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ÉDUCATION / Roots
& Shoots
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Un
programme éducatif humanitaire pour l'environnement
pour et par les jeunes du monde entier, initié
par Jane Goodall. |
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POURQUOI
ROOTS & SHOOTS ?
Le programme Roots & Shoots rassemble des
jeunes du monde entier. Les jeunes réagissent
aux problèmes que l'homme inflige à
la Terre comme la destruction des forêts,
la désertification, le changement climatique,
la pollution de l'eau et de l'air, la faim dans
le monde, les guerres...
Le programme Roots & Shoots est un message
d'espoir : Il n'y a pas de fatalisme. Les jeunes
peuvent améliorer le sort du monde.
Pour plus d'infos :
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HISTORIQUE
Un jour de février 1991, le
docteur Jane Goodall reçoit un groupe
de jeunes tanzaniens désireux de s'investir
pour la protection des animaux et de l'environnement.
Que pouvaient-ils faire pour rendre ce monde
meilleur ?
Roots & Shoots avait germé
! Ce fût le début de l'aventure
du programme humanitaire en matière d'environnement
pour les jeunes.
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QU'EST-CE QUE
ROOTS & SHOOTS ?
"Tout être vivant compte,
chaque individu a un rôle à jouer,
chacun peut contribuer à changer le
cours des choses." - Jane Goodall
-
Roots & Shoots est un programme éducatif
international, environnemental et humanitaire
pour les jeunes.
Il permet aux enfants et aux adolescents,
de la maternelle au lycée de prendre
des initiatives et de travailler ensemble
afin d'améliorer l'environnement, la
protection des animaux, l'aide sociale ou
bien encore le soin à autrui.
Par le biais de projets à l'échelle
locale, le programme centre ses activités
sur l'apprentissage pratique, l'échange
sous la forme d'un réseau international
et les services communautaires.
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"C'est seulement
en comprenant que nous pouvons éprouver
de la sollicitude, c'est seulement grâce
à cette sollicitude que nous pouvons
aider, c'est seulement en aidant que tout
sera sauvé."
- Jane Goodall -
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| ©
JGI |
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OBJECTIFS DE ROOTS &
SHOOTS
Les souffrances des animaux, de l'environnement
et des hommes sont dans bien des cas très
intimement liées. Cette constatation
semble justifiée dans les pays les
plus pauvres comme dans les pays les plus
riches de la Terre.
C'est pourquoi la mission de Roots & Shoots
vise à encourager la compréhension,
favoriser le respect et la compassion et inciter
chaque individu à mener des actions
dans trois domaines majeurs :
. L'environnement (naturel et/ou façonné
par l'homme)
. La communauté animale (sauvage et/ou
domestique)
. La communauté humaine
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Roots
& Shoots,
c'est plus de 9000 groupes de jeunes actifs
répartis dans plus de 100 pays.
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Ils
nettoient des lits de rivières, ils informent
leurs camarades à propos des espèces
menacées d'extinction et de l'importance
des soins et du bien être de tous les
animaux, ils organisent des évènements
au cours desquels on célèbre différentes
cultures.
En 1993, Jane Goodall a encouragé les
groupes Roots & Shoots à construire
de gigantesques colombes pour qu'elles prennent
leur envol dans le cadre de la journée
internationale de la paix le 21 septembre. Au
cours de cette extraordinaire manifestation
mondiale, le Secrétaire Général
des Nations Unies, Kofi Annan, s'est joint au
Dr. Goodall pour participer à l'envol
d'une colombe au siège des Nations Unies
à New York. |
| ©
Michael Neugebauer |
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Redonner de l'espoir
à un camp de réfugiés
en Ethiopie
Le camp de réfugiés
de Shimelba, qui abrite 12 000 réfugiés
érythréens, est situé
dans une zone aride et poussiéreuse,
non loin de la frontière avec l'Erythrée.
Les groupes de jeunes Roots & Shoots de
Shimelba ont été créés
il y a trois ans par l'International Rescue
Committee (IRC), une organisation humanitaire
qui offre des services d'éducation
et de soins aux personnes dans le besoin.
Les travailleurs de l'IRC voulaient rendre
l'estime de soi et redonner courage aux jeunes
réfugiés qui avaient déjà
tant perdu dans leur vie.
Les groupes Roots & Shoots ont
commencé à construire 50 maisons
pour les résidents du camp les plus
fragiles : personnes âgées, malades
mentaux, jeunes femmes... Une équipe
de 15 jeunes peut construire une maison en
deux jours.
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© Michael Neugebauer |
Les membres des groupes Roots &
Shoots de Shimelba s'occupent également
des animaux présents dans le camp. Une
fois tous les quinze jours, ils nettoient les
abreuvoirs utilisés par les chèvres,
les ânes, les chiens, les volailles et
les chameaux du camp. « Parfois, sans
s'en rendre compte, les gens maltraitent ou
négligent leurs animaux domestiques »,
déclare Baihalu Mekonnen, le responsable
du programme de l'IRC pour les jeunes, «
alors nous essayons juste de sensibiliser les
gens à bien traiter leurs animaux. »
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Les
camps de réfugiés comme celui
de Shimelba ont souvent un impact négatif
sur l'environnement naturel car ils concentrent
un grand nombre d'individus dans un espace très
réduit. Pour aider à résoudre
ce problème, les membres de Roots &
Shoots ont planté des jeunes plantes
et encouragent les autres membres de la communauté
à en faire autant.
« De nombreux jeunes resteraient simplement
assis là, déprimés ou frustrés
», explique Baihalu. « Roots &
Shoots est un bon moyen de garder ces jeunes
occupés et de leur permettre de faire
quelque chose de constructif et d'utile à
leur communauté. » |
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La création par l'IRC de groupes
de jeunes Roots & Shoots dans les camps
de réfugiés de Shimelba et de
Yarena a été rendue possible
grâce au soutien de l'UNHCR et de Stichting
Vluchteling.
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DES EXEMPLES D'ACTIONS
ROOTS & SHOOTS
Environnement
:
. Belgique :
Depuis septembre 2003, à Tremelo, un
vrai jardin à papillons a été
créé, où est organisée
une action plus spécialisée
sur les différentes sortes de fleurs,
de plantes et de papillons.
. Canada :
En Ontario, des jeunes collectent et recyclent
des cartouches d'encre pour imprimantes. Ce
projet ne sert pas seulement à éviter
que ces déchets souillent la nature,
mais il permet aussi de collecter des fonds
pour financer les projets du groupe Roots
& Shoots.
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Animaux :
. Italie :
Les élèves de l'école
Barberino di Mugello ont mené un projet
destiné à améliorer les
conditions de vie d'un chimpanzé nommé
"Bingo", résident depuis
14 ans au Zoo de Livourne. Ils ont ainsi créé
différents objets (comme des boîtes
de puzzle, des nids de termites) afin d'enrichir
l'environnement de Bingo. Grâce aux
enfants, Bingo a une vie plus intéressante
et stimulante.
Communautés humaines
:
. Hong Kong:
JGI Hong Kong a récemment uni ses efforts
avec le Département de la protection
environnementale de Hong Kong pour mettre
au point et gérer une série
de programmes intitulés Student Leadership
Programmes. Ces programmes visent à
réunir 150 élèves des
écoles secondaires de toute la région
de Hong Kong pour leur permettre d’en
apprendre davantage sur leur environnement
et leur communauté locale, ainsi que
pour leur apprendre à mettre en place
leurs propres projets Roots & Shoots au
sein de leurs établissements. Au mois
de mars, Roots&Shoots a organisé
un atelier « Conscience environnementale
à Hong Kong », illustrant la
manière dont les professeurs d’anglais
pouvaient aider leurs jeunes étudiants
à améliorer leur connaissance
des problèmes environnementaux.
. Portugal :
Roots & Shoots Portugal continue de croître.
De nouveaux groupes ont vu le jour suite à
l’organisation d’ateliers R &
S destinés au grand public. Il existe
à présent huit groupes participant
activement à la mise en œuvre
de projets concrets. Après sa rencontre
avec le coordinateur de Roots & Shoots
Népal, Manoj Gautam, à l’occasion
de la première réunion internationale
Roots & Shoots qui s’est tenue en
2007 aux Pays-Bas, Constança Carvalho
de R&S Portugal s’est rendu au Népal
pour aider au développement du programme
R&S dans ce pays. Pendant son séjour,
Constança a surtout travaillé
dans un centre de réhabilitation de
la faune.
. Belgique :
Un certain nombre d'enfants de l'école
Ter Emelo, rendent visite à la maison
de repos "Edelweis" toutes les deux
semaines. L'idée est d'emmener leur
animal de compagnie sur place, et de donner
ainsi aux pensionnaires aimant les animaux,
la chance de les caresser, de les cajoler,
d'entendre parler d'eux, etc... Certains de
ces pensionnaires ont malheureusement dû
se séparer de leur animal de compagnie
pour pouvoir habiter à la maison de
repos.
A Lagos au Nigéria,
les étudiants de Roots &
Shoots se sont récemment joints
aux efforts mis en place pour stopper la propagation
de la malaria en enlevant des camions
remplis de débris sur une route. Ceci
est juste une action parmi des centaines d’autres
menées par les groupes Roots &
Shoots autour du monde afin d’améliorer
la vie dans leur communautés et ailleurs.
Ci-dessous vous trouverez quelques actions
récentes menées par les groupes
Roots & Shoots, qui dénotent de
la créativité et de l’énergie
de leurs jeunes membres.

Prévenir
les inondations
Le groupe de Roots & Shoots ‘Ostrich’
à Lagos au Nigéria,
a remarqué qu’une autoroute était
inondée chaque fois qu’il pleuvait,
à cause de débris qui bloquaient
les bouches d’évacuations. Les
débris qui se déversaient sur
la route étaient néfastes pour
l’environnement et les inondations qui
en résultaient provoquaient des conditions
dangereuses pour le trafique routier.
Par ailleurs, l’eau stagnante faisait
peser une menace sérieuse sur la santé
de 2000 personnes vivant dans cette zone,
devenant un terrain propice à la reproduction
de moustiques, qui transportent le virus de
la malaria et d’autres maladies.
Les membres de Roots&Shoots ont donc déblayé
les débris bloquant la route à
bord de camions bennes loués au gouvernement
nigérian.
Instruire les
compagnons de cellule
Des membres de ‘PROTECT’, un groupe
de prisonniers Roots & Shoots, continue
à enseigner le mathématique
et l’espagnol aux autres prisonniers
dans une prison de Californie;
un projet parmi d’autres auxquels ils
participent. PROTECT, qui veut dire «
les prisonniers qui atteignent et instruisent
les enfants et adolescents » est basé
à la prison d’Etat de Pelican
Bay, un centre pénitentiaire haute
sécurité à Crescent City.
Avec l’aide des membres de la famille
non incarcérés, les membres
de PROTECT ont ramassé des vêtements
au sein de leur communauté pour aider
les plus nécessiteux.
PROTECT a récemment formé un
autre groupe Roots & Shoots à la
prison Lancaster de Los Angeles.
Sauver
les tortues
Le groupe Roots & Shoots ‘Neelankaria
Kop’ en Inde a démarré
une campagne pratique visant à protéger
les tortues marines Olive Ridley qui sont
en danger. Ils ont construit des structures
composées de mâts en bambou et
de grillage afin de protéger les œufs
de tortues sur la plage. Ils patrouillent
aussi la zone la nuit par groupe de trois
pour aider les tortues qui viennent d’éclore,
vers leur voyage pour la mer.
Rencontrer
des correspondants militaires
Pendant les vacances, le groupe Roots &
Shoots de Corona en Californie
a commencé à écrire aux
corps de l’unité d’armée
1-185 pour remonter le moral des soldats.
Le groupe a récemment accueilli deux
militaires. Les soldats sont rentrés
chez eux d’Iraq en février et
ont apporté un drapeau iraqien encadré
et dédicacé, qui sera exposé
dans le hall d’accueil du centre. Ils
ont aussi fait une démonstration de
l’équipement utilisé en
Iraq au public, parmi lequel se trouvait le
maire de Corona, Pro Tem Karen Spiegel. ‘Tutor
Time’ a adopté Roots & Shoots
dans son programme d’enseignement national.
Aider
les oiseaux chanteurs orphelins
Le groupe Roots & Shoots ‘Shasta’
à Cottonwood en Californie,
a augmenté le taux de survie des oiseaux
chanteurs orphelins en leur apprenant des
techniques de survie et des chants. Les membres
ont diffusé des chants d’oiseaux
enregistrés aux orphelins, ont ramassé
des plantes, baies, crapeaux et insectes,
installé des perchoirs et mis en place
des pièges à mouches et mangeoirs
pour améliorer l’habitat des
oiseaux orphelins. Ils ont aussi organisé
une exposition dans la bibliothèque
publique du Comté de Shasta à
des fins pédagogiques. En effet, il
est essentiel d’expliquer les actions
à mener et les règles à
respecter lorsque l’on sauve des animaux
et notamment des oiseaux orphelins.
Faire
pousser des légumes pour les autres
Tout au long de cette année les membres
Roots & Shoots de l’Institut d’Education
Appliqué de Fort Worth Texas font pousser
des légumes dans le jardin de la ville
et en font don à la soupe populaire.
Ils ont aussi travaillé dans un refuge
pour animaux, et entrepris des actions d’aide
dans un centre de retraite, dans les hôpitaux
locaux, ainsi que dans les musées locaux
et sites historiques.
Créer
un art naturel
Un groupe Roots & Shoots à Nahai
en Chine a fait de l’art
à partir de produits naturels. Ils
ont créé une colle comestible,
entièrement naturelle et ont réalisé
des œuvres artistiques avec des haricots.
Le groupe a pu créer cinq couleurs
différentes à partir des haricots,
en évitant d’utiliser les produits
chimiques toxiques que l’on trouve dans
certaines peintures.

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Programme éducatif
en Tanzanie
Shadrach Meshach
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Shadrach avec des écoliers
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A 25 ans, Shadrach Meshach –
membre actif de Roots & Shoots
en Tanzanie et bénéficiaire
du programme d'une bourse d'étude du
club Roots & Shoots de l’American
University of Paris en France - a récemment
été récompensé
par le
Dr. Jane Goodall.
Il a reçu le Prix Jeunesse
pour les efforts remarquables
dont il a fait preuve afin de protéger
l’environnement et d’améliorer
la vie des populations et des animaux en Tanzanie.
Ce prix vient récompenser l’engagement
de ce jeune homme méritant dans le
programme Roots & Shoots en Tanzanie en
1999. Depuis plusieurs années, il a
encouragé de nombreux enfants à
protéger la nature et à œuvrer
pour la paix, notamment au sein du camp
de réfugiés congolais de Lugufu.
Dans le camp, Shadrach travaillait
en étroite collaboration avec des organisations
telles que le Haut Commissariat des Nations
Unies pour les Réfugiés, CARE
et la Croix Rouge Internationale.
Aujourd’hui, Shadrach poursuit des études
de sciences sociales tout en coordonnant une
initiative de soutien aux femmes et aux jeunes
filles en Tanzanie. Il a souhaité partager
ses expériences et ses projets avec
les membres de l’Institut Jane Goodall
en France en répondant à ces
quelques questions:
Parle-nous
de tes études :
Je suis en licence de sociologie. J’aime
cette matière car elle me permet de
mettre en perspective ce que j’ai appris
de par mes origines et mon expérience.
Que représente
le programme de bourse du club Roots &
Shoots de l’American University of Paris
pour toi ?
Je suis extrêmement reconnaissant de
l’aide qui m’a été
apportée par ce programme. Cette bourse
me permet d’étudier à
l’université. Je n’en serais
pas là sans l’aide de Jane Goodall
et de mes amis en France.
Quels sont
tes projets ?
J’aimerais faire bénéficier
ma communauté d’origine de ce
que j’ai acquis à l’université,
tout en poursuivant une maîtrise en
sciences sociales.
Comment
as-tu entendu parler de l’Institut Jane
Goodall et de Roots & Shoots la première
fois ?
A Kigoma, le programme Roots & Shoots
est pratiquement dans toutes les écoles.
J’ai pu donc facilement m’informer
à son sujet. Son approche basée
sur l’entraide m’a tout de suite
séduit.
Pourquoi
as-tu voulu t’engager dans ce programme
?
J’ai rejoint le programme Roots
& Shoots dans la région de
Kigoma en 1999 parce que j’ai vu à
quel point il améliorait la vie de
mes camarades d’école. Ils ont
pu également s’informer sur des
sujets aussi divers que la protection de la
nature, l’éducation à
la paix, le soutien aux personnes vulnérables,
etc…
Comment
t’es-tu retrouvé à travailler
au camp de réfugiés de Lugufu
?
Je m’y suis rendu pour la première
fois en septembre 2003 avec des jeunes de
mon groupe Roots & Shoots au
lycée, afin de célébrer
la Journée Internationale de
la Paix avec des jeunes réfugiés.
Un an plus tard, j’ai postulé
pour travailler en tant que coordinateur de
projet au camp et ainsi m’investir encore
plus pleinement dans le programme Roots
& Shoots. Il fallait assurer le suivi
des activités entreprises dans toutes
les écoles du camp.
Cela n’a pas toujours été
facile. J’ai notamment eu du
mal à me faire reconnaître et
respecter compte tenu de mon jeune âge.
Je marchais alors environ 20 kilomètres
par jour, et je manquais de moyens de transport
et de communication de base (ordinateur, téléphone,
etc…). Je manquais aussi d’expérience
et de compétences en développement
de projet et en animation. En 2005,
j’ai failli être tué par
des réfugiés congolais qui pensaient
que je faisais partie d’une ethnie ennemie.
Qu’est-ce
que tu aimes dans le programme Roots &
Shoots ?
C’est l’un des seuls programmes
qui permet aux jeunes de prendre confiance
en eux et d’améliorer les choses
dans leur communauté locale au travers
d’un réseau mondial. C’est
ainsi qu’en 2008, j’ai pu participer
à un sommet mondial Roots &
Shoots aux Etats-Unis avec de nombreux
autres jeunes de plusieurs pays. C’est
à cette occasion que j’ai rencontré
Julia Coburn qui vient de Toronto. C’est
avec elle que j’ai développé
mon initiative actuelle.
Parle-nous
de cette initiative :
Suite à ce sommet, nous avons lancé
l’initiative ACACIA-AFLI pour la promotion
et la participation des femmes. Ce projet
promeut les capacités sociales et professionnelles
des jeunes femmes à travers l’éducation
et la formation – ce qui inclut notamment
un programme de bourses et d’échanges
internationaux – mais aussi la participation
à des réseaux professionnels,
comme celui que nous mettons actuellement
en place entre les étudiants de l’université
de médecine de Bugando et des professionnels
de santé à l’étranger.
Enfin, l’initiative comprend des campagnes
d’information sur la pollution et la
promotion du rôle des femmes dans les
milieux ruraux.
En quoi
ce prix va aider ton projet ?
Ce prix a redoublé ma capacité
et ma volonté d’apporter des
améliorations dans la vie des jeunes
en Tanzanie par la promotion de la coopération
et des bonnes pratiques.
Quels enseignements
as-tu retenu de toutes ces expériences
?
Je me suis rendu compte que tout ce que je
fais ne vaudrait rien si je ne m’efforçais
pas d’améliorer la vie des personnes
défavorisées. Ce n’est
pourtant pas une pensée très
partagée parmi les gens en Tanzanie.
As-tu un
message à partager avec les jeunes
en France et dans le monde ?
Je pense que la vie n’a pas de mode
d’emploi. Il suffit d’écouter
son cœur et de poursuivre ses rêves.
Nous faisons tous partie de la même
famille et j’espère que nous
rassemblerons nos efforts pour venir en aide
aux femmes et aux jeunes filles qui ne sont
pas encore assez reconnues en Tanzanie.
Propos recueillis par Julie Estal
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Témoignage
: volontariat international
Roots & Shoots en Tanzanie
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Il y a quelques mois, j’ai
eu l’occasion de partager une expérience
exceptionnelle autour du lac Tanganyika en
Tanzanie, où je suis partie sur les
traces du Dr. Jane Goodall, mon modèle
depuis l’enfance.
Du Parc National de Gombe que j’avais
imaginé dans mes lectures de jeunesse,
à celui que j’ai parcouru sur
la piste des chimpanzés l’été
dernier, le chemin a été riche
en enseignements, obstacles et espoirs qui
resteront ancrés dans mon cœur
pour la vie.
Lors de ma première rencontre avec
le Docteur Jane Goodall à Londres en
2003, elle m’avait demandé de
mobiliser les jeunes de mon entourage pour
construire des colombes géantes pour
la paix en France. C’est ainsi qu’une
première colombe a défilé
à Marseille à l’occasion
de la journée internationale de la
paix la même année.
A l’issue d’études dans
le domaine des relations internationales,
je souhaitais acquérir une expérience
de terrain. C’est alors que j’ai
appris que je pouvais partir comme volontaire
en Tanzanie dans le cadre de Roots & Shoots,
le programme jeunesse de l’Institut
Jane Goodall.
J’ai pu ainsi réaliser
mon rêve…
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Visite du Dr. Goodall
au camp de réfugés
de Lugufu. |
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Fête en l'honneur
de la visite du Dr. Goodall
à Lugufu. |
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Initialement partie pour quatre mois,
je suis finalement restée dix mois,
et pour cause : le programme était
chargé ! Sur place, j’ai
assisté le personnel local dans la
gestion administrative et logistique des projets,
ainsi que dans l’organisation de formations
sur la protection de l’environnement
dans les écoles, et d’actions
de sensibilisation auprès d’enfants
vulnérables (orphelins, enfants malades…)
Après quelques mois à Dar es
Salaam, je me suis rendue à Kigoma,
à proximité du Parc Natioanl
de Gombe, sur les rives du lac Tanganyika.
En effet, mon projet principal était
de travailler avec de jeunes réfugiés
congolais bénéficiant du programme
Roots & Shoots à Lugufu, l’un
des nombreux camps de réfugiés
que compte la région de par sa situation
géographique, près de la République
d émocratique du Congo et du Burundi.
En attendant d’obtenir les permis nécessaires,
je me suis d’abord rendue dans la région
de Masito-Ugala, une zone forestière
d’environ 5760 km 2 au sud de Kigoma.
Au cours des dernières années,
cette région a largement souffert de
la déforestation, du trafic de viande
de brousse et de mauvaises pratiques agricoles
qui ont accru la pauvreté, l’érosion,
ainsi que la disparition de la faune et de
la flore. Sur place, nous avons visité
des écoles particulièrement
isolées et, pour la plupart, dénuées
de tout (classes, professeurs, matériel
scolaire…) afin de sensibiliser les
écoliers à la protection de
l’environnement.
Aux abords du camp de réfugiés
de Lugufu, un simple coup d’œil
suffit pour s’apercevoir que l’environnement
a particulièrement souffert de la déforestation.
La nomination du Dr. Goodall en tant que messagère
de la Paix des Nations Unies a permis à
l’Institut d’introduire Roots
& Shoots dans ce camp, dans le but d’éduquer
les réfugiés en matière
de protection environnementale et de réduire
les tensions avec la population locale.
Sachant que les rations alimentaires des réfugiés
sont dépourvues de protéines
animales, et que la consommation de viande
de brousse est une pratique culturelle répandue
parmi les Congolais, les réfugiés
se sont livrés à un vaste braconnage
autour du camp. Pour lutter contre ce trafic,
les volontaires locaux de Roots & Shoots
ont organisé un élevage de volailles
pour augmenter la sécurité alimentaire
et les revenus de nombreuses familles. Après
éclosion dans un incubateur de fabrication
locale, les poussins sont soignés et
nourris pendant un mois avant d’être
distribués à des enfants formés
à l’élevage. Plusieurs
écoles entretiennent également
un jardin potager. Les récoltes sont
utilisées dans le cadre de restaurants
scolaires pour améliorer la nutrition
des élèves, qui distribuent
les excédents aux personnes les plus
démunies du voisinage.
Outre mes rôles improvisés de
maman poule et de jardinière, j’ai
animé des ateliers sur la planification
de projets à la suite desquels certaines
écoles ont mis en place des micro-projets
pour améliorer les conditions de vie
au camp. C’est ainsi qu’un salon
de coiffure a été ouvert pour
permettre aux enfants les plus défavorisés
de se faire raser les cheveux à tarif
réduit, une formalité obligatoire
pour être admis en cours.
Enfin, à la suite d’une sortie
au Parc National de Gombe, nous avons organisé
des projections vidéo et une exposition
sur la protection des chimpanzés et
de leur environnement.
Par ailleurs, pour encourager de bonnes relations
avec la population locale, Roots & Shoots
offre aux jeunes réfugiés de
multiples occasions de rencontrer les enfants
tanzaniens à proximité du camp
: camping annuel d’intégration,
mais aussi rencontres sportives et théâtrales,
auxquelles le Dr. Goodall a pu assister lors
de sa visite au camp en Juin 2008.
Après avoir pris part en tant que réfugiés
au programme Roots & Shoots, plusieurs
jeunes qui ont regagné leur pays d’origine
souhaitaient le faire connaître auprès
de leurs compatriotes. J’ai eu la chance
de rencontrer certains d’entre eux qui,
malgré de nombreuses difficultés,
ont réalisé de nombreuses actions
en République Démocratique du
Congo et au Burundi. Le Dr. Jane Goodall souhaite
aujourd’hui les soutenir dans le cadre
d’une initiative transfrontalière
pour la paix. Celle-ci permettrait à
des jeunes de Tanzanie, de RDC et du Burundi
d’unir leurs forces pour faire face
à plusieurs préoccupations communes
: la protection du lac Tanganyika,
des chimpanzés et de la faune locale,
ainsi que la promotion d’une meilleure
tolérance interethnique.
Dans cette perspective, nous avons commencé
à recueillir des informations par le
biais de questionnaires et d’un voyage
d’étude. Ce dernier a dû
être reporté pour ce qui est
de la RDC pour des raisons de sécurité.
Néanmoins, nous avons pu nous rendre
au Burundi à la rencontre de jeunes,
d’autorités et de groupes particulièrement
meurtris par la guerre : filles-mères,
enfants soldats démobilisés
et rapatriés privés de leurs
terres. Tous sont porteurs d’initiatives
pour relancer l’économie de leur
pays et se remettre définitivement
des conflits civils.
Au Burundi comme en RDC, les volontaires
de Roots & Shoots manquent de tout : moyens
de transport et de communication, matériel
pédagogique, etc… Ils ont donc
besoin de l’aide de jeunes du monde
entier pour concrétiser leurs projets.
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Remise
de livres envoyés par le groupe
Roots & Shoots de l'AUP.
Bibliothèque de l'Ecole de Kazuramimba.
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A présent que j’ai regagné
la France, je profite de toutes les occasions
qui me sont données pour partager mon
expérience et faire connaître
Roots & Shoots, par le biais d’expositions,
de diaporamas et de soirées de témoignage
dans ma région, notamment au Conseil
Régional de Provence-Alpes-Côte
d’Azur lors de la journée internationale
de la paix le 21 septembre 2008, ainsi qu’à
Montpellier le 6 février 2009 et à
Istres le 10 mars 2009, en espérant
toucher encore davantage de jeunes à
l’avenir.
Par ailleurs, le partenariat avec le groupe
Roots & Shoots de l’American University
of Paris continue à porter ses fruits,
puisque après avoir envoyé des
livres à une bibliothèque pour
la protection de l’environnement dans
une école aux abords du camp de Lugufu,
le groupe parraine les études de trois
jeunes tanzaniens qui se sont fortement impliqués
dans le cadre de Roots & Shoots. Espérons
que ces initiatives contribueront à
renforcer Roots & Shoots en France, ainsi
que les liens qui unissent leurs membres avec
l’Afrique et les autres pays !
Julie Estal
Plus d’informations sont disponibles
sur mon blog : rptanzanie.blogspot.com
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A
Mtoupo, un petit village dans
les environs de la Réserve de Tchimpounga
au Congo-Brazzaville,
l'Institut Jane Goodall Congo
mène des programmes d'éducation
pour les jeunes à l'environnment. |
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©
Jeroen Haijtink et David Lefranc |
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Inscription annuelle
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