l’espace vert de l’école,

> mettre en place dans toutes les classes de l’école, le tri sélectif : récupération du papier, du carton et du plastique,

> adopter des gestes quotidiens d’écocitoyenneté,

> préparer une exposition dans l’école afin de sensibiliser les enfants et les adultes au respect de la biodiversité.

La création de ce groupe, leur a également permis d’être mis en relation avec un autre groupe Roots & Shoots « Children’s Nature Guide » vivant à Louisville au Kentucky. Une correspondance scolaire s’est installée afin de con naître leurs projets respectifs.

Madame Joubert - Classe de CE2A – Ecole primaire Joliot Curie B – Ivry-sur-Seine
Année scolaire 2010 – 2011



Ghislaine Joubert
Classe de CE2A – Ecole primaire Joliot Curie B – Ivry-sur-Seine - Année scolaire 2010 – 2011


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15 - Jane, Charlotte et Vanina, 3 femmes pour sauver les grands singes

Les créatrices Vanina Escoubet et Charlotte Sometime s’associent à l’Institut Jane Goodall France et créent une ligne de tee-shirts et accessoires chics et ultra féminin (foulards et pochettes) dont l’intégralité des bénéfices des ventes sera reversée à l’Institut, notamment au programme éducatif 2011 au Gabon.

L’ensemble de la ligne est en coton biologique (label « bio tissus » en provenance de Turquie, et label « Confiance textile » qui garantit l’absence ou la très faible teneur de produits chimiques), conçu et fabriqué en France avec une impression à l’eau. Jane Goodall, elle-même, a déjà adopté le foulard !

Il s’agit d’une édition limitée à 50 exemplaires pour chaque pièce, exclusivement en vente à la boutique de Vanina Escoubet, sur les sites internet de Charlotte Sometime et de l’Institut Jane Goodall France.


Top, foulard et pochette – Vanina Escoubet T-shirt – Charlotte Sometime


Charlotte Sometime : boutique en ligne : www.charlottesometime.bigcartel.com

Vanina Escoubet : boutique-atelier, 1 rue Henry Monnier 75009 Paris. Tél. 0142743142
Métro Pigalle ou Saint-Georges. Ouvert de 11h à 19h30 du mardi au samedi.

Institut Jane Goodall France : www.janegoodall.fr/boutique

Tiphaine Illouz

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16 - ERRATUM

Une erreur s’est glissée dans le livre du Docteur Jane Goodall :
« Nous sommes ce que nous mangeons » Editions Actes Sud.



A la page 260, dans le tableau récapitulatif de la quantité d’eau nécessaire à la production de 1 kg de nourriture (selon les méthodes agricoles courantes).
Pour ce qui concerne : 1 kilo de viande de bœuf, il faut lire 99 924 litres d’eau (à la place des 999 348 litres indiqués).
Cette erreur s’est produite lors de la traduction de :
“26 400 gallons of water required to produce about 2 pounds of beef”

Ghislaine Joubert

Actuellement disponible dans la boutique en ligne www.janegoodall.fr/boutique

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Ce magazine a été réalisé par des bénévoles de l'Institut Jane Goodall France,
conception graphique et photographies sous différents ©,
mises gracieusement à disposition de l'Institut.

Directeur de la rédaction : David Lefranc
Rédaction : Alexis Boniface, Carol Caray, Emmanuel Chartrain, Jane Goodall, Tiphaine Illouz. Ghislaine Joubert, Céline Kaleka, Noëlla Lefebvre, Shane Lillis, Cécile Martin, Alexandra Montpert,

Directeur de la publication, conception et réalisation graphique :
Jeroen Haijtink

Ont collaboré à ce numéro ; Sandrine Mahé, Bettina Salle, Tony Comiti

Tous droits de reproduction réservés © 2011 - Périodicité : Semestriel

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