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 ORANG-OUTAN 
(La reproduction des textes et photos France est strictement interdite)


orang outan
© Tomo.yun    
Nom scientifique Pongo pygmaeus & Pongo abelii
Taille mâle : 140 cm
femelle : 110 cm
Poids mâle : 80 à 90 kg
femelle : 30 à 45 kg
Espérance de vie    de 30 à 40 ans
Gestation 245 jours



L’orang-outan est le plus discret et peut-être le plus méconnu des grands singes, c’est aussi le seul d’entre eux qui vit en Asie, ses cousins étant tous africains. Autrefois présent à travers toute l’Asie, jusqu’en Chine et en Thaïlande où une dent fossile âgée de 10 millions d’années ressemblant étrangement aux dents des orangs-outans actuels a été découverte très récemment; la distribution actuelle des populations d’orangs-outans se limite aux seules îles de Bornéo et de Sumatra en Indonésie et en Malaisie.



Son pelage roux
le distingue de ses cousins à la fourrure ébène.
Quasi exclusivement arboricole, exception faite des mâle adultes pouvant faire quelques incursions au sol, l’orang-outan a de très longues mains et des pieds dont la forme se rapproche beaucoup de celle de mains préhensiles, qui lui permettent d’évoluer sans difficultés d’arbre en arbre, s’agrippant aux branches avec une grande dextérité.

orang outan
© Tomo.yun

Avec un poids variant entre 37,8 kg en moyenne pour les femelles et 83,6 kg pour les mâles, l’orang-outan est non seulement le plus grand primate asiatique mais aussi le plus grand mammifère arboricole actuel.

Les orangs-outans vivent au sein de divers types de forêts tropicales humides, à savoir les forêts de Dipterocarpaceae, les forêts marécageuses de tourbières, les forêts de bruyères et les zones montagneuses jusqu’à une altitude de 2000 mètres, même s’ils favorisent plus particulièrement les zones proches des rivières et les zones marécageuses. Ces contraintes ont d’ailleurs séparé Bornéo en quatre zones distinctes, comme des parts de gâteau, pouvant abriter chacune une population d’orangs-outans et les taxonomistes pensent que ces populations ont évolué de façon indépendantes sans croisements, et ont abouti à 3 ou 5 types (peut-être sous-espèces) d’orangs-outans différents. Aujourd’hui on distingue deux espèces à part entière : Pongo abelii, l’orang-outan de Sumatra et Pongo pygmaeus, l’orang-outan de Bornéo.

Diurnes, les orangs-outans arpentent chaque jour la forêt se levant entre 6h30 et 8h du matin pour se coucher aux alentours de 18h. La matinée est essentiellement consacrée à l’alimentation (ils sont essentiellement frugivores mais lorsque les fruits viennent à manquer ils se tournent vers les feuilles, les écorces et ne négligent pas quelques termites et fourmis de temps en temps). Chaque séance de nourrissage s’intercalent souvent avec des périodes de locomotion à travers la forêt vers les sources de nourriture. La température augmentant, l’activité se fait moindre et il est fréquent qu’ils fassent de longes siestes dans les arbres, se construisant le plus souvent des nids rudimentaires pour l’occasion. Le soir venu, chaque orang-outan adulte se construit un nouveau nid en hauteur, dans lequel il passera la nuit.

L’orang-outan est aussi le plus solitaire des grands singes même s’il est plus juste de parler de "socialité éclatée". On a parfois, et surtout à Sumatra de véritables regroupements d’individus en raison de l’abondance de fruits, dans des zones très riches ou bien à l’inverse, lors des périodes de pénurie, dans les figuiers à l’abondante fructification. On parle donc aujourd’hui plutôt de communautés d’orangs-outans et non plus des individus isolés et très solitaires.

C’est avec le gorille, le seul grand singe au dimorphisme sexuel très marqué.

En effet, les mâles orangs-outans possèdent à maturité un disque facial, excroissances charnues de chaque côté du visage et donnant à ce dernier une apparence quasi-lunaire, un sac laryngien ayant pour fonction d’amplifier les "cris longs" (ou "long calls") ainsi qu’une barbe et un très long manteau de poils dorsaux. Ces deux derniers caractères sont essentiellement marqués chez les orangs-outans de Sumatra au visage un tantinet plus oblong que leurs voisins de Bornéo à la face plus arrondie.
De plus les orangs-outans mâles de Sumatra possèdent un fin duvet de poils blancs sur leur disque facial.


Les orangs-outans possèdent également, comme les chimpanzés, une culture. Récemment, une étude comparative des populations d’orangs-outans sauvages a montré qu’il existait des variations comportementales importantes d’une population à l’autre, similaires à celles observées chez les chimpanzés sauvages. Vingt-quatre comportements traditionnels ont ainsi été répertoriés par les auteurs, parmi lesquels l’utilisation d’outils pour pêcher les insectes et pour ouvrir les gros fruits épineux de Neesia mais également des vocalises liées à la construction du nid (dénommées "raspberry", ou des techniques d’amplification des vocalises à l’aide de feuilles.

Aujourd’hui, l’orang-outan est gravement menacé. Son avenir est des plus sombre et si aucune mobilisation et action à grande échelle n’est entreprise, il aura très probablement disparu d’ici 2020. La déforestation galopante est en partie responsable de son déclin. Le commerce du bois tropical et la monoculture du palmier à huile en sont les deux raisons principales.

Mais l’orang-outan est aussi durement touché par le braconnage, des centaines de jeunes orangs-outans font les frais d’un trafic d’ampleur internationale.
Ils sont vendus comme des animaux de compagnie, comme des bébés de substitution ou comme le symbole d’appartenance à une certaine classe sociale.

Or pour capturer un jeune, il faut tuer sa mère et on estime que pour chaque bébé orang-outan arrivant sur le marché illégal, dix autres ont perdu la vie.

 

© Institut Jane Goodall France