Avec un poids variant entre 37,8 kg en moyenne pour
les femelles et 83,6 kg pour les mâles, l’orang-outan
est non seulement le plus grand primate asiatique mais aussi le
plus grand mammifère
arboricole actuel.
Les orangs-outans vivent
au sein de divers
types de forêts tropicales humides, à savoir
les forêts de Dipterocarpaceae, les forêts
marécageuses
de tourbières, les forêts de bruyères
et les zones montagneuses jusqu’à une altitude
de 2000 mètres, même s’ils favorisent
plus particulièrement les zones proches des rivières
et les zones marécageuses. Ces contraintes ont d’ailleurs
séparé Bornéo en quatre zones
distinctes, comme des parts de gâteau, pouvant
abriter chacune une population d’orangs-outans et
les taxonomistes pensent que ces populations ont évolué de
façon indépendantes sans croisements, et
ont abouti à 3 ou 5 types (peut-être
sous-espèces) d’orangs-outans différents.
Aujourd’hui on distingue deux espèces à part
entière : Pongo abelii, l’orang-outan
de Sumatra et Pongo pygmaeus,
l’orang-outan
de Bornéo. |
Diurnes, les orangs-outans arpentent chaque jour
la forêt
se levant entre 6h30 et 8h du matin pour se coucher aux alentours
de 18h. La matinée est essentiellement consacrée à l’alimentation
(ils sont essentiellement frugivores mais lorsque
les fruits viennent à manquer
ils se tournent vers les feuilles, les écorces et ne négligent
pas quelques termites et fourmis de temps en temps). Chaque séance
de nourrissage s’intercalent souvent avec des périodes
de locomotion à travers la forêt vers les sources de
nourriture. La température augmentant, l’activité se
fait moindre et il est fréquent qu’ils fassent de longes
siestes dans les arbres, se construisant le plus souvent
des nids rudimentaires pour l’occasion.
Le soir venu, chaque orang-outan adulte se construit un nouveau
nid en hauteur, dans lequel il passera
la nuit.
L’orang-outan est aussi le plus solitaire des
grands singes même s’il est plus juste de parler
de "socialité éclatée".
On a parfois, et surtout à Sumatra de véritables
regroupements d’individus en raison de l’abondance
de fruits, dans des zones très riches ou bien à l’inverse,
lors des périodes de pénurie, dans les figuiers à l’abondante
fructification. On parle donc aujourd’hui plutôt
de communautés d’orangs-outans
et non plus des individus isolés et très solitaires.
C’est
avec le gorille, le seul grand singe au dimorphisme
sexuel très marqué.
En effet, les
mâles orangs-outans possèdent à maturité un disque
facial, excroissances charnues de chaque côté du
visage et donnant à ce dernier une apparence quasi-lunaire,
un sac laryngien ayant pour fonction d’amplifier les "cris
longs" (ou "long calls") ainsi qu’une barbe et
un très long manteau de poils dorsaux.
Ces deux derniers caractères sont essentiellement
marqués chez les orangs-outans de Sumatra au visage
un tantinet plus oblong que leurs voisins de Bornéo à la
face plus arrondie.
De plus les orangs-outans mâles de Sumatra possèdent
un fin duvet de poils
blancs sur leur disque facial. |
Les orangs-outans
possèdent également, comme les chimpanzés,
une culture. Récemment, une étude
comparative des populations d’orangs-outans sauvages a
montré qu’il
existait des variations comportementales importantes
d’une
population à l’autre, similaires à celles
observées
chez les chimpanzés sauvages. Vingt-quatre comportements
traditionnels ont ainsi été répertoriés
par les auteurs, parmi lesquels l’utilisation d’outils pour
pêcher les insectes et pour ouvrir les gros fruits épineux
de Neesia mais également des vocalises liées à la
construction du nid (dénommées "raspberry",
ou des techniques d’amplification des vocalises à l’aide
de feuilles.
Aujourd’hui, l’orang-outan
est gravement
menacé. Son avenir est des plus sombre
et si aucune mobilisation et action à grande échelle
n’est entreprise, il aura très probablement disparu
d’ici 2020. La déforestation galopante
est en partie responsable de son déclin. Le commerce
du bois tropical et la monoculture du
palmier à huile en
sont les deux raisons principales.
Mais l’orang-outan
est aussi durement touché par le braconnage,
des centaines de jeunes orangs-outans font les frais d’un
trafic d’ampleur internationale.
Ils sont vendus comme des animaux de compagnie, comme des
bébés de substitution ou comme le symbole
d’appartenance à une certaine classe sociale. |
Or pour capturer un jeune, il faut tuer sa mère et on estime
que pour chaque bébé orang-outan
arrivant sur le marché illégal, dix
autres ont perdu la vie.
© Institut Jane Goodall
France