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ÉDUCATION / Roots & Shoots

root and shoots
 





Programme ÉDUCATIF : Roots & Shoots

Un programme éducatif humanitaire pour l'environnement pour et par les jeunes du monde entier, initié par Jane Goodall.

POURQUOI ROOTS & SHOOTS ?

Le programme Roots & Shoots rassemble des jeunes du monde entier. Les jeunes réagissent aux problèmes que l'homme inflige à la Terre comme la destruction des forêts, la désertification, le changement climatique, la pollution de l'eau et de l'air, la faim dans le monde, les guerres...


Le programme Roots & Shoots est un message d'espoir : Il n'y a pas de fatalisme. Les jeunes peuvent améliorer le sort du monde.

Pour plus d'infos :

HISTORIQUE

Un jour de février 1991, le docteur Jane Goodall reçoit un groupe de jeunes tanzaniens désireux de s'investir pour la protection des animaux et de l'environnement.

Que pouvaient-ils faire pour rendre ce monde meilleur ?
Roots & Shoots avait germé ! Ce fût le début de l'aventure du programme humanitaire en matière d'environnement pour les jeunes.
  © JGI

QU'EST-CE QUE ROOTS & SHOOTS ?

"Tout être vivant compte, chaque individu a un rôle à jouer, chacun peut contribuer à changer le cours des choses." - Jane Goodall -

Roots & Shoots est un programme éducatif international, environnemental et humanitaire pour les jeunes.

Il permet aux enfants et aux adolescents, de la maternelle au lycée de prendre des initiatives et de travailler ensemble afin d'améliorer l'environnement, la protection des animaux, l'aide sociale ou bien encore le soin à autrui.

Par le biais de projets à l'échelle locale, le programme centre ses activités sur l'apprentissage pratique, l'échange sous la forme d'un réseau international et les services communautaires.




"C'est seulement en comprenant que nous pouvons éprouver de la sollicitude, c'est seulement grâce à cette sollicitude que nous pouvons aider, c'est seulement en aidant que tout sera sauvé."

- Jane Goodall -


© JGI  
 


OBJECTIFS DE ROOTS & SHOOTS

Les souffrances des animaux, de l'environnement et des hommes sont dans bien des cas très intimement liées. Cette constatation semble justifiée dans les pays les plus pauvres comme dans les pays les plus riches de la Terre.

C'est pourquoi la mission de Roots & Shoots vise à encourager la compréhension, favoriser le respect et la compassion et inciter chaque individu à mener des actions dans trois domaines majeurs :

. L'environnement (naturel et/ou façonné par l'homme)
. La communauté animale (sauvage et/ou domestique)
. La communauté humaine

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Roots & Shoots DANS LE MONDE

Roots & Shoots,
c'est plus de 9000 groupes de jeunes actifs
répartis dans plus de 100 pays.

Ils nettoient des lits de rivières, ils informent leurs camarades à propos des espèces menacées d'extinction et de l'importance des soins et du bien être de tous les animaux, ils organisent des évènements au cours desquels on célèbre différentes cultures.

En 1993, Jane Goodall a encouragé les groupes Roots & Shoots à construire de gigantesques colombes pour qu'elles prennent leur envol dans le cadre de la journée internationale de la paix le 21 septembre. Au cours de cette extraordinaire manifestation mondiale, le Secrétaire Général des Nations Unies, Kofi Annan, s'est joint au Dr. Goodall pour participer à l'envol d'une colombe au siège des Nations Unies à New York.
© Michael Neugebauer  


Redonner de l'espoir à un camp de réfugiés en Ethiopie

Le camp de réfugiés de Shimelba, qui abrite 12 000 réfugiés érythréens, est situé dans une zone aride et poussiéreuse, non loin de la frontière avec l'Erythrée.

Les groupes de jeunes Roots & Shoots de Shimelba ont été créés il y a trois ans par l'International Rescue Committee (IRC), une organisation humanitaire qui offre des services d'éducation et de soins aux personnes dans le besoin. Les travailleurs de l'IRC voulaient rendre l'estime de soi et redonner courage aux jeunes réfugiés qui avaient déjà tant perdu dans leur vie.
Les groupes Roots & Shoots ont commencé à construire 50 maisons pour les résidents du camp les plus fragiles : personnes âgées, malades mentaux, jeunes femmes... Une équipe de 15 jeunes peut construire une maison en deux jours.


© Michael Neugebauer


Les membres des groupes Roots & Shoots de Shimelba s'occupent également des animaux présents dans le camp. Une fois tous les quinze jours, ils nettoient les abreuvoirs utilisés par les chèvres, les ânes, les chiens, les volailles et les chameaux du camp. « Parfois, sans s'en rendre compte, les gens maltraitent ou négligent leurs animaux domestiques », déclare Baihalu Mekonnen, le responsable du programme de l'IRC pour les jeunes, « alors nous essayons juste de sensibiliser les gens à bien traiter leurs animaux. »

Les camps de réfugiés comme celui de Shimelba ont souvent un impact négatif sur l'environnement naturel car ils concentrent un grand nombre d'individus dans un espace très réduit. Pour aider à résoudre ce problème, les membres de Roots & Shoots ont planté des jeunes plantes et encouragent les autres membres de la communauté à en faire autant.
« De nombreux jeunes resteraient simplement assis là, déprimés ou frustrés », explique Baihalu. « Roots & Shoots est un bon moyen de garder ces jeunes occupés et de leur permettre de faire quelque chose de constructif et d'utile à leur communauté. »

La création par l'IRC de groupes de jeunes Roots & Shoots dans les camps de réfugiés de Shimelba et de Yarena a été rendue possible grâce au soutien de l'UNHCR et de Stichting Vluchteling.




DES EXEMPLES D'ACTIONS ROOTS & SHOOTS

Environnement :

. Belgique :
Depuis septembre 2003, à Tremelo, un vrai jardin à papillons a été créé, où est organisée une action plus spécialisée sur les différentes sortes de fleurs, de plantes et de papillons.

. Canada :
En Ontario, des jeunes collectent et recyclent des cartouches d'encre pour imprimantes. Ce projet ne sert pas seulement à éviter que ces déchets souillent la nature, mais il permet aussi de collecter des fonds pour financer les projets du groupe Roots & Shoots.

  © JGI


Animaux :

. Italie :
Les élèves de l'école Barberino di Mugello ont mené un projet destiné à améliorer les conditions de vie d'un chimpanzé nommé "Bingo", résident depuis 14 ans au Zoo de Livourne. Ils ont ainsi créé différents objets (comme des boîtes de puzzle, des nids de termites) afin d'enrichir l'environnement de Bingo. Grâce aux enfants, Bingo a une vie plus intéressante et stimulante.

Communautés humaines :

. Hong Kong:
JGI Hong Kong a récemment uni ses efforts avec le Département de la protection environnementale de Hong Kong pour mettre au point et gérer une série de programmes intitulés Student Leadership Programmes. Ces programmes visent à réunir 150 élèves des écoles secondaires de toute la région de Hong Kong pour leur permettre d’en apprendre davantage sur leur environnement et leur communauté locale, ainsi que pour leur apprendre à mettre en place leurs propres projets Roots & Shoots au sein de leurs établissements. Au mois de mars, Roots&Shoots a organisé un atelier « Conscience environnementale à Hong Kong », illustrant la manière dont les professeurs d’anglais pouvaient aider leurs jeunes étudiants à améliorer leur connaissance des problèmes environnementaux.

. Portugal :
Roots & Shoots Portugal continue de croître. De nouveaux groupes ont vu le jour suite à l’organisation d’ateliers R & S destinés au grand public. Il existe à présent huit groupes participant activement à la mise en œuvre de projets concrets. Après sa rencontre avec le coordinateur de Roots & Shoots Népal, Manoj Gautam, à l’occasion de la première réunion internationale Roots & Shoots qui s’est tenue en 2007 aux Pays-Bas, Constança Carvalho de R&S Portugal s’est rendu au Népal pour aider au développement du programme R&S dans ce pays. Pendant son séjour, Constança a surtout travaillé dans un centre de réhabilitation de la faune.


. Belgique :
Un certain nombre d'enfants de l'école Ter Emelo, rendent visite à la maison de repos "Edelweis" toutes les deux semaines. L'idée est d'emmener leur animal de compagnie sur place, et de donner ainsi aux pensionnaires aimant les animaux, la chance de les caresser, de les cajoler, d'entendre parler d'eux, etc... Certains de ces pensionnaires ont malheureusement dû se séparer de leur animal de compagnie pour pouvoir habiter à la maison de repos.

 

A Lagos au Nigéria, les étudiants de Roots & Shoots se sont récemment joints aux efforts mis en place pour stopper la propagation de la malaria en enlevant des camions remplis de débris sur une route. Ceci est juste une action parmi des centaines d’autres menées par les groupes Roots & Shoots autour du monde afin d’améliorer la vie dans leur communautés et ailleurs.

Ci-dessous vous trouverez quelques actions récentes menées par les groupes Roots & Shoots, qui dénotent de la créativité et de l’énergie de leurs jeunes membres.



     Prévenir les inondations

Le groupe de Roots & Shoots ‘Ostrich’ à Lagos au Nigéria, a remarqué qu’une autoroute était inondée chaque fois qu’il pleuvait, à cause de débris qui bloquaient les bouches d’évacuations. Les débris qui se déversaient sur la route étaient néfastes pour l’environnement et les inondations qui en résultaient provoquaient des conditions dangereuses pour le trafique routier.
Par ailleurs, l’eau stagnante faisait peser une menace sérieuse sur la santé de 2000 personnes vivant dans cette zone, devenant un terrain propice à la reproduction de moustiques, qui transportent le virus de la malaria et d’autres maladies.
Les membres de Roots&Shoots ont donc déblayé les débris bloquant la route à bord de camions bennes loués au gouvernement nigérian.


     Instruire les compagnons de cellule


Des membres de ‘PROTECT’, un groupe de prisonniers Roots & Shoots, continue à enseigner le mathématique et l’espagnol aux autres prisonniers dans une prison de Californie; un projet parmi d’autres auxquels ils participent. PROTECT, qui veut dire « les prisonniers qui atteignent et instruisent les enfants et adolescents » est basé à la prison d’Etat de Pelican Bay, un centre pénitentiaire haute sécurité à Crescent City. Avec l’aide des membres de la famille non incarcérés, les membres de PROTECT ont ramassé des vêtements au sein de leur communauté pour aider les plus nécessiteux.
PROTECT a récemment formé un autre groupe Roots & Shoots à la prison Lancaster de Los Angeles.


     Sauver les tortues

Le groupe Roots & Shoots ‘Neelankaria Kop’ en Inde a démarré une campagne pratique visant à protéger les tortues marines Olive Ridley qui sont en danger. Ils ont construit des structures composées de mâts en bambou et de grillage afin de protéger les œufs de tortues sur la plage. Ils patrouillent aussi la zone la nuit par groupe de trois pour aider les tortues qui viennent d’éclore, vers leur voyage pour la mer.


     Rencontrer des correspondants militaires

Pendant les vacances, le groupe Roots & Shoots de Corona en Californie a commencé à écrire aux corps de l’unité d’armée 1-185 pour remonter le moral des soldats. Le groupe a récemment accueilli deux militaires. Les soldats sont rentrés chez eux d’Iraq en février et ont apporté un drapeau iraqien encadré et dédicacé, qui sera exposé dans le hall d’accueil du centre. Ils ont aussi fait une démonstration de l’équipement utilisé en Iraq au public, parmi lequel se trouvait le maire de Corona, Pro Tem Karen Spiegel. ‘Tutor Time’ a adopté Roots & Shoots dans son programme d’enseignement national.


     Aider les oiseaux chanteurs orphelins

Le groupe Roots & Shoots ‘Shasta’ à Cottonwood en Californie, a augmenté le taux de survie des oiseaux chanteurs orphelins en leur apprenant des techniques de survie et des chants. Les membres ont diffusé des chants d’oiseaux enregistrés aux orphelins, ont ramassé des plantes, baies, crapeaux et insectes, installé des perchoirs et mis en place des pièges à mouches et mangeoirs pour améliorer l’habitat des oiseaux orphelins. Ils ont aussi organisé une exposition dans la bibliothèque publique du Comté de Shasta à des fins pédagogiques. En effet, il est essentiel d’expliquer les actions à mener et les règles à respecter lorsque l’on sauve des animaux et notamment des oiseaux orphelins.


     Faire pousser des légumes pour les autres

Tout au long de cette année les membres Roots & Shoots de l’Institut d’Education Appliqué de Fort Worth Texas font pousser des légumes dans le jardin de la ville et en font don à la soupe populaire. Ils ont aussi travaillé dans un refuge pour animaux, et entrepris des actions d’aide dans un centre de retraite, dans les hôpitaux locaux, ainsi que dans les musées locaux et sites historiques.


     Créer un art naturel

Un groupe Roots & Shoots à Nahai en Chine a fait de l’art à partir de produits naturels. Ils ont créé une colle comestible, entièrement naturelle et ont réalisé des œuvres artistiques avec des haricots. Le groupe a pu créer cinq couleurs différentes à partir des haricots, en évitant d’utiliser les produits chimiques toxiques que l’on trouve dans certaines peintures.

© Jeroen Haijtink
 
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Roots & Shoots en AFRIQUE

Programme éducatif en Tanzanie

Shadrach Meshach

     

Shadrach avec des écoliers

     

A 25 ans, Shadrach Meshach – membre actif de Roots & Shoots en Tanzanie et bénéficiaire du programme d'une bourse d'étude du club Roots & Shoots de l’American University of Paris en France - a récemment été récompensé par le
Dr. Jane Goodall.

Il a reçu le Prix Jeunesse pour les efforts remarquables dont il a fait preuve afin de protéger l’environnement et d’améliorer la vie des populations et des animaux en Tanzanie.

Ce prix vient récompenser l’engagement de ce jeune homme méritant dans le programme Roots & Shoots en Tanzanie en 1999. Depuis plusieurs années, il a encouragé de nombreux enfants à protéger la nature et à œuvrer pour la paix, notamment au sein du camp de réfugiés congolais de Lugufu. Dans le camp, Shadrach travaillait en étroite collaboration avec des organisations telles que le Haut Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés, CARE et la Croix Rouge Internationale.
Aujourd’hui, Shadrach poursuit des études de sciences sociales tout en coordonnant une initiative de soutien aux femmes et aux jeunes filles en Tanzanie. Il a souhaité partager ses expériences et ses projets avec les membres de l’Institut Jane Goodall en France en répondant à ces quelques questions:


Parle-nous de tes études :
Je suis en licence de sociologie. J’aime cette matière car elle me permet de mettre en perspective ce que j’ai appris de par mes origines et mon expérience.

Que représente le programme de bourse du club Roots & Shoots de l’American University of Paris pour toi ?
Je suis extrêmement reconnaissant de l’aide qui m’a été apportée par ce programme. Cette bourse me permet d’étudier à l’université. Je n’en serais pas là sans l’aide de Jane Goodall et de mes amis en France.

Quels sont tes projets ?
J’aimerais faire bénéficier ma communauté d’origine de ce que j’ai acquis à l’université, tout en poursuivant une maîtrise en sciences sociales.

Comment as-tu entendu parler de l’Institut Jane Goodall et de Roots & Shoots la première fois ?
A Kigoma, le programme Roots & Shoots est pratiquement dans toutes les écoles. J’ai pu donc facilement m’informer à son sujet. Son approche basée sur l’entraide m’a tout de suite séduit.

Pourquoi as-tu voulu t’engager dans ce programme ?
J’ai rejoint le programme Roots & Shoots dans la région de Kigoma en 1999 parce que j’ai vu à quel point il améliorait la vie de mes camarades d’école. Ils ont pu également s’informer sur des sujets aussi divers que la protection de la nature, l’éducation à la paix, le soutien aux personnes vulnérables, etc…

Comment t’es-tu retrouvé à travailler au camp de réfugiés de Lugufu ?
Je m’y suis rendu pour la première fois en septembre 2003 avec des jeunes de mon groupe Roots & Shoots au lycée, afin de célébrer la Journée Internationale de la Paix avec des jeunes réfugiés. Un an plus tard, j’ai postulé pour travailler en tant que coordinateur de projet au camp et ainsi m’investir encore plus pleinement dans le programme Roots & Shoots. Il fallait assurer le suivi des activités entreprises dans toutes les écoles du camp.
Cela n’a pas toujours été facile. J’ai notamment eu du mal à me faire reconnaître et respecter compte tenu de mon jeune âge. Je marchais alors environ 20 kilomètres par jour, et je manquais de moyens de transport et de communication de base (ordinateur, téléphone, etc…). Je manquais aussi d’expérience et de compétences en développement de projet et en animation. En 2005, j’ai failli être tué par des réfugiés congolais qui pensaient que je faisais partie d’une ethnie ennemie.

Qu’est-ce que tu aimes dans le programme Roots & Shoots ?
C’est l’un des seuls programmes qui permet aux jeunes de prendre confiance en eux et d’améliorer les choses dans leur communauté locale au travers d’un réseau mondial. C’est ainsi qu’en 2008, j’ai pu participer à un sommet mondial Roots & Shoots aux Etats-Unis avec de nombreux autres jeunes de plusieurs pays. C’est à cette occasion que j’ai rencontré Julia Coburn qui vient de Toronto. C’est avec elle que j’ai développé mon initiative actuelle.

Parle-nous de cette initiative :
Suite à ce sommet, nous avons lancé l’initiative ACACIA-AFLI pour la promotion et la participation des femmes. Ce projet promeut les capacités sociales et professionnelles des jeunes femmes à travers l’éducation et la formation – ce qui inclut notamment un programme de bourses et d’échanges internationaux – mais aussi la participation à des réseaux professionnels, comme celui que nous mettons actuellement en place entre les étudiants de l’université de médecine de Bugando et des professionnels de santé à l’étranger. Enfin, l’initiative comprend des campagnes d’information sur la pollution et la promotion du rôle des femmes dans les milieux ruraux.

En quoi ce prix va aider ton projet ?
Ce prix a redoublé ma capacité et ma volonté d’apporter des améliorations dans la vie des jeunes en Tanzanie par la promotion de la coopération et des bonnes pratiques.

Quels enseignements as-tu retenu de toutes ces expériences ?
Je me suis rendu compte que tout ce que je fais ne vaudrait rien si je ne m’efforçais pas d’améliorer la vie des personnes défavorisées. Ce n’est pourtant pas une pensée très partagée parmi les gens en Tanzanie.

As-tu un message à partager avec les jeunes en France et dans le monde ?
Je pense que la vie n’a pas de mode d’emploi. Il suffit d’écouter son cœur et de poursuivre ses rêves. Nous faisons tous partie de la même famille et j’espère que nous rassemblerons nos efforts pour venir en aide aux femmes et aux jeunes filles qui ne sont pas encore assez reconnues en Tanzanie.

Propos recueillis par Julie Estal


Témoignage : volontariat international


Roots & Shoots en Tanzanie

Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion de partager une expérience exceptionnelle autour du lac Tanganyika en Tanzanie, où je suis partie sur les traces du Dr. Jane Goodall, mon modèle depuis l’enfance.
Du Parc National de Gombe que j’avais imaginé dans mes lectures de jeunesse, à celui que j’ai parcouru sur la piste des chimpanzés l’été dernier, le chemin a été riche en enseignements, obstacles et espoirs qui resteront ancrés dans mon cœur pour la vie.

Lors de ma première rencontre avec le Docteur Jane Goodall à Londres en 2003, elle m’avait demandé de mobiliser les jeunes de mon entourage pour construire des colombes géantes pour la paix en France. C’est ainsi qu’une première colombe a défilé à Marseille à l’occasion de la journée internationale de la paix la même année.
A l’issue d’études dans le domaine des relations internationales, je souhaitais acquérir une expérience de terrain. C’est alors que j’ai appris que je pouvais partir comme volontaire en Tanzanie dans le cadre de Roots & Shoots, le programme jeunesse de l’Institut Jane Goodall.

J’ai pu ainsi réaliser mon rêve…

     
 

Visite du Dr. Goodall
au camp de réfugés de Lugufu.

 

Fête en l'honneur de la visite du Dr. Goodall
à Lugufu.

     

Initialement partie pour quatre mois, je suis finalement restée dix mois, et pour cause : le programme était chargé ! Sur place, j’ai assisté le personnel local dans la gestion administrative et logistique des projets, ainsi que dans l’organisation de formations sur la protection de l’environnement dans les écoles, et d’actions de sensibilisation auprès d’enfants vulnérables (orphelins, enfants malades…)
Après quelques mois à Dar es Salaam, je me suis rendue à Kigoma, à proximité du Parc Natioanl de Gombe, sur les rives du lac Tanganyika. En effet, mon projet principal était de travailler avec de jeunes réfugiés congolais bénéficiant du programme Roots & Shoots à Lugufu, l’un des nombreux camps de réfugiés que compte la région de par sa situation géographique, près de la République d émocratique du Congo et du Burundi.
En attendant d’obtenir les permis nécessaires, je me suis d’abord rendue dans la région de Masito-Ugala, une zone forestière d’environ 5760 km 2 au sud de Kigoma. Au cours des dernières années, cette région a largement souffert de la déforestation, du trafic de viande de brousse et de mauvaises pratiques agricoles qui ont accru la pauvreté, l’érosion, ainsi que la disparition de la faune et de la flore. Sur place, nous avons visité des écoles particulièrement isolées et, pour la plupart, dénuées de tout (classes, professeurs, matériel scolaire…) afin de sensibiliser les écoliers à la protection de l’environnement.

Aux abords du camp de réfugiés de Lugufu, un simple coup d’œil suffit pour s’apercevoir que l’environnement a particulièrement souffert de la déforestation. La nomination du Dr. Goodall en tant que messagère de la Paix des Nations Unies a permis à l’Institut d’introduire Roots & Shoots dans ce camp, dans le but d’éduquer les réfugiés en matière de protection environnementale et de réduire les tensions avec la population locale.

Sachant que les rations alimentaires des réfugiés sont dépourvues de protéines animales, et que la consommation de viande de brousse est une pratique culturelle répandue parmi les Congolais, les réfugiés se sont livrés à un vaste braconnage autour du camp. Pour lutter contre ce trafic, les volontaires locaux de Roots & Shoots ont organisé un élevage de volailles pour augmenter la sécurité alimentaire et les revenus de nombreuses familles. Après éclosion dans un incubateur de fabrication locale, les poussins sont soignés et nourris pendant un mois avant d’être distribués à des enfants formés à l’élevage. Plusieurs écoles entretiennent également un jardin potager. Les récoltes sont utilisées dans le cadre de restaurants scolaires pour améliorer la nutrition des élèves, qui distribuent les excédents aux personnes les plus démunies du voisinage.

Outre mes rôles improvisés de maman poule et de jardinière, j’ai animé des ateliers sur la planification de projets à la suite desquels certaines écoles ont mis en place des micro-projets pour améliorer les conditions de vie au camp. C’est ainsi qu’un salon de coiffure a été ouvert pour permettre aux enfants les plus défavorisés de se faire raser les cheveux à tarif réduit, une formalité obligatoire pour être admis en cours.

Enfin, à la suite d’une sortie au Parc National de Gombe, nous avons organisé des projections vidéo et une exposition sur la protection des chimpanzés et de leur environnement.
Par ailleurs, pour encourager de bonnes relations avec la population locale, Roots & Shoots offre aux jeunes réfugiés de multiples occasions de rencontrer les enfants tanzaniens à proximité du camp : camping annuel d’intégration, mais aussi rencontres sportives et théâtrales, auxquelles le Dr. Goodall a pu assister lors de sa visite au camp en Juin 2008.

 


Après avoir pris part en tant que réfugiés au programme Roots & Shoots, plusieurs jeunes qui ont regagné leur pays d’origine souhaitaient le faire connaître auprès de leurs compatriotes. J’ai eu la chance de rencontrer certains d’entre eux qui, malgré de nombreuses difficultés, ont réalisé de nombreuses actions en République Démocratique du Congo et au Burundi. Le Dr. Jane Goodall souhaite aujourd’hui les soutenir dans le cadre d’une initiative transfrontalière pour la paix. Celle-ci permettrait à des jeunes de Tanzanie, de RDC et du Burundi d’unir leurs forces pour faire face à plusieurs préoccupations communes : la protection du lac Tanganyika, des chimpanzés et de la faune locale, ainsi que la promotion d’une meilleure tolérance interethnique.

Dans cette perspective, nous avons commencé à recueillir des informations par le biais de questionnaires et d’un voyage d’étude. Ce dernier a dû être reporté pour ce qui est de la RDC pour des raisons de sécurité. Néanmoins, nous avons pu nous rendre au Burundi à la rencontre de jeunes, d’autorités et de groupes particulièrement meurtris par la guerre : filles-mères, enfants soldats démobilisés et rapatriés privés de leurs terres. Tous sont porteurs d’initiatives pour relancer l’économie de leur pays et se remettre définitivement des conflits civils.

Au Burundi comme en RDC, les volontaires de Roots & Shoots manquent de tout : moyens de transport et de communication, matériel pédagogique, etc… Ils ont donc besoin de l’aide de jeunes du monde entier pour concrétiser leurs projets.

 

 

     

Remise de livres envoyés par le groupe
Roots & Shoots de l'AUP.
Bibliothèque de l'Ecole de Kazuramimba.

A présent que j’ai regagné la France, je profite de toutes les occasions qui me sont données pour partager mon expérience et faire connaître Roots & Shoots, par le biais d’expositions, de diaporamas et de soirées de témoignage dans ma région, notamment au Conseil Régional de Provence-Alpes-Côte d’Azur lors de la journée internationale de la paix le 21 septembre 2008, ainsi qu’à Montpellier le 6 février 2009 et à Istres le 10 mars 2009, en espérant toucher encore davantage de jeunes à l’avenir.

Par ailleurs, le partenariat avec le groupe Roots & Shoots de l’American University of Paris continue à porter ses fruits, puisque après avoir envoyé des livres à une bibliothèque pour la protection de l’environnement dans une école aux abords du camp de Lugufu, le groupe parraine les études de trois jeunes tanzaniens qui se sont fortement impliqués dans le cadre de Roots & Shoots. Espérons que ces initiatives contribueront à renforcer Roots & Shoots en France, ainsi que les liens qui unissent leurs membres avec l’Afrique et les autres pays !

Julie Estal

Plus d’informations sont disponibles sur mon blog : rptanzanie.blogspot.com

 

A Mtoupo, un petit village dans les environs de la Réserve de Tchimpounga au Congo-Brazzaville,
l'Institut Jane Goodall Congo mène des programmes d'éducation pour les jeunes à l'environnment.

       
 
       
 
  © Jeroen Haijtink et David Lefranc    

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