
© James
Mollison * |
| Nom
scientifique |
Pongo pygmaeus &
Pongo abelii |
| Taille |
mâle : 140 cm
femelle : 110 cm |
| Poids |
mâle : 80 à
90 kg
femelle : 30 à 45 kg |
| Espérance
de vie |
de 30 à 40 ans |
| Gestation |
245 jours |
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© Tomo.yun
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L’orang-outan
est le plus discret
et peut-être le plus méconnu
des grands singes, c’est aussi
le seul d’entre eux qui vit en
Asie, ses cousins étant
tous africains. Autrefois présent
à travers toute l’Asie,
jusqu’en Chine et en Thaïlande
où une dent fossile âgée
de 10 millions d’années
ressemblant étrangement aux dents
des orangs-outans actuels a été
découverte très récemment;
la distribution actuelle des populations
d’orangs-outans se limite aux
seules îles de Bornéo
et de Sumatra en Indonésie
et en Malaisie.
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Avec un poids variant entre
37,8 kg en moyenne pour les femelles et 83,6
kg pour les mâles, l’orang-outan
est non seulement le plus grand primate
asiatique mais aussi le plus grand
mammifère arboricole
actuel.
Les orangs-outans vivent au sein de divers
types de forêts tropicales humides,
à savoir les forêts de Dipterocarpaceae,
les forêts marécageuses de tourbières,
les forêts de bruyères et les zones
montagneuses jusqu’à une altitude
de 2000 mètres, même s’ils
favorisent plus particulièrement les
zones proches des rivières et les zones
marécageuses. Ces contraintes ont d’ailleurs
séparé Bornéo en
quatre zones distinctes, comme des
parts de gâteau, pouvant abriter chacune
une population d’orangs-outans et les
taxonomistes pensent que ces populations ont
évolué de façon indépendantes
sans croisements, et ont abouti à 3
ou 5 types (peut-être sous-espèces)
d’orangs-outans différents.
Aujourd’hui on distingue deux espèces
à part entière : Pongo abelii,
l’orang-outan de Sumatra
et Pongo pygmaeus, l’orang-outan
de Bornéo.
© Tomo.yun
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Son pelage roux le
distingue de ses cousins à la
fourrure ébène.
Quasi exclusivement arboricole,
exception faite des mâle adultes
pouvant faire quelques incursions au
sol, l’orang-outan a de très
longues mains et des
pieds dont la forme se rapproche beaucoup
de celle de mains préhensiles,
qui lui permettent d’évoluer
sans difficultés d’arbre
en arbre, s’agrippant aux branches
avec une grande dextérité.
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Diurnes, les orangs-outans arpentent chaque
jour la forêt se levant entre 6h30 et
8h du matin pour se coucher aux alentours
de 18h. La matinée est essentiellement
consacrée à l’alimentation
(ils sont essentiellement frugivores
mais lorsque les fruits viennent à
manquer ils se tournent vers les feuilles,
les écorces et ne négligent
pas quelques termites et fourmis de temps
en temps). Chaque séance de nourrissage
s’intercalent souvent avec des périodes
de locomotion à travers la forêt
vers les sources de nourriture. La température
augmentant, l’activité se fait
moindre et il est fréquent qu’ils
fassent de longes siestes
dans les arbres, se construisant le plus souvent
des nids rudimentaires pour
l’occasion. Le soir venu, chaque orang-outan
adulte se construit un nouveau nid en hauteur,
dans lequel il passera la nuit.
L’orang-outan est aussi le plus solitaire
des grands singes même s’il est
plus juste de parler de "socialité
éclatée". On a
parfois, et surtout à Sumatra de véritables
regroupements d’individus en raison
de l’abondance de fruits, dans des zones
très riches ou bien à l’inverse,
lors des périodes de pénurie,
dans les figuiers à l’abondante
fructification. On parle donc aujourd’hui
plutôt de communautés
d’orangs-outans et non plus des individus
isolés et très solitaires.
C’est avec le gorille, le seul grand
singe au dimorphisme sexuel
très marqué.
En effet, les mâles orangs-outans possèdent
à maturité un disque
facial, excroissances charnues de
chaque côté du visage et donnant
à ce dernier une apparence quasi-lunaire,
un sac laryngien ayant pour fonction d’amplifier
les "cris longs" (ou "long
calls") ainsi qu’une barbe
et un très long manteau de
poils dorsaux. Ces deux derniers
caractères sont essentiellement marqués
chez les orangs-outans de Sumatra au visage
un tantinet plus oblong que leurs voisins
de Bornéo à la face plus arrondie.
De plus les orangs-outans mâles de Sumatra
possèdent un fin duvet de poils
blancs sur leur disque facial
Les orangs-outans possèdent également,
comme les chimpanzés, une culture.
Récemment, une étude comparative
des populations d’orangs-outans sauvages
a montré qu’il existait des variations
comportementales importantes d’une
population à l’autre, similaires
à celles observées chez les
chimpanzés sauvages. Vingt-quatre comportements
traditionnels ont ainsi été
répertoriés par les auteurs,
parmi lesquels l’utilisation
d’outils pour pêcher
les insectes et pour ouvrir les gros fruits
épineux de Neesia mais également
des vocalises liées
à la construction du nid (dénommées
"raspberry", ou des techniques
d’amplification des vocalises à
l’aide de feuilles.
Aujourd’hui, l’orang-outan est
gravement menacé.
Son avenir est des plus sombre et si aucune
mobilisation et action à grande échelle
n’est entreprise, il aura très
probablement disparu d’ici 2020.
La déforestation galopante
est en partie responsable de son déclin.
Le commerce du bois tropical
et la monoculture du palmier à
huile en sont les deux raisons principales.
Mais l’orang-outan est aussi durement
touché par le braconnage,
des centaines de jeunes orangs-outans font
les frais d’un trafic d’ampleur
internationale.
Ils sont vendus comme des animaux de compagnie,
comme des bébés de substitution
ou comme le symbole d’appartenance à
une certaine classe sociale.
Or pour capturer un jeune, il faut tuer sa
mère et on estime que pour
chaque bébé orang-outan
arrivant sur le marché illégal,
dix autres ont perdu la vie.
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