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Le Sanctuaire de Tchimpounga

Construit en 1992 et situé à 50 km au nord de Pointe-Noire, dans la région de Kouilou, le Sanctuaire de Tchimpounga est situé sur une plaine côtière recouverte de savane et d’une mosaïque de forêt-galerie. Depuis vingt ans, il constitue un véritable refuge pour les chimpanzés orphelins dont les mères ont été victimes de la chasse. Il abrite actuellement 155 chimpanzés, chiffre qui ne cesse malheureusement d’augmenter. Ce sont généralement les autorités congolaises qui amènent les bébés chimpanzés au sanctuaire, après les avoir confisqués à des chasseurs qui essayaient de les vendre comme animaux de compagnie ou comme attraction. Le sanctuaire est entouré d'une réserve naturelle créée en mars 1999, surveillée par des éco-gardes originaires des villages voisins dont les salaires sont financés par l'Institut Jane Goodall. En 2008, l'Institut a réalisé une étude de la réserve et des forêts environnantes, suite à laquelle il a recommandé son extension afin d'y inclure des zones de forêt qui constituent un habitat essentiel pour les groupes de chimpanzés sauvages présents aux abords de la réserve. L'Institut a été entendu par le gouvernement congolais, et depuis décembre 2010, la superficie de la réserve est passée de 75 à 555 km2.

Depuis 2009, l'Institut met en œuvre un programme à long terme visant, d'une part, la réintroduction de certains chimpanzés du sanctuaire dans la nature et, d'autre part, son réaménagement complet en vue d'améliorer les conditions d'accueil de ceux qui ne pourront pas être relâchés parce qu'ils sont malades ou trop vieux. Un nouveau site réparti sur trois îles du fleuve Kouilou a été identifié, plus adapté et viable sur le long terme, sur lequel l'Institut a entrepris de transférer le sanctuaire. Une fois le transfert achevé, un projet d'écotourisme sera mis en place, qui servira de support à des missions d'éducation des populations locales. L'aménagement de la première île, Tchindzoulou, a déjà bien avancé. Les premiers enclos ont été achevés et les premiers chimpanzés (six femelles) ont été transférés avec succès. D'autres chimpanzés vont être transférés par petits groupes courant 2013. À terme, une soixantaine de chimpanzés vivront en semi-liberté sur l'île, dans deux grands enclos boisés. Ils pourront apprendre à chercher leur nourriture, à construire des nids et à développer les liens sociaux nécessaires à leur survie en milieu naturel et commencer à se déshabituer de l'homme.
L'objectif, dans un second temps, est de réintroduire ces chimpanzés dans une zone protégée, qui reste encore à définir. Le programme de réintroduction nécessite une préparation minutieuse, tant pour sélectionner les individus aptes (études comportementales, examens génétiques et médicaux, etc.) que pour repérer un site naturel susceptible d’accueillir le groupe de chimpanzés réintroduits (étude des espèces végétales présentes, des interactions possibles avec les communautés de chimpanzés sauvages, évaluation des conflits potentiels avec les villageois, etc).

L’équipe du Sanctuaire de Tchimpounga travaille également à l'amélioration des conditions de vie des populations installées aux abords de la réserve. Avec des partenaires locaux, l'Institut Jane Goodall y développe un programme à long terme basé sur le principe de Conservation centrée sur les communautés (CCC). La gestion des ressources naturelles par le gouvernement est souvent perçue par les communautés locales comme une politique autoritaire allant à l'encontre des droits traditionnels. Il est donc indispensable d'associer les populations locales à la gestion de ces ressources, car ce sont elles les gardiens immédiats de leur environnement ! Grâce à l'approche CCC, les communautés locales deviennent enfin les défenseurs et les gestionnaires de leur environnement.
Dans cette optique, différentes activités qui touchent l'ensemble des difficultés rencontrées par ces communautés sont mises en œuvre : coordination de la gestion de la réserve avec les villages, développement de techniques d'agriculture durable, encouragement à l'obtention de diplômes reconnus en gestion de l'environnement, présentation de nouvelles activités agricoles et d'alternatives au trafic de viande de brousse, amélioration des infrastructures sociales et de leur gestion par les villageois, et beaucoup d'éducation !

L'Institut a également mis en place un programme pilote d'éducation à l'environnement grâce auquel des élèves de la région visitent la réserve de Tchimpounga et le sanctuaire. Il s'agit principalement d'enfants des villes et des villages environnants âgés de 10 à 17 ans. La visite du sanctuaire a été décrite par les enfants comme une expérience extraordinaire. La plupart y voit un chimpanzé pour la première fois. Elle a pour objectif de sensibiliser les jeunes générations à la protection de leur patrimoine naturel afin d'en faire des citoyens responsables.

Dans le cadre de ce programme, le budget prévisionnel de fonctionnement du sanctuaire pour 2013 a été estimé à 600.000 euros, dont près d'un tiers est consacré à la nourriture des chimpanzés.
Nous avons besoin de votre soutien pour réussir ce projet. Il est ambitieux, mais c'est le seul moyen pour que des dizaines de chimpanzés retrouvent la forêt qu'ils n'auraient jamais dû quitter... et la seule solution à long terme pour essayer de sauver cette espèce menacée.

Pour soutenir le sanctuaire de Tchimpounga >>>
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Le sanctuaire de Tchimpounga est débordé
Au cours des six derniers mois, notre sanctuaire de Tchimpounga, au Congo-Brazzaville, a reçu six nouveaux bébés orphelins. En conséquence, chacun de nos soigneurs prend aujourd’hui soin au moins de trois chimpanzés et souvent plus, ce qui devient une charge écrasante au quotidien.
Lemba, une jeune chimpanzée dont les jambes sont paralysées par la polio, agit en tant que mère adoptive. Contrairement à nos soigneurs qui ont la responsabilité de veiller sur les jeunes orphelins 24h sur 24h, Lemba a pour « mission » de jouer avec les bébés et de garder un œil sur eux pendant la journée !
Voilà une efficace collaboration entre l’Homme et l’Animal pour permettre aux jeunes orphelins de recevoir toute l’attention dont ils ont besoins

   
       

Antonio et Anzac, jeunes orphelins, ont rejoint le groupe de Lemba et l’ont bien intégrer. Les deux plus jeunes orphelins, Zola et JeJe, commencent tout juste à passer un peu de temps à l'extérieur chaque jour avec le reste du groupe, mais seulement sous la surveillance attentive de leurs mères de substitutions.
Chantal, une de nos plus anciennes et assidus maman chimpanzée, est en charge des nourrissons. Son expérience et sa patience sont indispensables pour assurer aux orphelins les échanges affectifs primordiaux et leur offrir un sentiment de sécurité propice à leurs développements.

NB : L’Institut Jane Goodall n’autorise pas la manipulation ou l’interférence humaine avec les chimpanzés sauvages. Les jeunes chimpanzés orphelins qui sont sur cette image vivent dans le sanctuaire de Tchimpounga. Sans l’affection des mères de substitutions, ils pourraient mourir.

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Des nouveaux arrivés...     ... pris en charge...  
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La reconstruction de Tchimpounga !

Grâce à vos dons, l’équipe de Tchimpounga a pu commencer avec les premières reconstructions.
La priorité est d’assurer la sécurité du personnel et des chimpanzés du sanctuaire, mais il manque encore les fonds pour la reconstruction des enclos et dortoirs des pensionnaires. Le transfert vers les îles dans la rivière Kouilou risque d’être retardé, si les fonds nécessaires ne seront pas trouvés avant cet été.

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Le feu à Tchimpounga !

Nous sommes au regret de vous annoncer que notre Sanctuaire de Tchimpounga au Congo-Brazzaville à été frappé d’un tragique sinistre.
Le feu s’est déclaré en savane, à deux kilomètres du sanctuaire. Cette zone abrite plus de 150 chimpanzés qui vivent sous la protection de l’Institut Jane Goodall.
Les chimpanzés ont paniqué et se sont enfuis vers la forêt voisine, tandis que le personnel du sanctuaire a lutté pour contrôler le brasier et amener l'ensemble des chimpanzés en sécurité. De nombreuses infrastructures ont été détruites et d’autres ont été très endommagées.
Nous tenons à remercier le personnel du sanctuaire car grâce à son intervention rapide il n’y a aucune victime parmi les chimpanzés du sanctuaire ou les humains.
Mais malheureusement, nous devons constater des dommages matériels considérables. Des infrastructures essentielles ont été touchées. Nos équipes se sont dés à présent engagées dans les réparations afin de permettre aux chimpanzés de retrouver une vie normale et reprendre nos soins.

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Actuellement, le sanctuaire abrite 155 chimpanzés orphelins, chiffre qui ne cesse d'augmenter. Au cours des deux dernières années, le sanctuaire a accueilli 45 nouveaux chimpanzés et en un an seulement, la population du sanctuaire a augmenté de 20 %.
Il est aujourd'hui impératif de moderniser et de développer les infrastructures en place !
Depuis plus de vingt ans, le Sanctuaire de Tchimpounga constitue un refuge au cœur du Bassin du Congo pour les chimpanzés orphelins dont les mères ont été victimes de la chasse.
Dans la plupart des cas, ce sont les autorités congolaises qui amènent les bébés chimpanzés au sanctuaire, après les avoir confisqués aux chasseurs qui essayaient de les vendre comme animaux de compagnie ou comme attraction.

 

     

 

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La Réserve de Tchimpounga
   
Outre les 26 ha du sanctuaire, une réserve de 7284 ha a été créée en mars 1999 et classée par le gouvernement de la République du Congo. Sa gestion a été confiée à l'Institut Jane Goodall. Un programme de recensement organisé par le ministère de l'Économie forestière de la République du Congo estime qu'entre 50 et 60 chimpanzés vivent à l'intérieur de la réserve. L'Institut Jane Goodall prévoit d'effectuer un nouveau recensement en dehors de la réserve, le long de la rivière Kouilou où une population de chimpanzés serait installée. La réserve est surveillée par des éco-gardes originaires des villages voisins, pour lutter contre le braconnage.
Tchimpounga travaille également à l'amélioration des conditions de vie des populations installées aux abords de la réserve et conduit une politique de lutte contre la viande de brousse (viande de singe).
Grâce au financement de l'Economic Support Fund (ESF), l'Institut Jane Goodall a développé un programme à long terme intitulé Conservation Centrée sur les Communautés (CCC). L'Institut Jane Goodall mène également des campagnes d'information et de mobilisation de protection de la biodiversité.
 

Le Programme CCC

Notre programme CCC a pour objectif d'impliquer les communautés locales dans la protection de la réserve et des ressources naturelles, tout en stimulant leur propre développement économique et social. Dans cette optique, le projet combine différentes activités qui touchent l'ensemble des difficultés rencontrées par ces communautés : renforcement de la société civile et des organisations gouvernementales locales, coordination de la gestion de la réserve avec les villages, développement de techniques de gestion durable pour l'agriculture, encouragement à l'obtention de diplômes reconnus, présentation de nouvelles activités agricoles et d'alternatives au trafic de viande de brousse, amélioration des infrastructures sociales et de leur gestion par les villageois, et enfin l'éducation des plus jeunes qui constitue une priorité pour l'Institut Jane Goodall.

 
L'équipe de Tchimpounga
 
L'Institut Jane Goodall a reçu un retour très positif et très encourageant.
L'Institut s'est vu proposer de soutenir les actions de développement menées par les autorités locales à tous les niveaux. Notre équipe agit sur le terrain comme un médiateur entre les différentes autorités responsables de l'éducation, de la santé, des travaux publics, de l'agriculture et de l'environnement, ainsi qu'avec les comités de villages.

Notre programme éducatif a permis les réalisations suivantes :

   La construction d'une école a été financée par l'Institut Jane Goodall.
   L'école a été construite par les habitants de Tchikafi, un village qui n'avait jamais eu d'école auparavant.
   L'école de Mpili a été rénovée et le nombre d'élèves a doublé.
   Une nouvelle maison pour l'instituteur a été construite à Notoupou, rendant ainsi possible la dispense de cours tout au long de la semaine.
   Le projet a désigné deux nouveaux inspecteurs de l'éducation pour cette zone. Ils travailleront à l'amélioration de la qualité de l'enseignement et des aptitudes administratives des comités des écoles.
   L'Institut Jane Goodall fournit des livres et d'autres matériels scolaires aux écoles des villages.

L'Institut Jane Goodall a également développé un programme pilote d'éducation à l'environnement dans lequel les étudiants visitent la Réserve de Tchimpounga et le sanctuaire. Le groupe principal est constitué d'enfants pauvres, orphelins, réfugiés, et d'enfants des villages. Tous ont entre 10 et 17 ans. Des excursions sont régulièrement organisées depuis la ville et les villages voisins. La visite au Sanctuaire de Tchimpounga a été décrite par les enfants comme une expérience extraordinaire. La plupart y ont vu un chimpanzé pour la première fois. Cette expérience a pour objectif d'aider les Congolais à évaluer l'importance de leur héritage naturel.

Les îles de Kouilou
 
Un nouveau site réparti sur trois îles du fleuve Kouilou a été identifié, plus adapté et viable sur le long terme, sur lequel l'Institut a entrepris de transférer le sanctuaire. Une fois le transfert achevé, un projet d'écotourisme sera mis en place, qui servira de support à des missions d'éducation des populations locales. L'aménagement de la première île, Tchindzoulou, a déjà bien avancé. Les premiers enclos ont été achevés et les premiers chimpanzés (six femelles) ont été transférés avec succès. D'autres chimpanzés vont être transférés par petits groupes courant 2013. À terme, une soixantaine de chimpanzés vivront en semi-liberté sur l'île, dans deux grands enclos boisés. Ils pourront apprendre à chercher leur nourriture, à construire des nids et à développer les liens sociaux nécessaires à leur survie en milieu naturel et commencer à se déshabituer de l'homme.
L'objectif, dans un second temps, est de réintroduire ces chimpanzés dans une zone protégée, qui reste encore à définir. Le programme de réintroduction nécessite une préparation minutieuse, tant pour sélectionner les individus aptes (études comportementales, examens génétiques et médicaux, etc.) que pour repérer un site naturel susceptible d’accueillir le groupe de chimpanzés réintroduits (étude des espèces végétales présentes, des interactions possibles avec les communautés de chimpanzés sauvages, évaluation des conflits potentiels avec les villageois, etc).
 

Tchindzoulou, un nouveau départ…
Après des années de préparation, le grand jour est enfin arrivé : deux femelles vont être les premières à être transférées sur l'île fraîchement aménagée, au milieu du fleuve Kouilou. Cet endroit sauvage, d'une beauté magique, avec ses centaines d'hectares de forêt vierge entourée d'eau, va devenir leur nouveau lieu de vie.
À 8:45 du matin le jour du transfert, l’équipe s’agite du côté du dortoir de Kudia et de Vitika... les soigneurs et Rebeca, la directrice et vétérinaire du sanctuaire, ont endormi les deux femelles avec des piqûres anesthésiantes et les ont placées dans de grandes cages en bois dotées de portes coulissantes. Encore à moitié endormies par le produit, les deux femelles ne se doutent pas que leur vie s'apprête à changer de manière aussi radicale.
Un véhicule de l'Institut transporte les chimpanzés et leurs accompagnateurs jusqu'au fleuve, où un bateau les attend. Des enfants et des adultes des villages environnants sont venus assister, curieux, à l'embarquement des deux chimpanzés. Vitika se tient aux barreaux de sa cage et presse ses lèvres contre la porte, comme pour donner un baiser d'adieu à ceux qui sont venus la saluer.


Le bateau remonte à présent les eaux noires et calmes du fleuve Kouilou. Rebeca surveille les deux femelles dans leurs cages. Kudia est allongée sur la paille, calme et pensive. Vitika, en revanche, regarde constamment à travers les barreaux et observe tout ce qui l’entoure à mesure que le bateau s'approche de l'île, couverte d'une végétation qui semble impénétrable.
Le bateau accoste et l'équipe s'active pour décharger les cages. Vitika s’agite dans sa cage ; elle pousse des cris et balance ses bras de haut en bas en signe d'excitation à mesure que l’équipe pénètre plus profondément dans la végétation. Les cages sont placées côte à côte à quelques mètres de distance, puis des bâtons de canne à sucre, des oranges et du pain sont disposés sur le sol pour encourager Kudia et Vitika à rester à proximité une fois sorties.
Deux soigneurs parmi les plus anciens du sanctuaire se tiennent de part et d'autre de chacune des deux cages. Dans une atmosphère solennelle, Rebeca s'approche et défait les loquets pour faire coulisser les portes des cages. Tout le monde retient son souffle, conscient d'être témoin d'un événement exceptionnel : le retour tant attendu des chimpanzés de Tchimpounga dans la forêt. Dès l'ouverture de sa porte, Kudia se précipite dehors et s'enfonce directement dans les sous-bois. Sans perdre de temps, Vitika est aussi libérée. Celle-ci sort de sa cage avec beaucoup plus de prudence et de circonspection. Rebeca l'encourage à suivre Kudia dans la forêt, et finalement Vitika s'élance, disparaissant rapidement dans la végétation.

Quelques jours plus tard, le bateau de l'Institut remonte encore une fois la rivière, avec deux autres femelles, Ouband et Silaho, à son bord. Cette fois, les deux femelles sortent en même temps de leur cage, sans hésitation, et s’étreignent mutuellement en signe de grande excitation. On dirait qu'elles célèbrent leur libération dans ces délicieuses odeurs de lianes et de palmiers... Ensemble, elles s'éloignent de l'équipe le long d'un petit chemin tracé dans la forêt, regardant parfois en arrière vers la rivière, décontenancées par la vue d’une si grande quantité d'eau…
Leur première rencontre les met face à deux gros lézards qui dégringolent d'un arbre pour se jeter dans la rivière... Ouband et Silaho, qui n'avaient jamais vu pareil animal, s'enfuient, terrorisées. Cependant, un son beaucoup plus familier résonne à présent : ce sont Kudia et Vitika qui sont dans les parages. Kudia, curieuse et courageuse comme à son habitude, tente de se rapprocher des nouvelles venues, mais au dernier moment, prend peur et se refugie derrière Rebeca. Rassurante, Rebeca emmène Kudia retrouver ses futures compagnes.
Voyant Ouband et Silaho, Kudia n'hésite pas une seconde et se précipite à leur rencontre. Les trois femelles se saluent amicalement, se reniflant et échangeant des signaux corporels, comme le font habituellement les chimpanzés lors de telles retrouvailles. Vitika apparaît soudain, les poils tout hérissés, mais Silaho l'étreint avec enthousiasme. Après une rapide mais intense session d'épouillage, Vitika commence à s'éloigner dans les sous-bois, invitant les autres femelles à la suivre jusqu'au pied d'un grand arbre où elles passent un long moment à se régaler de délicieux fruits sauvages.
Quelques jours plus tard encore, deux autres femelles, Tambikissa et Louise, sont également transférées sur l'île. Comme Silaho et Ouband, elle s'étreignent en sortant de leur cage, très excitées, criant et sautant de plaisir. Peu après, les soigneurs emmènent les deux femelles le long d'un chemin qui débouche sur l'endroit où se trouvent les quatre autres chimpanzés. Tambikissa marche difficilement car elle a ramassé au passage de grandes brassées de canne à sucre, ainsi qu'une grosse orange. Kudia est la première à les accueillir mais après les effusions de rigueur, elle repère la nourriture apportée par Tambikissa et tente de la convaincre de partager, sans grand succès. Louise, plus petite et très peureuse, est effrayée ; elle s'agrippe à un tronc d'arbre pour se réconforter pendant que les quatre autres la reniflent sans discontinuer… Vitika s’énerve du manque de générosité de Tambikissa, qui veut garder ses fruits pour elle toute seule... dès que cette dernière tourne la tête, elle se jette sur elle et la pince. Tambikissa décide d’éviter Vitika, et le calme revient dans le petit groupe.
Les jours suivants, les six femelles restent ensemble à proximité du camp. Une équipe de soigneurs les suit et enregistre leur comportement en continu. Les soigneurs apportent également des fruits et du lait de soja pour compléter leur nouveau régime alimentaire. La nuit, les femelles grimpent tout en haut de grands arbres et fabriquent des nids à proximité les unes des autres. Elles sont encore un peu effrayées par les bruits de la forêt de Tchindzoulou, car elles ne savent pas qu'elles sont à l’abri des chasseurs et des autres animaux sauvages dans leur nouveau paradis.

 


Les chimpanzés à parrainer
Kauka, Mbebo, Lemba, Anzac et Mambou
Grégoire Kudia, Petit Prince, Timi
 

  Grégoire, le plus vieux chimpanzé connu d’Afrique, est décédé le 18 décembre 2008.

Grégoire, qui était âgé d’environ 66 ans, est mort paisiblement dans son sommeil au sanctuaire des chimpanzés de Tchimpounga de l’Institut Jane Goodall au Congo.

Avant d’être sauvé par le Dr. Jane Goodall, Grégoire avait survécu à plus de 40 ans de confinement solitaire dans une cage inhospitalière du zoo de Brazzaville.
Grégoire était déjà une célébrité dans toute la région lorsque Jane Goodall l’a rencontré dans des conditions pénibles en 1990.
"J’ai regardé cet être étrange, seul dans sa cage, nu sur des dalles de ciment. Sa peau pâle et presque sans poils était si tendue sur son corps émacié qu’on voyait tous ses os. Ses yeux étaient ternes lorsqu’il a tendu sa main maigre et osseuse pour recevoir un morceau de nourriture qu’on lui tendait. Etait-ce vraiment un chimpanzé ? "
écrivait Jane Goodall.

Grégoire vivait dans sa cage du zoo de Brazzaville depuis 1944. Jane Goodall prit des dispositions pour qu’un soigneur lui fournisse une alimentation plus saine dans la perspective de son sauvetage. En 1997, la guerre civile au Congo s’est aggravée. Le zoo, situé à seulement un kilomètre environ de l’aéroport, était devenu le théâtre de nombreux affrontements. Chaque fois qu’un obus éclatait, Grégoire se mettait à l’abri sous l’étagère en bois qui lui servait de lit pour dormir, s’éraflant ainsi le dos à vif.

L’Institut Jane Goodall, la Fondation John Aspinall et l’Ambassade des Etats-Unis prirent des dispositions pour faire évacuer par un pont aérien les chimpanzés du zoo vers Pointe-Noire au Congo et, par la suite, les transférer au sanctuaire de l’Institut Jane Goodall à Tchimpounga.
En dépit d’un profond traumatisme, Grégoire s’était finalement adapté à son nouvel environnement. Il était devenu le chimpanzé emblématique de notre cause.
Grâce à la générosité de ses parrains à travers le monde, il avait plus tard bénéficié au sanctuaire d’un espace réservé en compagnie de La Vieille, une femelle adulte au caractère tempéré qui avait également été sauvée du zoo.
Ils formaient ainsi un couple inséparable.
Grégoire est inhumé sur les terres du Sanctuaire de Tchimpounga.

Grégroire en images
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photos © JGI
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