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jane
© Hugo van Lawick
Les Sanctuaires

Au début du 20ème siècle, entre un et deux millions de chimpanzés vivaient dans les forêts de 25 nations africaines. A ce jour, seuls quatre pays, la République démocratique du Congo, la République du Congo, le Gabon et le Cameroun, comptent encore une population importante de chimpanzés. Cependant, ces derniers bastions perdent progressivement leur combat face aux besoins grandissants des populations locales.

Les causes de la disparition progressive des chimpanzés sont multiples : destruction de leur habitat par l’homme mais aussi braconnage de la viande de brousse. Les braconniers tuent les femelles chimpanzés pour en vendre la viande et capturent leurs petits pour les vendre vivants sur le marché local. Ils seront condamnés à finir leur vie comme animaux de compagnie à moins qu’ils ne soient vendus par des contrebandiers aux industries internationales du divertissement et de la recherche médicale.

Enfin, certains meurent également d'infection après s'être faits prendre dans un piège tendu pour les antilopes, les potamochères ou d'autres animaux sauvages.
Il n'existe aucune solution simple pour empêcher les gens de chasser et de tuer les chimpanzés. Agir pour changer les attitudes, c’est le défi que l'Institut Jane Goodall, ainsi que d'autres organisations semblables ont relevé. Pour ce faire, l’Institut Jane Goodall a entreprit un travail avec les gouvernements africains afin de sensibiliser les populations locales sur les bienfaits de la conservation faunique.
La plupart des pays africains ont ratifié le traité CITES, rendant ainsi le commerce des chimpanzés illégal. Malgré cela, les chasseurs et les braconniers qui obtiennent de très bons prix pour un bébé chimpanzé continuent leurs actions meurtrières. Les trafiquants s’enrichissent encore davantage. Les autorités gouvernementales sont souvent disposées à confisquer ces bébés chimpanzés qui sont mis en vente. Mais que doivent-ils faire ensuite des orphelins ? La réinsertion en milieu naturel est impossible : la mère a fort probablement été tuée et il est impossible de présenter le bébé à un autre groupe. Comme les bébés humains, les jeunes chimpanzés apprennent en observant, en imitant et en reproduisant les comportements des membres adultes de leur groupe. Dans la nature, un bébé sans sa mère, ou sans tout autre gardien ne peut survivre seul.

Nakuu et Nani en train de dîner ....
© George Strunden

Afin de trouver une solution à ce problème, l'Institut Jane Goodall s'est impliqué auprès de bon nombre de sanctuaires dans différentes régions d’Afrique. Dans ces lieux d’accueil, véritables refuges, les jeunes chimpanzés peuvent vivre ensemble et jouir d'autant de liberté que possible sous la surveillance attentive de gardiens expérimentés et affectueux. AUCUNE SOMME, pas même un dollar, n'est échangé contre ces orphelins. Si c'était le cas, l'Institut Jane Goodall contribuerait au commerce des chimpanzés. Notre but est de créer sur chaque site, un centre pour la conservation et l'éducation afin d'aider les populations locales, surtout les enfants, à mieux comprendre et à apprécier ces êtres extraordinaires. Un centre d'éducation à la conservation a déjà été fondé pour notre sanctuaire en Ouganda et un projet semblable est en train de voir le jour pour notre sanctuaire au Congo.
Ces centres qui auront également pour mission de traiter d'autres animaux, seront principalement axés sur les problèmes environnementaux. De plus, les sanctuaires offrent des perspectives d'emploi à la population locale en qualité de soigneurs, gardiens et formateurs. Nous contribuons également à l'économie locale en achetant autant que possible aux villageois les produits destinés à nourrir les chimpanzés. Notre but est d'impliquer au maximum les communautés locales.
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    . Le Sanctuaire de Tchimpounga en République du Congo

Le Sanctuaire de Tchimpounga a été construit en 1992 par Conoco pour l’Institut Jane Goodall. À cette époque l'Institut Jane Goodall s'occupait de 25 jeunes chimpanzés orphelins au Zoo de Brazzaville (aujourd'hui fermé). Les 25 chimpanzés ont alors été transférés au sanctuaire, ainsi que trois chimpanzés en provenance du Zoo de Pointe-Noire.

Tchimpounga se trouve sur une plaine côtière, entre savane et îlots de forêts. Le sanctuaire se trouve à 50 km au nord de Pointe-Noire, dans la région de Kouilou, en République du Congo. C’est le plus grand sanctuaire pour chimpanzés de tout le continent africain. Le sanctuaire accueille aujourd’hui plus de 139 chimpanzés orphelins, chiffre qui ne cesse d’augmenter.

Durant les deux dernières années, le sanctuaire a accueilli 40 nouveaux chimpanzés et en un an la population du sanctuaire a augmenté de 20%.


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Depuis plus de vingt ans, le Sanctuaire de Tchimpounga sert de refuge aux chimpanzés orphelins du Bassin du Congo, rescapés du braconnage de la viande de brousse. Dans la plupart des cas, les autorités congolaises amènent les jeunes chimpanzés au sanctuaire après les avoir confisqué aux chasseurs qui essayaient de les vendre comme animaux de compagnie ou de divertissement.

© Jane Goodall Institute

 

Une grande superficie comportant des forêts et des espaces herbeux borde les installations principales, qui sont entourées par une clôture électrique. Cet espace à ciel ouvert permet aux personnes locales et aux écotouristes d'observer les chimpanzés tout en limitant les interactions entre les chimpanzés et les visiteurs. C'est une façon de protéger les chimpanzés tout en offrant un centre éducatif permettant à de nombreuses personnes de relier la théorie à la réalité de la vie des grands singes.
Les enceintes spacieuses du sanctuaire abritent les chimpanzés la nuit. Les individus malades ou nouvellement confisqués passent également la journée dans ces enceintes jusqu'à ce qu'ils se soient remis de leur maladie ou de leur traumatisme.
Un des objectifs du centre éducatif est de permettre aux écoles d'organiser des sorties et d'y amener des classes. Pour les enfants, le sanctuaire est un endroit aussi amusant qu’enrichissant. C'est aussi un moyen de former des écologistes et naturalistes locaux. Les écoliers et les habitants de Pointe-Noire ont la possibilité de visiter le sanctuaire régulièrement afin d'apprendre à mieux connaître ces animaux fascinants. Cela permet également de les amener à prendre conscience des atrocités dont ils sont les victimes ainsi que des dommages occasionnés par l’homme sur leur habitat.

>>> cliquez ici pour plus d'info sur le Sanctuaire de Tchimpounga

>>> cliquez-ici pour plus d’info sur le programme de parrainage

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 . Le Sanctuaire de Jane Goodall’s Chimpanzee Eden à Nelspruit (Afrique du Sud)

Un sanctuaire "pilote"

Situé à Nelspruit, en Afrique du Sud, le Jane Goodall Institute Chimpanzee Eden offre un environnement propice au développement des chimpanzés et au repos des visiteurs.
L'Institut Jane Goodall France a décidé d'instaurer un partenariat avec l'Institut Jane Goodall South-Africa, et en particulier d’élaborer un programme de parrainage destiné à soutenir le sanctuaire dans sa mission.
Le Chimpanzee Eden a été inauguré par le Dr. Jane Goodall en mars 2006 et a ouvert ses portes au public en juillet suivant.
Pionnier du genre, ce sanctuaire doit sa singularité à son implantation en Afrique du Sud, aux portes du Parc National Kruger. L'Afrique du Sud n'abrite pas de chimpanzés à l'état naturel; ceux-ci vivent uniquement dans les forêts d'Afrique équatoriale, qui s'étendent de la Guinée à la Tanzanie. Le sanctuaire est exclusivement dédié au sauvetage et à la réadaptation de chimpanzés rescapés de situations périlleuses.

Le site
Le sanctuaire est implanté dans une réserve privée dont l'environnement se rapproche de l'habitat naturel des chimpanzés, grâce à ses forêts d'eucalyptus et au climat tropical dont bénéficie cette région. Ces conditions exceptionnelles permettent aux chimpanzés d'apprendre à s'adapter à un habitat ressemblant à ce qu'ils pourraient connaître à l'état naturel.
La réserve couvre 1000 hectares, et abrite une flore et une faune abondantes. Girafes, antilopes, zèbres se côtoient et vivent paisiblement dans une nature luxuriante. La réserve est situé à quelques kilomètres de Nelspruit, centre économique et touristique important, et capitale de la province de Mpumalanga – "l'endroit où le soleil se lève".

   

Les objectifs
Le sanctuaire s'est fixé pour objectif le sauvetage de chimpanzés en situation critique : petits orphelins vendus illégalement comme animaux de compagnie après le massacre de leurs parents braconnés pour servir de viande de brousse, ou victimes du trafic illégal vers les zoos, les cirques et les laboratoires de recherche médicale.
Le sanctuaire constitue un foyer pour ces primates qui ne peuvent être replacés immédiatement dans leur environnement naturel du fait de leurs blessures physiques ou psychologiques, de leur condition générale ou de leur inadaptation.
A terme, il s'agit de reconstituer autant que possible des "familles" de chimpanzés, socialement structurées et composées d'individus indépendants et aptes à vivre dans un environnement totalement libre, dans le but de les réinsérer dans leur milieu naturel, dans une réserve dont l'implantation est en cours d’étude.

Le travail de rééducation
Après une période de quarantaine et, si nécessaire, de soins physiques et psychologiques, les chimpanzés rapatriés au sanctuaire découvrent pleinement leur nouveau foyer et apprennent à vivre dans des conditions très similaires à celles qu'ils connaîtraient à l'état sauvage.
Pour ceux qui ont grandi sans aucun contact avec d'autres chimpanzés, le travail consiste d'abord à les aider à se débarrasser de "l'empreinte" humaine qui leur a été imposée par leurs propriétaires. La première leçon est d'apprendre à être un chimpanzé ! Ce processus nécessite patience, doigté et persévérance de la part des soigneurs. La période de la quarantaine permet de préparer l'étape cruciale qu'est la "rencontre" physique avec d'autres chimpanzés. Durant celle-ci, les nouveaux arrivants sont effet séparés les uns des autres dans plusieurs grandes cages. Pour les cas les plus délicats, des volets recouvrent les grillages et sont découverts un peu plus chaque jour, leur permettant de s'entr'apercevoir.

Attention : tout contact entre le public et les chimpanzés est strictement interdit.
Seul le personnel du sanctuaire est autorisé à entrer en contact avec les pensionnaires,
et ce uniquement pour des soins ou des interactions éducatives.

Ce n'est qu'une fois effectuée cette première "pré-adaptation" que les chimpanzés sont présentés au reste du groupe, dans leur logis de nuit ou dans les enceintes appropriées. Durant tout ce temps, l'équipe veille au grain !

Plusieurs enceintes de différentes superficies permettent par la suite d'accueillir les pensionnaires dans la journée, selon leur âge, leur condition physique, et leur degré d'adaptation. La nuit, les chimpanzés retrouvent leur ‘lit’ pour dormir au calme et au chaud.
Dans ce régime de semi-liberté, les chimpanzés apprennent à se débrouiller dans un environnement naturel, chercher leur nourriture, construire des nids, utiliser des outils, grâce à des méthodes d'apprentissage ludiques. Par exemple, des "Arbres à nourriture" cachent du sirop et du beurre de cacahouètes et ne livrent leurs trésors qu'aux petites mains agiles et patientes ! Ou encore, les soigneurs placent du miel dans des cavités pour que les chimpanzés le récupèrent à l'aide de longues tiges d'herbes, comme s'ils pêchaient des termites !
Regroupés au départ en fonction de leurs affinités, les chimpanzés s'initient à la création de liens sociaux qui sont essentiels à la vie de tout chimpanzé. Ces liens établis, ils partagent mutuellement leur savoir et l'apprentissage progresse vite.

L'équipe tache de leur apprendre des vocalises. Les chimpanzés restent souvent perplexes au début, faute d'avoir entendu de tels sons dans leur vie précédente, puis comprennent et s'amusent vite.
La première phase d'adaptation acquise, les chimpanzés sont transférés dans une enceinte plus grande, abritant des arbres plus imposants et l'interaction avec les soigneurs se restreint.
Lors d'une dernière étape, les chimpanzés rejoignent un troisième et vaste espace. Ils y vivent à l'état le plus proche possible des conditions naturelles, ils s'organisent et gèrent leur structure sociale sans contrainte, et les contacts avec les soigneurs se limitent au strict nécessaire.

>>> Cliquez ici pour plus d'info sur le Sanctuaire de Jane Goodall's Chimpanzee Eden

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Les Réserves

 . La Réserve de Tchimpounga (Congo-Brazzaville)

Outre les 26 ha du sanctuaire, une réserve de 7284 ha a été créée en mars 1999 et classée par le gouvernement de la République du Congo. Sa gestion a été officiellement confiée à l’Institut Jane Goodall. Un programme de recensement organisé par le Ministère de l’Economie Forestière de la République du Congo, estime qu’entre 50 et 60 chimpanzés vivent à l’intérieur de la réserve. L’Institut Jane Goodall prévoit d’effectuer un nouveau recensement en dehors de la réserve, le long de la rivière Kouilou où une population de chimpanzés serait installée. La réserve est surveillée par des éco-gardes originaires des villages voisins, pour éviter le braconnage.

"Tchimpounga" travaille à l’amélioration des conditions de vie des populations installées aux abords de la réserve et à la détermination des causes originelles de la crise liée à la viande de brousse. Grâce au financement de l’Economic Support Fund (ESF), l’Institut Jane Goodall développe à présent un programme à long terme basé sur le même principe de Conservation Centrée sur les Communautés (CCC) que le programme TACARE en Tanzanie. Le sanctuaire mène également des campagnes d’information sur les problèmes liés à la consommation de viande de singe et sur l’importance de la biodiversité.
Notre nouveau programme CCC a pour objectif l’investissement des communautés locales dans la protection de la réserve et des ressources naturelles, tout en stimulant leur propre développement économique et social. Dans cette optique, le projet combine différentes activités qui touchent l’ensemble des difficultés rencontrées par ces communautés : renforcement des organisations civiles et gouvernementales, coordination de la gestion de la réserve avec les villages, développement de techniques de gestion durable pour l’agriculture, encouragement à l’obtention de diplômes reconnus en environnement, présentation de nouvelles activités agricoles et d’alternatives au trafic de viande de brousse, amélioration des infrastructures sociales et de leur gestion par les villageois, et beaucoup d’éducation.
A ce jour, le projet a été bien accepté par les communautés et les autorités régionales. L’Institut Jane Goodall a reçu un retour très positif et très encourageant et on lui a proposé de soutenir les actions de développement menées par les autorités locales à tous les niveaux. Notre équipe agit sur le terrain comme un médiateur entre les différents départements régionaux responsables de l’éducation, de la santé, des travaux publics, de l’agriculture et de l’environnement, ainsi qu’avec les comités de villages. Plusieurs visites aux villages ont déjà été organisées par ces départements. Les comités de village travaillent aujourd’hui dans la perspective de renouer des liens avec les autorités régionales en organisant des programmes locaux et réalistes.

Les succès de notre programme dans le secteur de l’éducation sont les suivants :

. Une école a été financée et construite par les habitants de Tchikafi, un village qui n'avait jamais eu d’école auparavant.
. L’école de Mpili a été rénovée et le nombre d’élèves a doublé.
. Une nouvelle maison pour l’instituteur a été construite à Notoupou, rendant ainsi possible la dispense de cours tout au long de la semaine.
. Le projet a désigné deux nouveaux inspecteurs de l’éducation pour cette zone, qui travailleront à l’amélioration de la qualité de l’enseignement et des aptitudes administratives des comités des écoles.
. L’Institut Jane Goodall fournit des livres et d’autres matériels scolaires aux écoles des villages.

L’Institut Jane Goodall a également développé un programme pilote d’éducation à l’environnement dans lequel les étudiants visitent la Réserve de Tchimpounga et le sanctuaire. Le groupe principal dans cette nouvelle expérience est constitué d’enfants pauvres, orphelins, réfugiés, et d’enfants des villages. Tous ont entre 10 et 17 ans. Les excursions sont régulièrement organisées depuis la ville et les villages voisins. La visite au sanctuaire de Tchimpounga a été décrite par les enfants comme une expérience extraordinaire. La plupart y ont vu un chimpanzé pour la première fois. Cette expérience a pour objectif d’aider les congolais à évaluer l’importance de leur héritage naturel.
Le programme local UNDP (United Nations Development Program) de Prévention et de Sensibilisation contre le SIDA dans les écoles (PRESIEC) a été d’un grand secours pour l’Institut Jane Goodall. Notre programme repose sur une équipe de 23 éco-éducateurs et un manuel pilote d’éducation qui place l’enfant au centre de l’expérience d’apprentissage. L’IRC (International Rescue Committee) et l’UNHCR (United Nations High Commissioner for Refugees) ont également apporté leur aide par leur connaissance des groupes marginaux.
L’Institut Jane Goodall a engagé une équipe supplémentaire de villageois éco-gardes chargée d’aider à protéger la réserve contre les braconniers des autres villages, notamment en sensibilisant à l’environnement chacune de leurs communautés respectives. L’éducation, les inventaires faunistiques et floristiques, et l’organisation de visites sont également une part importante de notre travail.
L’infrastructure sociale est une composante importante du programme CCC à Tchimpounga. Dans cette perspective, le gouvernement met à notre disposition ses connaissances techniques et son aide. L’Institut Jane Goodall a mis en place un dispensaire à l’usage des communautés de Tchimpounga. Il est géré par deux infirmières locales, qui y ont été affectées par le ministère de la santé Congolais. Les ministères de l’environnement et de l’agriculture ont participé à une étude socio-économique approfondie de la zone, préparée par les communautés elles-mêmes et menée par leurs nouveaux agents de développement local. Ce recensement va permettre une meilleure compréhension des problèmes locaux et la planification des futures actions à mettre en œuvre.
Notre projet consiste également à développer des stratégies de gestion durable des ressources naturelles pour tous les villages. Un des objectifs principaux du programme est de faire comprendre aux communautés que leur prospérité économique et sociale à long terme passe par la gestion durable des ressources naturelles.

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Gombe

. Centre de Recherche de Gombe Stream (Tanzanie)

 

La recherche au Centre de Gombe Stream s’est focalisée sur l’étude du comportement de deux communautés de chimpanzés d’Afrique de l’Est (Pan troglodytes schweinfurthii), la communauté de Kakombe observée dès 1960 par Jane Goodall et celle de Mitumba dont l’observation a commencé dans les années 90.

© Michael Nichols
 
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Les Programmes de Conservation Centrée sur les Communautés

Les nouveaux projets de l’Institut Jane Goodall en Afrique sont interdépendants non seulement géographiquement à travers le Bassin du Congo mais également par leur thématique. Ils visent à déterminer les facteurs économiques et sociaux qui influencent la relation de l’homme avec son environnement. Grâce à la collaboration directe des gouvernements et de l’industrie, et associée aux compétences locales, notre approche holistique offre l’opportunité d’établir des programmes de conservation et de développement à long terme.


    © Kristin Mosher

La gestion des ressources naturelles est souvent perçue par les communautés locales comme une politique autoritaire allant à l’encontre des droits traditionnels. Les populations locales sont les gardiens immédiats des ressources naturelles, mais elles restent réfractaires à la mise en place d’une gestion des ressources naturelles quand elles ne sont pas prises en compte dans les solutions de protection des ressources locales. Grâce au programme de Conservation Centrée sur les Communautés (CCC) de l’Institut Jane Goodall, les communautés locales deviennent les représentants et les gestionnaires de leur environnement.
L’approche CCC dote les communautés locales des outils nécessaires à une gestion de leurs ressources naturelles, capables de leur apporter une prospérité économique et environnementale. En augmentant les compétences locales, les responsabilités et la participation à la gestion durable des ressources, les communautés s’investissent avec fierté dans la protection de leur environnement et de la faune sauvage locale. Les communautés locales n’ont souvent aucun contrôle sur l’accès aux ressources naturelles et sont donc incapables d’empêcher tout étranger de les exploiter. En leur confiant la responsabilité de
gérer ces ressources, et en les faisant participer à tous les niveaux de nos projets, nous avons réussi à améliorer leurs conditions de vie tout en prônant la conservation et le besoin de préserver la biodiversité au bénéfice de tous.
La structure holistique du programme de l’Institut Jane Goodall – mettant en œuvre un partenariat public et privé pour aider les projets locaux d’enseignement, le développement socio-économique et les projets de gestion durable des ressources – est un modèle de succès basé sur le programme de reboisement et d’éducation du lac Tanganyika (TACARE) à l’ouest de la Tanzanie.
Ce type de programme est également mis en place dans les réserves de Mengamé au Cameroun et de Tchimpounga au Congo. La priorité est sur ces deux sites est la sensibilisation à l’environnement et l’accès aux soins médicaux. En travaillant avec la population locale les programmes du CCC s’adaptent aux particularités de l’environnement et aux caractéristiques sociales de chaque communauté rurale. Ce type de projet est également à l’étude en République Démocratique du Congo grâce au financement de l’Alliance pour le Développement Global (Global Development Alliance - GDA) via l’USAID. L’Institut Jane Goodall envisage d’étendre le modèle TACARE à d’autres régions riches en biodiversité à travers le Bassin du Congo, l’Ouganda, et la Tanzanie.

     . L’exemple du programme TACARE


© JGI

L’Institut Jane Goodall a initié en 1994 un programme de reboisement et d’éducation du lac Tanganyika (TACARE) en Tanzanie. Le programme a été conçu comme un projet pilote destiné à localiser la pauvreté et à aider les villages autour du lac Tanganyika à trouver des moyens durables de subsistance en stoppant la dégradation rapide des ressources naturelles, en particulier dans les forêts qui subsistent.
Le programme se focalise sur le développement socio-économique des communautés et propose des stages et des cours de gestion durable des ressources naturelles. TACARE représente un modèle innovant de notre approche de la conservation centrée sur les communautés, qui précise les besoins humains tout en assurant la promotion des valeurs de la conservation.

Les activités de TACARE se divisent en cinq domaines principaux :
. Développement économique des communautés – exécution de programmes de crédit et d’épargne pour les communautés, fonds de développement pour les villages, et encouragement de l’utilisation de fourneaux à faible consommation d’essence.

La partie du programme TACARE concernant le développement des communautés se concentre sur l’amélioration de la qualité de vie dans la région du lac Tanganyika en organisant des programmes de reboisement, de limitation de l’érosion des sols, et d’éducation à la conservation de la population locale. TACARE s’intéresse particulièrement au cas des femmes et encourage et participe à la mise en place d’un réseau de femmes qui soutient les petites entreprises et les projets individuels.
. Sylviculture – Nurseries d’arbres, plantation d’arbres autour des villages, établissement de réserve forestières protégées par des arrêtés municipaux.

agriculture
© JGI

L’initiative sylvicole de TACARE a plusieurs facettes. Les nurseries d’arbres aident à la reforestation et constitue une opportunité économique. La plantation d’arbres dans et autour des villages assure la promotion de l’éthique de la conservation et du reboisement. Les réserves forestières gérées par les villages assurent à long terme leur protection efficace.

. Agriculture – développement et distribution de jeunes plants améliorés de palmiers à huile, développement de cultures commerciales, et stages d’agriculture forestière.

© JGI © JGI

Afin de maintenir les ressources naturelles pour les générations futures et pour permettre aux agriculteurs d’aujourd’hui de vivre de la terre, les pratiques agricoles doivent suivre des principes de gestion durable.

Le programme agricole de TACARE met en place des terrains de démonstration, des stages pour les agriculteurs, ainsi que des éducateurs locaux à l’agriculture forestière en ferme et aux mesures de contrôle de l’érosion des sols. TACARE informe sur la gestion de la terre, la plantation sur le contour des champs d’herbes vétivers (graminées qui réduisent l’érosion des sols), et l’utilisation d’engrais organiques et de pesticides naturels.
TACARE met en place des cultures commerciales pérennes ainsi que la culture de légumes et de champignons. TACARE fournit graines et fertilisants à prix coûtant.

agriculture
  © JGI

. Santé – planning familial, assainissement de l’eau et de l’environnement, et sensibilisation aux problèmes du SIDA et autres MST.

Les projets de TACARE liés à la santé ont pour objectifs principaux de faciliter l’accès au planning familial, de donner des cours d’éducation sexuelle, et de mettre à la disposition des communautés des moyens contraceptifs et de protection contre les MST.

. Roots & Shoots – programme d’éducation environnementale et humanitaire à destination des jeunes.

Roots & Shoots, fait également partie du programme TACARE. Dans 45 écoles primaires et dans les centres pour enfants de 20 villages, les enfants jouent un rôle actif dans le développement et la mise en œuvre de projets en rapport avec les animaux, l’environnement et leurs communautés.

  © JGI
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CHIMPANZOO
  Créé en 1984, ChimpanZoo est un programme de recherche international consacré à l’étude des chimpanzés en captivité dans les zoos et autres structures. Environ 200 chimpanzés sont impliqués dans ChimpanZoo, ce qui en fait le plus important programme de recherche sur les grands singes jamais entrepris. Formés par les zoos et l’Institut Jane Goodall, étudiants, soigneurs et volontaires observent et prennent des notes sur le comportement des chimpanzés captifs. Ces observations servent à améliorer leurs conditions de vie en captivité et sont comparées avec celles effectuées sur les chimpanzés sauvages.
     

Les résultats de ces recherches sont présentés lors de la conférence annuelle de ChimpanZoo, qui se déroule chaque année dans un lieu différent. Cette conférence sert de forum de discussion où sont échangées de nouvelles idées et informations.
Elle réunit un public varié d’universitaires, de zoologues, mais également de particuliers. Des conférenciers sont également invités pour faire part de leurs plus récentes recherches, et leurs découvertes sont publiées dans des revues scientifiques.
La base de données est accessible aux zoos, aux étudiants, et aux enseignants.

Les objectifs de ChimpanZoo :

  • Sensibiliser le public au sort des chimpanzés et aider à la compréhension de leur comportement.
  • Contribuer aux efforts déjà fournis par les zoos pour améliorer les conditions de vie en captivité des chimpanzés.
  • Faciliter l’échange d’informations sur les méthodes d’enrichissement de l’environnement des chimpanzés captifs.
  • Etablir une base de données internationale sur leur comportement en compilant les observations effectuées sur les chimpanzés.

Un des projets en cours les plus importants consiste en une étude du vieillissement des chimpanzés. Des données sur le comportement et la personnalité de nombreux individus ont été transcrites sur une période de plusieurs années. Par l’observation des changements comportementaux et de personnalité, les scientifiques peuvent désormais étudier les effets du vieillissement chez les chimpanzés.

 

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Programmes divers

     . Recensement des chimpanzés en Ouganda

En 1999, l’Institut Jane Goodall Ouganda et la Wildlife Conservation Society (WCS) ont mis en œuvre un programme de 4 ans en collaboration avec l’Uganda Wildlife Authority (UWA) et l’Uganda Forest Department (UFD) pour évaluer le statut des populations sauvages de chimpanzés à travers l’Ouganda. Les objectifs de ce recensement étaient : l’estimation de la taille des populations des différentes forêts, l’estimation de la répartition des chimpanzés à travers ces forêts afin d’identifier les zones à protéger en priorité, l’estimation du statut des autres primates et des grands mammifères, et l’évaluation des menaces pesant sur les forêts et leurs habitants. L’estimation de la couverture forestière était également un objectif du projet. Les images satellites des forêts de l’ouest de l’Ouganda ont révélé qu’environ 800km2 de forêts ont disparu depuis la fin des années 80, la majorité toutefois, en dehors des aires protégées.
Il a été recommandé à l’Uganda Wildlife Authority (UWA) de développer une politique qui concernera le statut des chimpanzés en dehors des zones protégées. Cette politique est en cours de développement par le comité national du GRASP (Great Ape Survival Project). Une autre recommandation concerne une politique visant la mise en place de corridors forestiers entre les zones forestières principales.


     . Réintroduction de chimpanzés

L’objectif du programme de recherche sur la réintroduction de l’Institut Jane Goodall est de faire établir une étude préliminaire sur la réalisation potentielle d’un tel projet au Congo et en Ouganda, dont les sanctuaires accueillent plus de 150 chimpanzés.
La mise en place d’un régime de semi-liberté, où les jeunes chimpanzés apprendront à chercher leur nourriture dans un environnement naturel, à construire des nids, et à créer les liens sociaux indispensables à leur survie constitue la première étape cruciale de ce projet.

. Uganda Earth Education (Ouganda)

Le but de ce projet est d’influencer et de réduire les pratiques dommageables pour l’environnement dans les zones vulnérables de l’Ouganda et en particulier celles qui accueillent des chimpanzés.

Ce programme consiste en :

. Favoriser l’éducation à l’environnement à travers l’Ouganda par l’organisation de stages à destination des enseignants du primaire et du secondaire et des membres des communautés ayant des connaissances en environnement, pour encourager l’évolution des comportements.
. Aider les enseignants et le système scolaire ougandais à dispenser un programme d’éducation à l’environnement à 10 000 écoliers du primaire, et à 400000 étudiants du secondaire, sur une période de trois ans.
. Organiser pour les dirigeants locaux et les politiciens une série de visites de sensibilisation aux problèmes de l’environnement et aux efforts nécessaires pour les résoudre.


. Projet d’écotourisme à la Réserve Forestière de Budongo (Ouganda)

L’écotourisme en Ouganda, en particulier l’observation d’espèces charismatiques comme le chimpanzé, est considéré comme une activité particulièrement utile pour la conservation, qui aide à la protection de certains sites, et au développement économique local. Toutefois, il faut trouver un équilibre entre la demande des touristes et la disponibilité des sites. Le bien-être des chimpanzés comme la qualité de l’expérience des touristes doivent être garantis pour assurer le succès à long terme de ce type de programme, dans une perspective à la fois économique et de conservation.
Le grand nombre de visiteurs à Kanyanchu (Kibale), durant la haute saison touristique, nous a conduit à envisager la nécessité de créer un nouveau site d’observation des chimpanzés. Effet, pendant la haute saison 2002, 32 visiteurs en moyenne par jour a réalisé une marche en forêt, incluant l’observation pendant une heure des chimpanzés. Or, le maximum de visiteurs recommandé par jour est de 6 pour l’observation des chimpanzés. Ce chiffre est donc nettement dépassé.
Forts du succès rencontré en Ouganda dans le développement de programmes d’écotourisme à Kanyanchu (Parc National de Kibale) et au sanctuaire pour chimpanzés de l’île de Ngamba, nous mettons maintenant en place une stratégie pour développer l’écotourisme à Kaniyo-Pabidi, dans la Réserve Forestière de Budongo.
Kaniyo-Pabidi est géré par le Forest Department. Un programme d’écotourisme y a été créé en 1993, et l’observation des chimpanzés a commencé en 1994. Toutefois, le nombre de visites est très bas par rapport à celui de Kanyanchu au Parc National de Kibale. Notre programme d’intervention sur quatre ans a permis l’augmentation du nombre de visites.

Malgré le faible nombre de visiteurs, Kaniyo-Papidi a été identifié comme un site très prometteur pour l’écotourisme au regard de plusieurs de facteurs :

. La localisation du site est particulièrement bonne. Il se trouve en effet sur la route d’une attraction touristique majeure (les chutes de Murchison). Il peut donc être facilement intégré aux itinéraires organisés par des tours opérateurs, et est également accessible aux touristes indépendants.
. La géographie du site est particulièrement favorable au développement de l’écotourisme : le terrain est plat, permettant des déplacements faciles à pied pour la majorité des touristes, le camp de base se trouve à la limite du territoire des chimpanzés, diminuant ainsi le risque de longues marches avant de les rencontrer, la végétation est constituée de forêt primaire et est moyennement dense ce qui permet une bonne visibilité de la canopée (et donc des chimpanzés) et la présence de savanes et de prairies permet l’observation de différents écosystèmes. En outre, il y a un réseau de 115km de sentiers bien entretenus qui facilite l’accessibilité des visiteurs.

Avant la troisième année du projet, le Forest Department et la communauté locale décideront s’ils reprennent en main le programme ou s’ils continuent à le confier à une équipe entraînée capable de gérer le programme de familiarisation et les activités des visiteurs. Le manque initial d’intérêt qu’a connu ce projet indique que le potentiel maximum de Kaniyo Pabidi en tant que site d’écotourisme et d’observation des chimpanzés n’est pas atteint. D’après notre expérience dans le développement de projets similaires, à Kanyanchu, qui accueille 3500 visiteurs par ans et au Sanctuaire de l’île de Ngamba, qui accueille 5000 visiteurs par an, nous estimons qu’un plan d’intervention de trois ans consacré à la formation du personnel et au développement des infrastructures, permettra à Kaniyo Pabidi de devenir un programme d’écotourisme rentable et prospère, contribuant au renforcement des lois et à la protection de l’habitat de la Réserve Forestière de Budongo.




. Central African World Heritage Forest Initiative (CAWHFI)

L’objectif ultime de CAWHFI est de créer un mode de gestion durable des ressources naturelles, tout en renforçant la capacité gouvernementale et locale à gérer à long terme la biodiversité. Les actions portent sur le renforcement des lois, la gestion des aires protégées, et l’augmentation des activités communautaires visant l’amélioration des conditions de vie et la limitation du trafic de viande de brousse.
En tant que partenaire de CAWHFI, l’Institut Jane Goodall travaille avec les ONG locales, les gouvernements régionaux, et les infrastructures des ONG déjà en place pour créer un plan d’action régional et un plan d’action communautaire pour l’amélioration de la qualité de vie et la conservation, avec un intérêt particulier pour l’implication des femmes dans le trafic de viande de brousse en tant que vendeuses sur les marchés d’Afrique Centrale.
Les activités de ce projet révèlent l’importance du lien entre la nécessité de protéger la faune et la flore d’une part, et l’ensemble des activités économiques et sociales nécessaires à l’engagement enthousiaste de la population dans la protection de leur futur moyen de subsistance d’autre part.
Les recherches précédemment effectuées dans la région ont montré qu’il était nécessaire d’accorder plus d’attention et de valeur aux communautés locales. En abordant le thème du trafic de viande de brousse, la plupart des groupes de discussion sur la conservation a initié une tentative de compréhension des motifs de participation à ce trafic, qui exploite un ensemble commun de structures pré-identifiées, ce qui inclut notamment : modèles d’association avec la faune sauvage, politique, économie, dynamique du trafic, causes et solutions à la crise. Néanmoins, quand les médiateurs des communautés ont été invités à proposer des activités, l’accent a été mis sur les facteurs sociaux, incluant les questions d’identité individuelles et communautaires, problèmes et solutions liés au travail, rôles respectifs des hommes et des femmes. Ainsi, toute solution valable au commerce illégal de viande de brousse doit intégrer les solutions identifiées par les médiateurs.

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